Opinion Outre-Mer
08H18 - lundi 2 mars 2026

« La positive attitude rime avec tourisme en Martinique » : Coleen Clément, directeur adjoint du Squash Hôtel et diplômé de l’école Vatel

 

« La positive attitude rime avec tourisme en Martinique » : Coleen Clément, directeur adjoint du Squash Hôtel et diplômé de l’école Vatel

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Coleen Clément est titulaire d’un MBA Directeur d’hôtellerie internationale de Vatel Martinique. Actuellement adjoint de direction à l’hôtel Squash (groupe Karibea) à Fort-de-France, il répond à Opinion Internationale.

 

Coleen Clément bonjour, merci d’accorder un entretien à Opinion Internationale. Vous avez 30 ans. Qu’est-ce qui vous a amené vers le tourisme ?

J’au toujours voulu m’insérer dans le tourisme martiniquais, participer à son développement. Dans le futur, je souhaite d’ailleurs monter un projet autour du restaurant familial à Tartane.

 

D’où vous vient cette passion pour le tourisme ?

Je suis venu au tourisme parce que ma grand-mère avait ouvert un restaurant dans les années 80. J’ai toujours baigné dans cet univers. Quand j’étais petit, j’étais attiré par les fourneaux, par le fait de se lever tôt pour cuisiner pour des visiteurs. J’ai toujours vu des des personnes arriver comme étrangers et repartir comme des membres de la famille. C’est quelque chose qui m’a marqué. J’ai grandi dans cet univers et c’est devenu naturel. J’aime recevoir, échanger et partager. Je me suis donc naturellement dirigé vers le tourisme.

 

Quel bac avez-vous obtenu ?

J’ai commencé par un bac ES dans l’hexagone. J’ai fait un an de droit juste après le Bac, mais cela ne m’a pas vraiment plu. J’ai commencé à travailler à La Défense près de Paris dans un fast-food. Après quelques semaines, je me suis dit que je devrais me diriger vers la cuisine. J’ai donc fait un CAP cuisine, un bac professionnel cuisine, puis un BTS hôtellerie-restauration dans l’agglomération de Cergy-Pontoise. J’ai ensuite poursuivi mon parcours toujours dans ce secteur.

 

Pourquoi êtes-vous revenu en Martinique ?

Je suis parti en région parisienne à 15 ans. Ce qui m’a ramené en Martinique, c’est qu’à la fin de l’année 2019, j’étais en vacances sur l’île quand le Covid est arrivé. Je suis rentré en métropole en février, mais vu la tournure des événements, je me suis dit qu’il serait préférable de revenir en Martinique pendant cette période de confinement. Ce serait plus facile à vivre, avec moins de sensations d’enfermement. Nous avons la chance ici de pouvoir être plus facilement à l’extérieur, même en période de Covid. C’est ce qui a motivé mon choix.

 

Pourquoi avoir choisi vos études chez Vatel ?

Je voulais apprendre les métiers du tourisme. Je me suis donc naturellement tourné vers le campus de Vatel en Martinique. Le mélange entre les applications pratiques et les cours en formation initiale pendant le Bachelor m’a été très utile. On peut passer de la théorie à la pratique en entreprise. La différence avec l’alternance, c’est que durant les applications pratiques, vous pouvez travailler dans plusieurs hôtels différents au cours de l’année. Cela permet de découvrir des équipes, des process et des établissements variés. On peut mieux identifier le type d’hôtellerie qui nous correspond. C’est quelque chose qui m’a beaucoup plu.

 

Existe-t-il un esprit Vatel entre les anciens de l’école Vatel ?

Oui, totalement. Nous sommes encore nombreux à échanger entre nous. Il existe aussi le réseau Vatel Alumni, notamment sur LinkedIn, qui permet de consulter des offres d’emploi destinées aux Vatéliens et d’échanger avec la communauté.

 

Un diplômé de Vatel trouve-t-il facilement du travail ?

Dans mon cas, je n’ai pas eu à en chercher. J’ai été embauché directement par l’entreprise où j’avais fait mon alternance. Les Bachelors trouvent aisément un boulot. Même pendant les études, nous sommes très sollicités pour de l’événementiel, des extras en restauration ou en hôtellerie. Cela permet déjà d’avoir des revenus.

 

Quelles qualités ont fait la différence selon vous ?

Je pense être assez dynamique et surtout très positif. J’ai la positive attitude chevillée au corps. Dans l’hôtellerie, on rencontre beaucoup de situations inédites, imprévues, parfois liées à des clients mécontents. Ce sont des choses qui ne m’effraient pas. J’ai beaucoup de résilience et je rebondis vite. C’est une qualité importante dans ce métier.

 

J’aime aussi être polyvalent. Or l’hôtellerie, ce sont des compétences et des métiers très différents. On apprend à être polyvalent entre les différences services qui composent un hôtel : housekeeping (hébergement), food and beverage, service étage, réception, restauration (salle et cuisine), conciergerie, services techniques.

 

Quelle est votre ambition professionnelle à l’avenir ?

D’ici 2030 à 2035, je voudrais développer le restaurant de ma grand-mère à Tartane, petit village de pêcheurs. J’aimerais créer autour du restaurant une rue commerçante et culturelle pour y attirer plus de touristes.

 

Que diriez-vous à un jeune martiniquais désœuvré ?

Essaie de trouver les bonnes personnes qui vont t’écouter et t’orienter. Il faudrait développer des formes de tutorat, des systèmes de grands-frères ou d’anciens qui vont aider les jeunes, un à un, à identifier ce qu’ils aimeraient faire.

Et pourquoi pas t’investir dans le tourisme ? La formation Vatel m’a permis de visiter la Martinique et d’en apprendre les richesses historiques, naturelles et culturelles. Nous vivons sur une île chargée d’histoire et de culture. Un jeune un peu perdu peut ainsi réapprendre à aimer son territoire.

Vous savez, le Martiniquais a le sens de l’accueil. Vous tombez en panne sur la route et une dizaine de personnes viendront vous aider à vous dépanner. Nous sommes une île d’entraide. Les touristes y sont donc les bienvenus.

 

Propos recueillis par Michel Taube

Directeur de la publication