
Il y a quelque chose d’intrigant dans notre manière d’aborder la santé en Occident.
Nous attendons.
Nous attendons que…
La fatigue devienne épuisement.
Le stress devienne insomnie.
L’inconfort devienne diagnostic.
Et alors, nous agissons.
Nous évoluons dans des systèmes conçus pour l’anticipation, la gestion des risques, la planification de scénarios, l’allocation de capital sur plusieurs décennies. Pourtant, lorsqu’il s’agit de santé humaine, nous fonctionnons souvent en mode réaction. L’intervention remplace la prévention. La crise remplace l’ajustement.
En Inde, une philosophie radicalement différente existe depuis des millénaires : l’Ayurveda.
L’Ayurveda ne commence pas par la maladie.
Elle commence par le rythme.
Pas de guérisons spectaculaires.
Pas de traitements agressifs.
Mais une attention quotidienne, subtile, disciplinée.
L’Ayurveda considère la santé non comme un état figé, mais comme un équilibre dynamique entre le corps, l’esprit et l’environnement.
Ce qui nous déstabilise est rarement spectaculaire. C’est cumulatif :
repas irréguliers, stimulation chronique, émotions refoulées, négligence des cycles saisonniers.
Le mot « Ayurveda » vient du sanskrit ancien.
« Ayur » signifie vie ou force vitale, et « Veda » signifie connaissance ou science.
Ensemble, Ayurveda se traduit par « la science de la vie » ou « la connaissance du bien vivre ».
Le terme est issu des traditions classiques de savoir développées en Inde, où la santé était envisagée comme une harmonie entre le corps, l’esprit et la nature.
À l’échelle mondiale, l’Ayurveda est devenue un secteur majeur du bien-être, avec un marché estimé à plus de $20 milliards en 2025 et appelé à croître fortement au cours de la prochaine décennie. On compte également des centaines de milliers de praticiens et une adoption internationale croissante, portée par l’intérêt pour les approches préventives et naturelles de la santé.
L’Ayurveda pose une question presque philosophique :
Et si la maladie n’était pas un accident, mais un désalignement ?
Désalignement avec le temps.
Avec l’alimentation.
Avec le repos.
Avec sa propre nature.
Et c’est là toute son élégance : la prévention n’est pas médicalisée. Elle est ritualisée.
Un verre d’eau tiède le matin.
Manger dans le calme.
Dormir avant minuit.
Adapter son alimentation aux saisons.
Ces gestes paraissent simples, presque trop simples pour notre ère technologique.
Pourtant, la simplicité n’est pas naïveté. Elle est sophistication.
L’Ayurveda ne promet pas l’immortalité.
Elle promet la cohérence.
Et peut-être est-ce précisément ce qui manque le plus à nos sociétés hyperproductives.
La semaine prochaine, nous explorerons un concept que la science moderne commence seulement à valider : l’idée que la digestion est le centre de la vitalité.
Car en Ayurveda, tout commence dans l’intestin.
Biren Shah
Expert international en gestion de projets
Conseiller de la rubrique Opinion India
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