Edito
18H10 - vendredi 20 mars 2026

Duels droites – gauches aux municipales : l’autre défaite du macronisme. L’édito de Michel Taube

 

Duels droites - gauches aux municipales : l’autre mort du macronisme. L’édito de Michel Taube

La décennie du macronisme n’en finit pas de s’achever depuis la dissolution ratée de 2024 et, probablement, depuis bien plus longtemps (les mauvaises langues feront remonter cette agonie à l’affaire Benalla et à la succession de crises mal gérées). Les municipales constituent une des dernières étapes de cette fin de règne.

Certes, il est encore trop tôt pour tirer toutes les leçons des scrutins municipaux car le second tour n’a pas encore rendu son verdict. Mais un phénomène apparaît déjà avec netteté : le retour du duel droite-gauche. Nous devrions dire des duels droites – gauches.

Ce face-à-face séculaire, que la parenthèse centriste ouverte en 2017 prétendait dépasser, s’impose de nouveau dans le paysage politique français.

À Paris, Marseille, Bordeaux comme dans de nombreuses grandes villes, les électeurs sont appelés à choisir entre des candidats clairement ancrés à droite ou à gauche. Les prétendants revendiquant un positionnement centriste se font rares. Peut-être Thomas Cazeneuve à Bordeaux fait-il figure d’exception. Jean-Michel Aulas, candidat de la société civile, en très mauvaise posture ?

Mais la réalité est plus complexe encore. Car ce qui se joue aujourd’hui n’est pas seulement le retour d(un duel entre la droite et la gauche : c’est aussi un affrontement au sein même de chaque camp. Les droites et les gauches s’affrontent entre elles à couteaux tirés.

L’attention médiatique se concentre sur les affrontements spectaculaires opposant La France insoumise et le Parti socialiste d’un côté, et le Rassemblement national aux Républicains de l’autre. Mais cet effet de loupe, souvent limité à quelques grandes ou moyennes métropoles, masque une réalité plus profonde : sur l’ensemble du territoire des communes de France, la vie politique française demeure largement structurée autour des Républicains, des socialistes et des différentes familles du centre droit. Bref des modérés contre les disruptifs.

Les extrêmes, souvent portées par les dynamiques nationales, ne sont pas nécessairement aussi irrésistibles que le suggèrent les sondages et la focalisation des médias nationaux sur quelques villes. Dans de nombreuses communes de taille moyenne, des édiles locaux issus des Républicains, comme Sébastien Leclerc à Lisieux ou Gilles Platret à Chalon-sur-Saône, ont été réélus au premier tour sans céder aux sirènes de l’extrême-droite : ils ont réussi à aspirer et à satisfaire les légitimes demandes de sécurité et de patriotisme que réclament les Français.

Rappelons que ces vingt-cinq dernières années, la seule fois où le Front national a reculé, c’est lorsque Nicolas Sarkozy a défendu en 2007 une posture résolument de droite, à la fois régalienne et sociale.

Au final et si les Français aspiraient à retrouver une vie politique classique que l’expérience amère du macronisme leur fait regretter ? Le risque d’aventure que constituerait l’arrivée au pouvoir du Rassemblement national ou d’une gauche Lfiste dominante pourrait constituer le meilleur atout pour de futurs candidats à l’élection présidentielle comme Bruno Retailleau à droite ou Raphaël Glucksmann ou François Hollande à gauche.

Le duel droite-gauche serait-il de retour et la politique français retrouverait-t-elle enfin ses classiques ? Encore faudra-t-il dimanche que les Français sanctionnent lourdement les alliances de la honte entre PS et LFI.

 

Michel Taube

Directeur de la publication