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07H21 - vendredi 23 août 2013

Les anti-gaz de schiste se battent avec bonne humeur mais ferme résolution en Angleterre

vendredi 23 août 2013 - 07H21

Du 16 au 21 août, à Balcombe dans le sud de l’Angleterre, plus d’un demi-millier d’activistes environnementaux se sont réunis pour protester contre les forages de gaz de schiste. La controverse sur le gaz de schiste au Royaume-Uni n’a cessé de se développer tout au long de l’été, se cristallisant sur le village de Balcombe, où la compagnie Cuadrilla a été autorisée début juillet à forer son puits d’extraction.

Les manifestants contre le gaz de schiste, à Balcombe le 19 août. Crédits: Chris Maughan

Les manifestants contre le gaz de schiste, à Balcombe le 19 août. Crédits: Chris Maughan

 

Un camp de protestations pour « Reclaim the power » (reprendre le pouvoir)

 

La division règne au sein de la population anglaise concernant les forages de gaz de schiste. Selon le dernier sondage, en date du 13 août, 40% des personnes interrogées se sont prononcées contre les forages de gaz de schiste près de chez eux, tandis que 40 autres pourcents se prononçaient en leur faveur. Si les seconds soutiennent ainsi le gouvernement conservateur de David Cameron, les premiers sont furieux de se voir superbement ignorer par le Premier ministre.

 

L’association environnementaliste No Dash for Gas a donc décidé d’organiser un camp de protestations près de la ville de Balcombe. L’association a imposé un code de conduite bien précis: pas d’alcool sur le site, mais un mode de vie participatif, notamment pour s’occuper de la cuisine et du recyclage. Plus de cinq cents personnes y ont monté leurs tentes pour participer, cinq jours durant, à des ateliers de réflexion sur les manières de se battre pour l’environnement. De là, le mouvement a coordonné de nombreuses manifestations de désobéissance civile sur l’ensemble du pays le 19 août.

 

Ce jour-là, des centaines de manifestants se sont occupés de bloquer la route entre Balcombe et Cuckfield ; au même moment, six activistes ont occupé l’agence de relations publiques de la compagnie d’énergie Cuadrilla à Londres, et d’autres le quartier général de Cuadrilla, à Lichfield. L’un des activistes nous a raconté avoir été brutalisé par la police lors de la manifestation à Balcombe. Au total, vingt-neuf personnes y ont été arrêtées, pour troubles à l’ordre public et obstruction d’une route. Parmi elles, la députée Vert Caroline Lucas, qui a considéré que participer à la manifestation était la seule option restante pour inciter le gouvernement à prendre en compte l’étendue des problèmes posés par le gaz de schiste.

 

Des économies au prix de la santé des habitants ?

 

En effet, le Premier ministre David Cameron, dans la lignée de son ministre des finances George Osbourne, n’a cessé de vanter les mérites du gaz de schiste. En premier lieu, l’extraction du gaz de schiste devrait générer entre 70 000 et 150 000 nouveaux emplois, selon les estimations du gouvernement. En outre, cela devrait permettre au Royaume-Uni de réduire ses importations d’énergie et par conséquent faire chuter les prix de l’énergie, ainsi que ce fut le cas aux Etats-Unis.

 

Cependant, cela fait maintenant plusieurs années que la sonnette d’alarme est tirée de l’autre côté de l’Atlantique. En 2010, le documentaire Gasland, de Josh Fox, a fait grand bruit en exposant les risques pour la santé que peut causer le processus d’extraction du gaz de schiste. Si envoyer un mélange de sable, eau et produits chimiques dans la roche permet de « fracturer » la roche et ainsi récupérer le gaz (méthane) qui en était prisonnier, cela résulte également en l’infiltration du mélange dans les nappes phréatiques, et les populations vivant aux alentours développent des problèmes de santé.

 

Qu’en disent les environnementalistes ?

 

Les problèmes environnementaux sont également nombreux. En dehors de la forte consommation d’eau dont la technique de fracturation a besoin, le gaz de schiste reste une énergie fossile, et pour cela les activistes environnementaux demandent qu’il soit abandonné, au profit d’investissements dans les énergies renouvelables.

 

D’autant plus que l’argument économique ne serait en fait pas valide. Selon Mark Linder, en charge des relations publiques de Cuadrilla, la baisse de la facture énergétique sera « un très petit pourcentage… à peu près insignifiante ».

 

Néanmoins, le gouvernement britannique ne semble pas reculer devant les manifestants contre les forages de gaz de schiste, bien que ceux-ci espèrent avoir marqué les esprits avec leurs actions de l’été.

 

Pour voir le diaporama-photos de la manifestation de lundi 19 à Balcombe: https://www.opinion-internationale.com/?p=18559

Journaliste à Opinion Internationale et coordinatrice de la rubrique La Citoyenne.