Edito
18H08 - vendredi 20 mars 2026

Ahmed Lakrafi : « Nanterre, de la cité à l’université, le choix de la responsabilité pour le second tour des municipales, le choix de Raphaël Adam. »

 

Ahmed Lakrafi : « Nanterre, de la cité à l’université, le choix de la responsabilité pour le second tour des municipales, le choix de Raphaël Adam. »

Chères Nanterriennes, chers Nanterriens,

Le premier tour des élections municipales a rendu son verdict. J’ai figuré sur la liste « Nanterre-Fierté(s) » menée par Samia Kasmi. Ce fut un honneur de mener ce combat aux côtés d’hommes et de femmes de valeur. Avec 5,2 % des voix, le constat est sans appel : malgré la qualité de notre programme, vous ne nous avez pas choisis pour diriger cette ville. En démocratie, l’humilité est la première des vertus. J’entends ce message, je l’accepte et je tire les conclusions qui s’imposent. Aujourd’hui, l’heure n’est plus aux calculs d’appareils ou aux rancœurs de campagne. L’heure est à la survie de l’intérêt général de Nanterre. Je refuse de rester spectateur.

Soyons honnêtes : je ne connais pas Raphaël Adam. Et pour dire vrai, peu de gens à Nanterre connaissent vraiment ce monsieur ; personne n’avait encore jamais voté pour lui avant ce scrutin. Mais en politique, on ne vote pas seulement pour une tête de liste, on vote pour une équipe tout entière. Et moi, quand je regarde cette liste, j’y vois les visages qui ont accompagné ma propre vie.

Quand je lis le nom de Hakim Allal, je revois le petit garçon que j’étais au quartier Berthelot. Hakim, c’est celui qui nous faisait faire notre soutien scolaire à la salle Soufflot. C’est grâce à son association que je suis allé pour la toute première fois à Disneyland Paris. L’adhésion à son association était à 10 francs. Vous imaginez ce que cela représentait pour un jeune issu d’une famille pauvre ? C’était l’ouverture sur un autre monde. Ce sont ces personnes-là qu’il faut mettre en avant et qu’il faut chérir, car elles sont les piliers invisibles de notre ville.

Puis, il y a Monsieur Patheron, Éric Patheron. Il était mon professeur de CM2 à l’école Balzac. C’était un homme ferme, certes, mais profondément bon. Aujourd’hui encore, je connais par cœur l’Hymne à la Joie en allemand grâce à lui ! C’était un instituteur qui croyait en l’Europe, en la paix entre les nations, et qui nous transmettait ces valeurs dès le plus jeune âge. Il est resté fidèle à l’école Balzac jusqu’à en devenir le directeur. C’est un homme qui a tout donné à la fonction publique. Sa présence sur cette liste est une garantie d’intégrité.

J’y vois aussi Aziza Rahmouni. Tout le monde à Nanterre, et particulièrement au Petit Nanterre, connaît le travail immense de son regretté grand frère, Hafid, qui a créé l’association ZYVA. Aziza est aujourd’hui sa digne héritière. Elle porte ce flambeau avec la même détermination et le même sens du service. Elle représente ce travail de terrain acharné que personne d’autre ne fait. Ces gens-là ne sont pas des figurants, ils sont l’âme de Nanterre.

Au-delà des structures, Nanterre est tenue à bout de bras par des hommes et des femmes d’exception qui agissent dans l’ombre des gymnases et des centres sociaux. Je pense à des figures tutélaires comme Kouider Abdelmoumeni et Farid Rezzag. Ces maîtres du noble art ont été bien plus que des entraîneurs de boxe : ils ont été les « grands frères » que je n’ai jamais eus, et que tant de jeunes de ma génération cherchaient pour ne pas s’égarer. Par la discipline et l’effort, ils ont redressé des destins que la rue aurait pu briser. Il est temps que notre ville sache honorer officiellement ces parcours exemplaires. Je propose l’instauration d’une distinction annuelle pour ces citoyens qui, par leur dévouement, sont les véritables gardiens de notre cohésion. Reconnaître leur apport, c’est dire à chaque enfant de nos quartiers que le mérite et la fraternité sont nos seules boussoles.

