Monde
07H29 - mardi 14 mai 2019

Sois belle et ouvre la avec Diana Brondel

 

Le féminisme par la preuve plus que par la revendication : Diana Brondel est parmi ces femmes dirigeantes d’entreprise dans le secteur très masculin de la technologie financière, la fintech. A quelques jours de Vivatech, un des rendez-vous des leaders et des start-up de l’Internet, rencontre avec une femme de cœur et d’action.

Pour Diana Brondel, fondatrice de l’appli Xaalys, compétences et féminité ne sont pas opposées. Féministe par la preuve et l’action, la chef d’entreprise agit très concrètement en faveur du développement de l’Afrique et a créé en France une entreprise de services bancaires destinés aux enfants. Il n’y a pourtant rien de paradoxal dans cette initiative à vocation éducative, mais une approche pragmatique et pédagogique du rapport à l’argent, comme de la coopération nord-sud.

Entrepreneure multiculturelle, franco-sénégalaise, Diana Brondel a étudié en Allemagne, en France et aux États-Unis, avant d’intégrer la Société Générale pour dix ans, puis de créer sa propre entreprise éditrice de l’appli Xaalys, la « néo banque des 12-17 ans ». Il s’agit d’un véritable outil permettant d’éduquer financièrement les enfants au maniement et à la valeur de l’argent. C’est une innovation étonnante, puisqu’en France, le rapport à l’argent, en particulier s’agissant d’enfants, est toujours un sujet délicat, controversé, et parfois même empreint de sous-entendus hypocrites. Pourtant, permettre à des mineurs d’accéder à des services bancaires au moyen d’une carte (sans découvert) et d’une application leur permettant d’acquérir la compréhension et la maîtrise de l’argent est une chance, et une qualité qui fait défaut à nombre de jeunes adultes.

Diana Brondel fait partie du classement Forbes Magazine d’octobre 2018 recensant les « 92 femmes disruptant la tech en France ». Cette réussite ne doit pas faire oublier son sens de l’engagement, en particulier son souhait permanent d’associer le Nord et le Sud, l’Europe et l’Afrique, et ainsi, de promouvoir en actes la diversité.

Diana Brondel déplore que la plupart de ses collaborateurs soient des hommes, parce les femmes sont très minoritaires dans le secteur de la Fintech. Sa manière de l’ouvrir n’est pas la revendication, mais l’exemple. Celui d’une femme qui sait communiquer sa passion à ses équipes, protéger ses collaborateurs plus que les contraindre, et montrer à toutes les femmes qu’aucune fonction ne leur est interdite. Les femmes, nous confie-t-elle, ont aussi leur part de responsabilité dans la discrimination dont elles peuvent être victimes. Elles ne doivent pas avoir peur de s’affirmer, de créer, d’innover.

 

Raymond Taube

Rédacteur en chef d’Opinion Internationale et directeur de l’IDP (Institut de Droit Pratique)

 

 

 

 

 

 

 

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