Edito
10H29 - mardi 19 mars 2019

Pacificasseurs, la doctrine des gilets jaunes. L’édito de Michel Taube

 

C’était écrit au feutre blanc sur une vitrine endommagée des Champs-Elysées samedi 16 mars : pacificasseurs ! La doctrine suicidaire des gilets jaunes tient dans ce mot : pacificasseurs !

En effet, le casseur est en train, comme aux premiers jours du mouvement, de prendre le dessus sur le pacifiste parmi les gilets jaunes !

Car la violence est intrinsèque au mouvement des gilets jaunes. C’est ce qu’attestent les slogans que nous donne à voir le reportage photos réalisé sur la plus belle avenue du monde par Philippe Rosenpick, avocat et chroniqueur street art d’Opinion Internationale. A part quelques tags légers, érotiques et amusants, l’immense majorité d’entre eux expriment une haine du bourgeois, de la société, de l’avenir. Les slogans des gilets jaunes ont même une forte dimension suicidaire.

Cette violence est assumée pour une raison simple : les irréductibles parmi les 30 000 gilets jaunes encore mobilisés chaque samedi voient dans la violence la seule façon, pensent-ils sincèrement, de se faire entendre. Sans violence, pas de moyen de pression pour obtenir des gages et des concessions d’un pouvoir aux abois.

Il faut dire que les réactions souvent à contretemps d’Emmanuel Macron ont encouragé à la libération de cette violence. Reporter d’un mois la fin du Grand Débat national, annoncée initialement pour le 15 mars, a mis de l’huile sur le feu.

Hier Edouard Philippe a été droit dans ses bottes pour tenir un discours de fermeté pour tenter d’éviter que ne se reproduisent les échauffourées de samedi. Tant mieux car l’Etat doit reprendre les choses en main en termes d’ordre public. En revanche, peut-être était-ce davantage au ministre de l’Intérieur de tenir ce discours technique, alors que Christophe Castaner multiplie les paroles générales d’intimidation et de menaces.

Le premier ministre qui parle comme un ministre de l’intérieur et inversement… Le contretemps serait-il la nouvelle version de l’en même temps macronien ?

 

Michel Taube

A lire également dans la série « Les pacificasseurs, Champs-Elysées, 16 mars 2019 »

Pacificasseurs, la doctrine des gilets jaunes. L’édito de Michel Taube

Le poids des slogans, le choc des photos, par Philippe Rosenpick

La sécurité publique, une obligation de moyen ou de résultat ? Édito de Raymond Taube

Les policiers ne vont pas au ski

Illustration photos © Philippe Rosenpick

Directeur de la publication

VGE, un d’Estaing. L’édito de Michel Taube

Il n’était pas le plus aimé des Français avec ses allures d’aristocrate. Mais il ne fut pas, et de loin, le moins réformateur des présidents de la République. Valéry Giscard d’Estaing fut…
Michel Taube

Maradona, le foot et bien au-delà. L’édito de Michel Taube

« Vers l’infini et au-delà ». Tel est le titre du dernier mouvement de l’extraordinaire ballet cinématographique de Stantley Kubrick dans « 2001 : l’Odyssée de l’espace ». « Le football et au-delà ». Tel fut aussi la…
Michel Taube

La couleur de la cause des femmes est finalement l’orange

Les habitués d’Opinion Internationale auront constaté que samedi dernier nous avons troqué notre cravate orange contre une cravate violette (couleur associée à #MeToo et #BalanceTonPorc). La guerre des couleurs en somme en…
Michel Taube