Ils nous ont fait rêver pendant plus d’un mois. Les meilleurs joueurs du monde sont tombés face à la meilleure équipe du monde, l’Espagne, comme l’a justement déclaré son entraîneur, Luis de la Fuente.
Mais les meilleurs joueurs du monde ont réussi une autre prouesse : former, non pas la meilleure équipe – puisqu’elle s’est inclinée en demi-finale, mais sans doute la plus belle, la plus offensive, la plus élégante.
Une fois de plus, avec l’Espagne et l’Argentine en finale de la Coupe du monde de la FIFA, c’est un football rugueux, discipliné et défensif qui l’a emporté sur l’élégance et l’audace d’équipes beaucoup plus offensives.
L’Espagne et l’Argentine ont presque inventé un nouveau concept : la meilleure attaque, c’est la défense. Et en la matière, elles sont passées maîtres.
Quant à l’Argentine, osons le dire : sans Lionel Messi, elle ne serait sans doute pas au firmament du football mondial. C’est pourquoi nous sommes convaincus que l’Espagne sera la grande favorite de la finale de dimanche.
En revanche, il est un domaine dans lequel nous saluons sans réserve les Argentins : le cœur, l’enthousiasme et la ferveur avec lesquels les joueurs, les membres du staff et les supporters entonnent l’hymne national avant chaque rencontre. Ce patriotisme fait chaud au cœur. Nous aimerions tant que La Marseillaise, l’un des plus beaux hymnes nationaux au monde (allez, osons dire que c’est le plus beau !), soit entonnée avec la même intensité par les joueurs de l’équipe de France. Mais ceci est une autre histoire…
A Didier Deschamps qui s’apprête à tirer sa révérence samedi soir et à laisser, selon toute vraisemblance, sa place de sélectionneur à Zinédine Zidane, à Kylian Mbappé, à tous les joueurs et à l’ensemble du staff de l’équipe de France, nous adressons un immense merci.
Ils nous ont fait vibrer. Ils nous ont rendus fiers. Ils nous ont rappelé que le football peut encore être un spectacle et une émotion partagée.
Quel dommage que le journaliste sportif Christophe Gleizes, injustement emprisonné en Algérie, n’ait pas pu assister à la compétition et que les joueurs n’aient pas demandé publiquement sa libération.
Et consolons-nous en nous disant qu’au fond, perdre un match, c’est aussi être très vite ramenés à la réalité : tout ceci n’était que sport et spectacle.
Michel Taube




















