
Depuis des années, nous plaidons pour que l’Europe prenne le leadership dans certains combats civilisationnels qui façonnent les relations non seulement entre les hommes mais également entre les nations. Accords d’Abraham, guerre contre l’Iran des mollahs, invasion de l’Ukraine par la Russie : l’Europe a malheureusement de plus en plus de mal à exister sur la scène internationale.
Le cas de l’Ukraine
Face à un Donald Trump dont l’impérialisme est à géométrie variable et largement dicté par ses intérêts énergétiques et de pur business, l’Europe a mis trois ans pour véritablement prendre la mesure de son devoir de leadership dans le soutien à l’Ukraine contre l’invasion de son territoire par la Russie. Bonhomme allant, mais toujours de façon poussive et divisée, l’Europe a pris le relais des États-Unis pour aider financièrement et militairement l’Ukraine.
Mais, d’un point de vue politique, elle n’existe toujours pas, dans le sens où elle n’a pas su imposer à Vladimir Poutine d’être son interlocuteur principal pour trouver une issue à la guerre. Il est urgentissime que l’Europe, tout en étant consciente des intentions belliqueuses de Vladimir Poutine, sache recréer le fil du dialogue avec Moscou, en lien étroit évidemment avec Zelensky, pour négocier un cessez-le-feu et préparer les conditions d’une paix plus durable. C’est à l’Europe de prendre le leadership de la préparation de la sortie de guerre, et non à Donald Trump, qui a suffisamment prouvé son désintérêt pour ce dossier, voire sa seule préoccupation de ménager ses relations avec Vladimir Poutine. Sans ce leadership politique concernant un dossier purement européen, l’Union européenne et l’Europe des nations échoueront définitivement à exister sur la scène internationale.
Impénétrable Orient
Mais là où l’Europe est la plus absente, décevante, hypocrite et, pour ne pas dire d’une grande lâcheté, c’est sur la lutte contre les mollahs de Téhéran. Il a fallu des années pour que l’Union européenne classe les Gardiens de la révolution islamique dans la liste des organisations terroristes. Depuis 47 ans, on a laissé prospérer sur notre sol des organisations satellites de Téhéran, destinées uniquement à diffuser la propagande islamiste d’entrisme dans les universités, les lieux d’enseignement de l’arabe et les mosquées. Téhéran est certainement le principal financeur de cette stratégie globale d’islamisation de l’Europe, mise en œuvre par de nombreuses organisations, souvent concurrentes des chiites de Téhéran mais qui ont toutes la même visée : convertir l’Europe à un islam radical, antisémite, homophobe et de soumission des femmes.
Depuis 2020 et la signature surprise des Accords d’Abraham, la France et l’Europe n’ont presque pas participé à l’enrichissement et à la prospérité de cet accord historique qui scellait la paix entre Israël, Bahreïn et les Émirats arabes unis, en lien étroit avec d’autres pays comme le Maroc, véritable pont entre l’Orient et l’Occident.
Dans la lutte contre le Hamas, Emmanuel Macron avait proposé pendant quelques jours une coalition internationale contre cette organisation terroriste islamiste, mais s’est très vite rangé à une stratégie non pas pro-arabe mais de double discours qui s’est conclue par la reconnaissance d’un État de Palestine miné par l’idéologie islamiste.
Depuis l’entrée en guerre d’Israël et des États-Unis contre l’Iran, la France observe la même distance, le même silence, que seuls les bombardements d’intérêts français dans la région ont légèrement modifiés.
Non, ce que la France devrait absolument faire, c’est prendre le leadership en Europe, parce qu’elle est dotée d’un armement à la hauteur du défi de cette coalition qui est en train de s’instaurer pour en finir définitivement avec le régime des mollahs. Pourquoi Paris ne propose-t-il pas à Reza Pahlavi, aux nombreuses femmes issues du mouvement « Femme, Vie, Liberté », à des avocats et chefs d’entreprise iraniens prospères de constituer, à partir de Paris, un gouvernement en exil du peuple iranien ?
Pourquoi Paris n’arrête-t-il pas les agissements des organisations satellites de l’ambassade d’Iran à Paris, dont le Centre culturel iranien ?
La France comme l’Union européenne doivent entrer résolument en guerre aux côtés d’Israël et des États-Unis pour reprendre le train de l’histoire et aider à obtenir enfin la chute de ce régime inique qui a semé tant de haine et de mort au Moyen-Orient, en Afrique et en Europe ces dernières décennies.
La France et la plupart des pays européens n’ont pas voulu entrer dans le Conseil de la paix de Donald Trump. Même si celui-ci est pour le moins iconoclaste, nous considérons que c’est une erreur de ne pas y avoir adhéré. La France aurait dû, comme l’Inde par exemple, y prendre un statut d’observateur, voire même de membre permanent, pour tout simplement y défendre sa voix et s’assurer, comme elle l’a toujours fait dans l’histoire, qu’elle participe à tous les cercles de négociation.
Être absent des Accords d’Abraham, être absent du Conseil de la paix, être absent de la lutte sans merci contre le régime des mollahs, ne pas prendre le leadership des négociations à venir avec Vladimir Poutine : autant de preuves que l’Europe est en train de sortir de l’histoire. À Emmanuel Macron, Giorgia Meloni, au chancelier allemand, au Premier ministre polonais et à quelques autres leaders européens de reprendre le destin de l’Europe entre leurs mains et d’imposer à la Commission européenne, qui n’est qu’une technocratie sans vision politique, une reprise en main de notre destin.
Michel Taube




















