Edito
08H37 - dimanche 8 février 2026

Gabon : quand les nostalgiques de l’Ancien Régime veulent déstabiliser une Ve République portée par Brice Clotaire Oligui Nguema, président pourtant populaire. L’édito de Michel Taube

 

Gabon : quand les nostalgiques de l’Ancien Régime veulent déstabiliser une Ve République portée par Brice Clotaire Oligui Nguema, président pourtant populaire. L’édito de Michel Taube

Certes, le nouveau pouvoir est confronté à une première crise sociale au Gabon. Elle ne le vise pas, lui, mais revendique des années de rattrapage social remontant aux années Bongo. Certaines de ses revendications sociales, notamment parmi les enseignants, sont préhistoriques et remontent même aux années d’Omar Bongo.

Un premier accord de sortie de crise a été proposé, les discussions continuent avec une médiatrice.

Mais certains opportunistes s’agitent jusqu’à Paris : l’ancien Premier ministre des années Bongo, Alain-Claude Bilie-By-Nze, l’ancien candidat à la présidentielle Albert Ondo Ossa, tous présents dans la capitale française. Les réseaux sociaux s’agitent aussi. Que veulent-ils ? Attiser la braise sociale, prendre en otage des grévistes dans l’Éducation nationale ou œuvrer à la réussite de la Vème République ?

 

Une nouvelle République

Il faut rappeler ici que le Gabon sort à peine de deux années et demie de transition conduite de façon à la fois pacifique et démocratique.

De quoi s’agit-il ?

Beaucoup d’Africains en rêveraient : le 30 août 2023, après 45 ans de pouvoir concentré dans la même famille Bongo, le général Brice Clotaire Oligui Nguema prend le pouvoir.

Avec un sens politique aigu, le nouveau président a agi sans aucune effusion de sang et associé notamment à l’exercice de la gouvernance de la transition les plus compétents des anciens caciques des années Bongo.

S’ouvre donc une période de transition qui, contrairement à tant d’expériences africaines malheureuses, n’aura duré que deux ans et demi. Le général a ainsi parfaitement tenu son engagement initial.

Révision de la Constitution, élections présidentielle, législatives, municipales, sénatoriales, renouvellement de tous les corps constitués s’achevant par une nouvelle Cour constitutionnelle entrée en fonction le 1er janvier 2026. La transition est donc terminée et la nouvelle République du Gabon, la 5e, est pleinement en exercice. Un modèle de transition démocratique à l’africaine qu’il faut ici saluer.

Il y avait urgence car le peuple souffre de décennies de non-gouvernance. Et c’est peu dire que la nouvelle République et son président héritent d’années de disette sociale. Pendant les années Bongo, la réalité est que la question sociale a été écartée, ignorée, sans cesse reportée.

Le président de la République est donc engagé dans une course de vitesse, pour rattraper les décennies perdues et pour offrir au peuple gabonais un nouveau contrat social qui permettra à la stabilité politique acquise de répondre aux attentes légitimes du peuple gabonais.

Ainsi, déjà pendant la transition, le nouveau pouvoir a-t-il procédé à des milliers d’embauches dans le secteur public pour lutter contre le chômage et versé des rattrapages de salaire attendus depuis des années parmi les fonctionnaires.

Tout en étant attaché à un programme d’infrastructures et de développement économique libéral, le nouvel homme fort du Gabon n’a pas oublié le pilier social qu’il prétend autant incarner. Mais la Vème République hérite d’un passif d’endettement compulsif de l’ancien régime, y compris des dettes cachées qu’elle est obligée de rembourser, ce qui bien évidemment retarde les investissements sur le plan social, sanitaire et humain mais aussi infrastructurel.

Mais, face à des opposants agités et la crise sociale, le chef de l’État a un atout majeur, une carte maîtresse qu’il est seul à détenir : il est populaire ! Sa prise de pouvoir a immédiatement été saluée non comme un coup d’État mais comme un coup de libération, comme nous l’avions souligné à l’époque. Lors de l’élection présidentielle organisée dans d’excellentes conditions démocratiques selon tous les observateurs, il a recueilli 95 % des voix. Le peuple aime son président, n’en déplaise à ses détracteurs aigris et envieux.

Plutôt que de faire grève longtemps au grand dam des élèves, une trêve sociale permettrait de laisser au nouveau pouvoir fraîchement installé le temps de faire son œuvre. Un nouveau contrat social avec le peuple gabonais devra sortir de cette crise et les opposants pourront rentrer paisibles à Libreville.

 

Michel Taube

Directeur de la publication