
La lutte contre l’islamisation de la société française va nécessiter beaucoup d’audace de la part de nos politiques.
L’adoption, à l’initiative de LR et notamment du député Eric Pauget, d’une résolution visant à saisir la Commission européenne pour que les Frères musulmans soient classés parmi les organisations terroristes peut, à première vue, apparaître comme une victoire pour une droite républicaine qui semble enfin revenir à ses fondamentaux. Enfin. Mais peut-être trop tard. Et surtout pas de cette façon !
Car n’est-ce pas, en réalité, une victoire à la Pyrrhus ?
Ce n’est pas à l’Union européenne de prendre en charge le leadership de la lutte contre le terrorisme et contre ce terreau islamiste, communautariste, religieux, mafieux, qui nourrit depuis des années une véritable sécession au cœur même de nos sociétés européennes. Voilà longtemps que l’on réclame, par exemple, le classement des Gardiens de la Révolution, police religieuse et bras armé du régime des mollahs en Iran, sur cette même liste des organisations terroristes. Depuis le mouvement « Femme, vie, liberté » déclenché en 2022, rien n’a bougé. Rien.
Pourquoi en irait-il autrement avec les Frères musulmans qui, de surcroît, ne sont pas une entité juridique précise, mais une nébuleuse d’associations, de mosquées, d’écoles coraniques cachées derrière l’apprentissage de l’arabe, d’intellectuels et de personnes physiques qui veulent politiquement islamiser la France ?
La Commission européenne est tenue par ces petits hommes gris, technocrates sans visage, dont le wokisme diffus et la faiblesse diplomatique interrogent. Lui confier une telle responsabilité revient, de fait, à neutraliser politiquement la décision, à l’enfermer dans une procédure administrative interminable, à la diluer dans les sables mouvants de l’européisme bureaucratique.
La France n’a pas à déléguer à la Commission européenne le pouvoir de proposer si, oui ou non, les Frères musulmans ou les Gardiens de la Révolution doivent être classés parmi les organisations terroristes.
Je vois mal, d’ailleurs, la même Commission s’opposer à une telle décision que prendrait souverainement la France. D’autres pays suivraient !
Il est urgent de revoir la répartition des pouvoirs entre les États membres et l’Union elle-même. En matière de gestion des flux migratoires, de lutte contre le terrorisme, de combat contre le communautarisme, ce sont les États qui doivent reprendre la main. C’est de leur ressort. C’est leur responsabilité. C’est leur devoir.
Et l’auteur de ces lignes est profondément pro-européen. Mais il est tout autant attaché à une refonte complète de l’Union européenne, recentrée sur ses fonctions les plus utiles aux citoyens européens : le marché unique, l’euro, la liberté de circulation des ressortissants européens.
Non à l’abandon de nos prérogatives régaliennes à une machine administrative lente, abstraite et déconnectée des réalités, profondément contraire à l’esprit même des principes fondateurs de la Communauté européenne.
Ce n’est pas à l’Union européenne d’assurer le leadership de la lutte contre les menaces terroristes. Elle peut y concourir par une meilleure coordination entre les administrations nationales. Mais c’est à nos élus nationaux d’assumer pleinement la plénitude de leurs responsabilités.
Voilà peut-être une idée à méditer pour les prochains candidats à l’élection présidentielle.
Michel Taube




