Enfin, soutenir cette liste, c’est honorer le courage héroïque de Patrick Jarry. On ne doit jamais oublier ce qu’il a fait lors de la tragédie de 2002. Alors qu’il était conseiller municipal, il ne s’est pas caché. Il a fait partie de ceux qui se sont jetés sur le tueur pour l’arrêter, recevant plusieurs balles dans le corps pour protéger la vie des autres. On ne balaie pas un tel sacrifice par une simple envie de changement. On respecte cet acte de bravoure qui définit l’esprit de notre ville.

Pour toutes ces raisons, je choisis de soutenir la liste menée par Raphaël Adam.

Lors du premier tour, j’ai été assesseur pour la première fois et j’ai pris une claque monumentale. Dans mon bureau de vote, sur plus de 900 inscrits, seuls 295 se sont déplacés. Voir ces pages de registres vides, ces noms sans signatures, est une tragédie. Je veux dire aux abstentionnistes : soyez pragmatiques ! Le vote n’est pas un cadeau que vous faites au maire, c’est l’expression de votre volonté de choisir vos représentants. Voter, même blanc, c’est dire : « Je suis là, j’existe, vous me devez des comptes. » Ne pas voter, c’est se rendre invisible.

Moi, je vous le dis les yeux dans les yeux : mon soutien est gratuit. Je ne demande rien, ni poste, ni indemnité. Je le fais parce que Nanterre a besoin de stabilité, pas de mercenaires.

Mon ralliement n’est ni un renoncement, ni une signature en bas d’une page blanche. Il est un acte d’exigence. À l’heure où les populismes de tous bords tentent de fracturer notre ville, j’attends de la future équipe municipale une rupture nette avec le clientélisme de façade. Nous ne voulons plus d’une politique de gestion de la misère, mais d’une politique d’émancipation par le haut. Monsieur Adam, si je vous apporte aujourd’hui ma voix, c’est pour que demain, aucune rue de Nanterre ne se sente délaissée. Nous serons là pour vous rappeler que la stabilité n’est pas l’immobilisme, et que la confiance des citoyens se gagne chaque jour par des résultats concrets, pas par des slogans de campagne.

Nanterre m’a tout donné. C’est dans cette ville, et nulle part ailleurs, que je suis passé de l’ombre à la clarté grâce à son université. Avant le droit, j’étais dans le noir ; aujourd’hui, je suis éclairé. Mon ambition est simple : que cette faculté ne soit plus une île isolée au milieu des barres d’immeubles, mais un pont de lumière pour chaque gamin de Berthelot, du Parc et de chaque rue de Nanterre.

Mais ce soutien que j’apporte aujourd’hui n’est pas un chèque en blanc. C’est un appel solennel. Monsieur Raphaël Adam, ne nous décevez pas. Faites de la jeunesse, de l’insertion et de la formation votre priorité absolue. Le nerf de la guerre pour nos familles, c’est un travail et un toit. Permettez aux jeunes de trouver leur voie, mais permettez aussi aux moins jeunes de se réorienter et de reprendre leurs études à n’importe quel âge pour retrouver leur dignité.

Enfin, au-delà des résultats, nous devons affronter une vérité brutale : la crise de légitimité qui ronge nos institutions. Quand la majorité ne s’exprime plus, l’élection devient un trompe-l’œil. À Nanterre comme ailleurs, on ne peut plus se satisfaire d’élus portés par une fraction minoritaire du corps électoral. Je plaide pour une révolution des règles du jeu : l’instauration d’un seuil de validité de 50 % de participation des inscrits. Sans ce quorum, l’élection devrait être invalidée. Une telle mesure obligerait enfin les candidats à sortir de leur « confort partisan » et de leurs bases acquises pour engager un véritable travail de reconquête pédagogique auprès des délaissés de la République. Le chemin des urnes doit redevenir une obligation morale avant que l’indifférence ne finisse par tuer la cité.

Le 22 mars prochain, ne laissez pas les amateurs de l’opportunisme décider de votre avenir à votre place. Utilisez votre voix. Votez. Soutenez la liste de Raphaël Adam.

 

Ahmed Lakrafi

Référent du bureau politique de l’Alliance Centriste à Nanterre