Edito
10H15 - lundi 2 mars 2026

Ali Khamenei et de nombreuses têtes éliminées, comment en finir avec le régime des mollahs ? L’édito de Michel Taube

 

Ali Khamenei et de nombreuses têtes éliminés, comment en finir avec le régime des mollahs ? L’édito de Michel Taube

Trump a donc osé, il a fait le pas : celui de soutenir la chute d’un régime politique inique, en faisant éliminer avec les Israéliens le tyran Ali Khamenei, et de ne pas se cantonner à des objectifs militaires ou énergétiques.

Contrairement au Venezuela où, pour le moment, Donald Trump s’est contenté de changer la tête du régime et de nouer un accord stratégique avec le même pouvoir pour accéder au pétrole vénézuélien, contrairement à la guerre des 12 jours de l’été 2025 ou en janvier dernier, lorsque 30 000, peut-être beaucoup plus, d’Iraniens ont été massacrés par le régime des mollahs, cette fois-ci Trump a changé de stratégie.

En déclenchant une nouvelle guerre à l’aube du 28 février 2026 par l’élimination du Guide suprême de la révolution islamique en Iran, Ali Khamenei, Israël et les États-Unis ont clairement affiché leur objectif : il faut en finir avec le régime théocratique des mollahs. Définitivement.

En bombardant, en guise de riposte, les pays du Golfe et l’Europe (une base navale britannique été visée à Chypre et un hangar français à Abou Dhabi a été touché), l’Iran a franchi une énième ligne rouge, confirmant la nécessité d’en finir avec ce régime totalitaire expansionniste. Quitte à risquer d’embraser le Proche-Orient pendant les quelques jours ou semaines que résisteront les mollahs de Téhéran. 

La partie est loin d’être gagnée. Malgré les centaines et probablement les milliers de bombardements ciblés orchestrés par Israël et les États-Unis dans les jours qui viennent, malgré l’élimination des têtes dirigeantes du système religieux et militaire du régime des mollahs (un successeur à Ali Khamenei sera certainement désigné rapidement depuis qu’un triumvirat a été mis en place), l’essentiel reste à faire.

Et l’essentiel est dans les mains du peuple iranien lui-même. Les États-Unis et Israël ne pourront abattre seuls le régime des mollahs. Ce sont les citoyens iraniens, aidés par la communauté internationale, qui le pourront.

 

A-t-on suffisamment préparé la transition post-mollahs ?

Au moment où le commandement des mollahs est décapité, il est urgentissime que Reza Pahlavi, des femmes leaders issues du mouvement Femme Vie Liberté, des hommes d’affaires et des juristes de la diaspora et d’autres personnalités iraniennes dans le monde constituent d’un jour à l’autre un gouvernement en exil qui se substituera aux caciques de Téhéran pour représenter l’Iran dans le monde. Ce gouvernement en exil viderait de toute substance la représentativité internationale du régime de Téhéran. 

De même, il est urgentissime d’armer la résistance iranienne dans le pays en faisant transiter par tous les moyens possibles des armes qui permettront aux jeunes Iraniens courageux, qui n’ont pour le moment que leurs mains et leurs têtes dénudées pour se battre contre les Gardiens de la révolution, de riposter en cas de nouveaux massacres comme il s’en produisit en janvier dernier par milliers.

Il est urgentissime enfin que la France et l’Europe (attaquée à Chypre par les missiles iraniens) retrouvent leur dignité en dépassant la posture diplomatique honteuse qu’elles ont adoptée depuis le déclenchement de cette nouvelle guerre. La France et l’Europe doivent armer les opposants au régime des mollahs, soutenir explicitement l’intervention américano-israélienne, comme viennent de le faire le Canada et l’Australie notamment, et y joindre leurs forces armées puisque l’Iran a osé attaquer d’autres pays du Golfe, dont les Émirats arabes unis et Bahreïn, alliés d’Israël depuis la signature des accords d’Abraham en 2020.

Pourquoi Paris ne proposerait-il pas d’accueillir le siège de ce gouvernement iranien en exil pour reprendre le train de l’histoire et sortir la France de son rôle de spectateur ?

 

Provoquer des défections en série parmi les cadres du régime des mollahs

Un autre point clé qui déterminera l’issue la plus rapide possible à la chute du régime des mollahs, c’est la capacité d’Israël, des États-Unis et du gouvernement en exil que nous appelons de nos vœux à convaincre de nombreux cadres du régime des mollahs de déserter et de rejoindre la reconstruction d’un Iran démocratique et surtout sécularisé de toute emprise religieuse.

Nous ne doutons pas que depuis déjà des mois de nombreux hauts dignitaires du régime ont contribué aux renseignements Israéliens et américains pour permettre des frappes chirurgicales pendant la guerre des 12 jours en 2025 et ces dernières heures. Mais l’heure est venue de vider définitivement des pans entiers des institutions du régime des mollahs en convaincant de nombreux cadres de l’ancien (espérons le) régime de changer de camp. Les grandes victoires de la liberté se sont toujours soldées par des voltes faces d’anciens dignitaires de régimes déchus. C’est par exemple ce qui s’est produit avec la chute du nazisme en Europe.

Le peuple iranien doit être digne du courage et de l’audace dont Israël et les États-Unis ont fait preuve en dépassant ses divergences internes pour offrir au monde une unité de combat. Au-delà de la grandeur morale dont ont fait preuve les Iraniens depuis des années, un gouvernement en exil offrirait au monde une preuve de grande maturité politique des Iraniens de la diaspora. C’est ce qu’exige la guerre dans laquelle nous sommes entrés.

 

Nous l’avons écrit maintes et maintes fois : notre liberté se joue en Iran parce que c’est en Iran que l’instauration d’une République islamique théocratique a permis de faire essaimer une idéologie moyenâgeuse de conquête du monde. Les Frères musulmans et autres galaxies, même concurrentes, n’ont été que les émanations de la révolution iranienne de 1978.

Nous y croyons plus que jamais : le peuple iranien sera libre, comme nous l’écrivions dès la fin janvier dans une Lettre ouverte à nos amis iraniens, d’ici le 21 mars et la fête de Norouz, le Nouvel An iranien, symbole de lumière.

 

Michel Taube

Directeur de la publication