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16H08 - jeudi 23 juin 2022
Afrique

Egalité Femmes-Hommes : une Côte d’Ivoire exemplaire. Tribune d’Euphrasie Kouassi Yao

 

Né le 4 octobre 2011, sous les auspices de la Présidence de la République de Côte d’Ivoire, en collaboration avec la Chaire UNESCO « Eau, Femmes et Pouvoir de Décisions », le Compendium des Compétences Féminines de Côte d’Ivoire (COCOFCI), fête les 23-24 et 25 juin, à Abidjan, son Xème anniversaire. Il s’agit de célébrer les femmes Ivoiriennes dans leur diversité, leur richesse et leurs destins singuliers. Derrière ce succès, unique en Afrique, une femme, évidemment : Euphrasie Kouassi Yao, Conseillère Genre Spéciale du Président Alassane Ouattara. Tribune.

Depuis plus de trente ans, je me bats sur plusieurs fronts dans le seul but de faire la promotion du genre et aux fins d’en faire un outil puissant de développement pour la Côte d’Ivoire, l’Afrique et le monde entier.

C’est un vœu cher qui est entériné et adoubé par les pouvoirs publics ces dix dernières années. Dès son accession à la magistrature suprême, en 2011, Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara, Président de la République de Côte d’Ivoire, a affiché son ambition de faire de l’égalité femmes-hommes une réalité à l’intérieur des frontières ivoiriennes et de positionner notre pays sur l’échiquier international comme un modèle en la matière. Cette ambition s’est matérialisée par la naissance du Compendium des Compétences Féminines de Côte d’Ivoire (COCOFCI). Né le 04 octobre 2011, d’un engagement fort et de la volonté du Président Alassane Ouattara, de rehausser le rôle des femmes à tous les niveaux, dans tous les secteurs, sans distinction de parti politique, d’ethnie, de religion, de race, le COCOFCI vise principalement à renforcer la visibilité, la participation et le leadership des femmes dans la gestion des affaires publiques et privées.

Le Chef de l’État a confié la mise en œuvre du COCOFCI à la Chaire Unesco « Eau, Femmes et Pouvoir de Décisions », une structure de formation et de recherche. En ma qualité donc de titulaire de ladite chaire, j’ai mené la réflexion sur l’ADN du Compendium des Compétences Féminines de Côte d’Ivoire, en restant attachée à la vision du Président de la République, et conduit le déploiement de ce programme présidentiel sur le terrain auprès des populations.

En effet, le COCOFCI prend en compte toutes les couches socio-professionnelles, des femmes vivant en milieu rural aux femmes cadres de haut niveau, qui ont bénéficié de formations de proximité et d’un accompagnement pour les rendre plus visibles et en faire des leaders capables de transformer la société. Cet exercice a permis de recueillir des informations utiles, tout en les transmettant en temps opportun au Président Ouattara et à l’ensemble des décideurs publics et privés.

L’objectif, ici, est de faciliter la nomination des femmes à des postes de décisions et de les positionner au cœur des grands débats de société afin d’influer sur les décisions engageant la vie de leur communauté, de leur pays. Cette démarche a abouti à la mise en place d’une base de données unique en son genre dans le monde dans laquelle les femmes, au nombre de 15000 aujourd’hui, ont la possibilité de s’inscrire librement. Une base de données qui a permis l’édition d’un annuaire qui identifie, dans chaque région visitée, les femmes en vue de répondre à leurs attentes.

Aussi, dans la volonté d’ancrer le Compendium des Compétences Féminines de Côte d’Ivoire sur toute l’étendue du territoire national, j’ai émis et implémenté l’idée, avec mes collaborateurs, de répertorier les secteurs où les femmes sont sous-représentées pour encourager leur implication en faisant disparaître les préjugés et en levant les barrières à l’entrée pour elles. Au niveau politique, en formant les femmes, en moins de six mois, en 2016, nous sommes passés de 105 femmes candidates (en 2011) à 328 candidates (en 2016) et à 455 femmes candidates (en 2021).

Le Compendium des Compétences Féminines de Côte d’Ivoire a été élu, en 2018, par le PNUD, meilleur programme africain de valorisation des compétences féminines, à Addis-Abeba. C’était dans le cadre de la coopération sud-sud. A cette occasion, l’Afrique du Sud a été primée pour les questions de paix, l’Ouganda pour sa gestion des réfugiés, et le Rwanda pour l’économie verte. L’Unesco et l’Union Africaine ont formulé le vœu de voir tous les pays se doter de leur Compendium et encouragé le partage des acquis et des bonnes pratiques issus de l’expérience exceptionnelle de la Côte d’Ivoire aux autres pays.

