Opinion Outre-Mer
10H13 - lundi 2 mars 2026

Sandrine Hayot, André Prosper et Jessica Perrette : « La Brahman de Martinique a un bel avenir dans l’hexagone et Biguine, notre égérie, attend déjà un petit veau »

 

Sandrine Hayot, André Prosper et Jessica Perrette : « La Brahman de Martinique a un bel avenir dans l’hexagone et Biguine, notre égérie, attend déjà un petit veau »

Sandrine Hayot, vous êtes la Présidente de l’Union des Éleveurs de Bovins Brahman (UEBB) de Martinique, et Jessica Perrette, vous êtes Chef de mission UEBB. André Prosper, on ne vous présente plus depuis l’interview exclusive que nous a accordée, grâce à vous, Biguine, l’égérie 2026 du Salon international de l’agriculture. Mais je rappelle que vous êtes directeur d’exploitation d’élevage à l’exploitation agricole du Galion en Martinique, président de la CODEM, la coopérative des éleveurs de Martinique, et premier vice-président de l’UEBB.

Merci à tous trois d’avoir accepté de répondre à Opinion Internationale et Info Outre-mer pour tirer le bilan de votre participation au Salon international de l’agriculture. C’est avec vous ici-même que le président de la République Emmanuel Macron a inauguré la 62ème édition de cette année.

Madame Hayot, Monsieur Prosper et Madame Jessica Perrette, quel est votre bilan du Salon de l’agriculture 2026 ? Un salon incroyable pour vous ?

 

Sandrine Hayot : Oui, en effet. À l’échelle de notre petite île, la Martinique, et de notre race Brahman, c’est un énorme défi que nous avons relevé avec énergie et enthousiasme, conscients que c’était une opportunité unique de mettre en valeur notre race à l’échelle nationale et surtout le patrimoine agricole de notre territoire, la Martinique. Nous étions aussi les porte-parole de la Guyane.

 

André Prosper, Biguine était absente physiquement, retenue en Haute-Saône pour raisons sanitaires, mais, en réalité, elle n’a jamais été aussi présente. Vous avez été la star du salon !

André Prosper : en effet, au-delà de la couverture médiatique exceptionnelle dont nous avons bénéficié, notre stand n’a pas désempli. Nous avons marqué cette 62ème édition du Salon de l’agriculture malgré l’absence de Biguine. Son âme a plané sur le salon !

 

Jessica Perrette, en tant que cheffe de projet, c’est vous qui avez orchestré l’organisation de la présence de la Brahman au salon ?

Oui, tout à fait, avec l’accompagnement bien sûr de la présidente de l’UEBB, Madame Hayot, d’André Prosper et une dizaine d’éleveurs bénévoles qui ont fait le déplacement depuis la Martinique et la Guyane pour être à nos côtés et faire vivre ce stand pendant les neuf jours de salon. Nous avions aussi avec nous Abymael Therese, jeune en contrat d’apprentissage avec l’UEBB qui a passé 4 mois auprès des animaux en Haute-Saône, Pauline Daudard en contrat VSN avec la DAAF Martinique.

De nombreux partenaires nous ont soutenus. Citons notamment la Chambre d’agriculture de Martinique, avec laquelle nous collaborons régulièrement sur la génétique Brahman, Monsieur José Maurice, son président, et Madame Roselyne Joachim, sous-directrice de la Chambre.

 

Madame Hayot, c’est la première fois dans l’histoire du Salon de l’agriculture que les Outre-mer ont été à l’honneur avec une vache égérie.

SH : Oui, tout à fait. Lorsque nous avons déposé notre candidature il y a un an, nous avons vraiment senti la volonté des organisateurs de mettre en lumière ce patrimoine ultramarin. Nous avons saisi une opportunité unique de porter haut les couleurs de nos territoires avec leurs riches productions.

Évidemment, les événements sanitaires récents ont entraîné un changement de stratégie de dernière minute. Nous le regrettons, mais nous travaillons avec les organisateurs pour la prochaine édition, avec le souhait que nos bovins y soient présents en force.

Au-delà de l’événement, nous avons franchi un cap technique important avec l’exportation depuis la Martinique de cinq femelles Brahmans qui sont aujourd’hui en Haute-Saône, dont Biguine. Quatre sont déjà gestantes. Notre souhait le plus profond est de pouvoir les amener au salon 2027.

 

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Pour bien comprendre, c’est la première fois qu’une Brahman sélectionnée par votre organisme vient en métropole ?

SH : Oui, tout à fait. Il existe quelques Brahmans en Allemagne et de façon très éparse sur le sol hexagonal, mais c’est la première fois que des animaux sélectionnés par l’OS arrivent sur le territoire hexagonal.

 

André Prosper, vous avez rencontré Emmanuel Macron. Qu’est-ce qu’il vous a dit ? Vous a-t-il confirmé sa visite prochaine aux Antilles ou des mesures pour la filière Brahman ?

AP : La visite avec le président de la République s’est très bien passée. Il nous a assuré totalement de son soutien pour le développement de l’agriculture dans les DOM. Il a décidé de venir au cours de cette année en Martinique. Il maîtrise très bien le sujet agricole en Martinique.

 

Donnez-nous des nouvelles de Biguine depuis le début du salon ?

AP : Avant le salon, nous sommes passés la voir. Elle va très bien, elle s’est très bien adaptée au climat de l’Hexagone. Et le scoop que je peux vous donner, c’est qu’elle est en pleine gestation. Elle a déjà donné naissance à deux veaux. Ce sera la première sur le sol hexagonal. Une bonne nouvelle en perspective… Elle sera donc fin prête pour le Salon 2027, en fonction de ce que nous allons négocier avec le président Jérôme Despey. En tout cas, il nous assure de son soutien.

Notre objectif, avec la venue des cinq femelles dans l’Hexagone, est de constituer un petit pôle génétique Brahman afin de valoriser de nouvelles lignées et de les réexporter vers la Martinique et la Guyane, les deux territoires ultramarins où la race Brahman est présente.

 

SH : Je peux compléter en disant que nous avons aussi pleinement le soutien de la ministre des Outre-mer, qui est venue nous voir sur le stand. Il faut savoir que l’ODEADOM nous a beaucoup soutenus dans ce projet. Il représente deux tiers de notre budget et sans ce soutien du ministère des Outre-mer, nous n’aurions pas pu mener ce projet au bout.

Nous remercions aussi nos partenaires. Citons notamment la Chambre d’agriculture de Martinique, avec laquelle nous collaborons régulièrement sur la génétique Brahman, Monsieur José Maurice, son président, et Madame Roselyne Joachim, sous-directrice de la Chambre.

 

Un dernier mot en vue de l’édition 2027 ?

SH : Une très grande satisfaction d’avoir été présents cette année et d’avoir montré de quoi sont capables les Outre-mer. Nous avons porté haut les couleurs de la Martinique, de son agriculture et de ces hommes et ces femmes qui la font.

Je tiens aussi à y ajouter la dimension de l’ensemble des Outre-mer. Beaucoup de contacts ont été pris, notamment avec la Nouvelle-Calédonie, où la race Brahman est également présente. Nous voulons construire une bonne coordination autour de la dynamique Brahman qui est née autour du Salon de l’agriculture.

Au final, nous ne sommes pas encore au niveau des effectifs des grandes races bovines françaises, mais l’essentiel est que notre race Brahman corresponde aux besoins de l’élevage ultramarin et qu’elle permette de fonder de vrais espoirs de développement pour notre production bovine.

 

Propos recueillis par Michel Taube

Directeur de la publication