Désigné Best Practice par l’UNESCO – l’organisation comprend 193 membres et 12 membres associés – et identifié comme programme modèle par l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) – 88 États et Gouvernements – reconnu par ONU FEMMES comme un excellent programme à protéger et partager, le COCOFCI répond à neuf Objectifs de Développement Durable (ODD) sur dix-sept.

J’estime, en outre, que toute cette synergie d’actions ne saurait porter des fruits sans un réseautage favorisant la mise en place d’actions rapides et efficaces. Ensemble, nous l’avons expérimenté au plus fort du Covid-19 avec la création de la Banque d’Amour et de Solidarité Efficace (BASE) qui a vu le jour en un temps record, en 2019, pour faire face aux difficultés rencontrées par les populations en général, et les femmes en particulier. Il y a eu entre autres, la distribution de vivres, les séances de dépistage du diabète, la distribution d’insulines. Ce réseautage a permis de mettre sur orbite, toujours en 2019, les Communautés Régionales pour l’Autonomisation et la Paix (CREA-PAIX) dont l’objectif est d’œuvrer pour la paix et la cohésion sociale.

Dans mon élan de faire du genre un sujet de premier ordre et un levier puissant de développement, j’ai lancé, en 2021, le Label Genre et Compétitivité des Entreprises (Label GECE). Le Label GECE entend adresser les problématiques liées à la vie des entreprises et qui les incite à prendre la question du genre comme un critère sine qua non de compétitivité et d’accroissement de leur rentabilité. En d’autres termes, le Label GECE est un programme de certification innovant qui ambitionne de lutter contre les stéréotypes, de renforcer la compétitivité et la rentabilité des entreprises, des institutions et autres organisations, tant du secteur public que privé, à l’aide de l’outil genre.

Cependant, je constate que de nombreuses attentes existent au sein de notre société. Les femmes veulent voir avancer beaucoup plus vite la question du genre avec des résultats rapides à la clé.

Mais, et je tiens à le préciser, la promotion du genre rime avec transformation profonde, changement des paradigmes, ancrage certain prenant forme dans le temps et s’inscrivant dans la durée. C’est un processus de longue haleine qui exige beaucoup de patience et des efforts constants au quotidien.

Je peux le dire aujourd’hui, en m’appuyant sur des indicateurs clés de performance dont certains ont été évoqués plus haut, que la question du genre en Côte d’Ivoire connaît des avancées notables, même s’il reste encore des défis à relever. Notre pays fait figure de bon élève, dont l’expérience réussie, suscite l’intérêt des nations africaines et de celles d’autres continents.

Avec mes compatriotes, je peux en être fière. En dix ans d’existence, marqués par plusieurs actions qui ont contribué à transformer le visage de notre société et permis l’émergence de femmes leaders, le Compendium des Compétences Féminines de Côte d’Ivoire (COCOFCI), a atteint ses objectifs, en adéquation avec la vision du Président Alassane Ouattara.

Programme leader reconnu au plan national et distingué à l’échelle internationale, le COCOFCI poursuit sa mission de renforcer la visibilité, la participation et le leadership des femmes dans la gestion des affaires publiques et privées. Au sortir de la célébration de son dixième anniversaire, il entamera sa phase 2 et un passage à l’échelle qui consistera notamment pour lui à partager ses acquis et bonnes pratiques aux pays demandeurs.

Je peux conclure que l’égalité femmes-hommes est en passe de devenir totalement une réalité en Côte d’Ivoire. Les politiques publiques, avec une forte volonté politique et une implication effective au sommet de l’État, sont en faveur de la promotion du genre. Grâce aux plaidoyers réalisés, l’égalité des chances est un principe constitutionnel, figurant en pole position dans la Constitution ivoirienne de 2016.

Notre pays est exemplaire à plus d’un titre et les actions menées pour l’égalité femmes-hommes convergent toutes dans la même vision, celle du Président Alassane Ouattara, de bâtir une Côte d’Ivoire unie, solidaire et prospère.

 

Euphrasie Kouassi Yao

Conseillère Spéciale du Président de la République de Côte d’Ivoire chargée du Genre, Coordonnatrice Nationale du Compendium des Compétences Féminines de Côte d’Ivoire (COCOFCI), Titulaire de la Chaire Unesco « Eau, Femmes et Pouvoir de Décisions »

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