Edito
18H56 - jeudi 19 mars 2026

Fabrice Haccoun : « Municipales 2026 ou la nausée des électeurs et les mains sales de la gauche française »

 

Les élections municipales de 2026 marqueront à jamais, la faillite morale et démocratique de la gauche française avec la complicité désormais consciente d’une partie de nos concitoyens.

Selon le célèbre adage « en démocratie, les citoyens ne sont pas victimes de leurs dirigeants, ils en sont complices ».

Si jusqu’à peu, les électeurs de gauche pouvaient plaider la bonne foi, c’est fini au moins depuis le 7 octobre 2023. Quand l’ensemble de la gauche, hormis quelques exceptions, a pris fait et cause pour les terroristes sanguinaires du Hamas. Comme si ce mouvement terroriste, grand oppresseur du peuple palestinien était un mouvement classique de libération et d’émancipation. Ce jour-là, la gauche a sombré, a fait voler en éclat le « plus jamais ça » issu de la victoire des alliés en 1945 et a permis que soit relancé en France un antisémitisme crasse « digne » des années 30. La digue qu’ils entretenaient hypocritement a cédé sous l’appât du gain et les ambitions individuelles. Leurs armes : l’inversion accusatoire et le « droit-de-l’hommisme », cette idéologie qui permet à ce camp politique de justifier les actions des pires régimes de la planète au nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ! Exit le droit d’ingérence humanitaire de Kouchner, bienvenu au relativisme mortifère. La gauche à cette extraordinaire capacité à justifier l’injustifiable en usant d’une rhétorique malhonnête. C’est là qu’on en arrive au lien avec les élections municipales qui se déroulent en ce moment et l’accusation que je porte vis-à-vis des électeurs de gauche, car désormais c’est en complice de ce néofascisme qu’ils se comportent et plus du tout, comme fût un temps, en défenseur de notre modèle social et solidaire.

 

En 40, beaucoup ont dit qu’ils ne savaient pas. Aujourd’hui personne ne peut en dire autant.

Jean-Luc Mélenchon et une grande partie de ses « camarades » ont littéralement fait exploser l’antisémitisme, le racisme ordinaire et la haine des blancs. Oui, essentialiser les Juifs, les Noirs, les Arabes et les Musulmans afin de les instrumentaliser c’est du racisme. Oui, rédiger des listes de Juifs célèbres en les qualifiant de génocidaires, leur mettant ainsi une cible dans le dos, c’est inacceptable tout comme faire rire une salle entière lors d’un rassemblement en écorchant volontairement les noms d’élus Juifs est digne de la pire période de notre histoire et rappelle curieusement les harangues d’un certain…Jean-Marie Le Pen. Et oui, qualifier de Bounty (noir dehors et blanc dedans tout « racisé » qui souhaite juste s’intégrer c’est du racisme. Enfin, la haine anticléricale de ce camp politique contribue à fracturer la société française en fissurant ce socle fondateur que constitue notre histoire. La notion de nouvelle France, et le métissage imposé ne sont rien d’autre qu’un eugénisme inversé.

Et pourtant, des Français se réclamant de l’humanisme votent pour La France Insoumise sans aucun complexe. Mais au-delà de ce parti qui s’est exclu de l’arc républicain, ce qui choque le plus, d’où ma colère, c’est la position de la gauche dite « de gouvernement ». Ecologistes, Communistes et le Parti Socialiste acceptent de signer le pacte de la honte avec LFI. Trahissant ce à quoi ils s’étaient engagés avant la campagne des municipales, ils autorisent les accords locaux et servent une fois de plus de marchepieds aux néo-fascistes de LFI. « Le fascisme reviendra à condition qu’il s’appelle antifascisme » disait Pasolini et nous y somme.

 

Nous réalisons que la défense des Juifs conte l’extrême-droite n’était en fait qu’un odieux prétexte !

Pendant des décennies, la gauche a étouffé l’expression populaire de toute une partie de la droite au motif que le dirigeant d’un des partis, en l’occurrence le Front National était antisémite. Avec la complicité de Jacques Chirac, fossoyeur en chef de ce camp politique, la droite s’est laissée enfermée dans une interdiction stricte de pactiser même localement avec le FN. Charles Millon, à Lyon avait même était exclu du RPR pour avoir juste accepté les voix du FN, tout cela prétendument au nom de la lutte contre l’antisémitisme et du « plus jamais ça ». Partout, la droite a préféré perdre les élections que de s’associer de près ou de loin avec la droite nationale. Partout, les électeurs, souvent en souffrance, du FN ont été stigmatisés, vilipendés et la simple sympathie pour cette partie de l’échiquier politique pouvait les exclure de l’université, de l’administration et parfois même de leur emploi. Et cela continue à présent vis-à-vis du RN dont il est désormais pourtant clair qu’il a rejoint l’axe républicain. Et toute le monde continue à croire que c’est par sympathie et en défense des Français Juifs que la gauche a agi ainsi. Alors dans ce cas, pourquoi ceux-là même qui ostracisaient la droite nationale au nom de la lutte contre l’antisémitisme, pactisent, s’allient et composent désormais avec le pire des partis antisémites depuis les années 30. Et qu’avons-nous en face ? Une droite molle, complexée, repentante qui continue à se laisser enfermer dans les vieux schémas dépassés au détriment de la reconstruction nationale et du renouveau de notre modèle démocratique.

Alors oui en tant que citoyen, j’ai la nausée. La nausée devant cette hypocrisie, cette lâcheté, cette vilenie de la gauche dans son ensemble mais aussi devant l’absence de réaction de la droite qui confine à la complicité. De nombreuses illustrations existent, de Xavier Bertrand qui appelle à voter communiste pour faire barrage au RN après la dissolution à, plus récemment, la position prise par Martine Vassal à Marseille qui, en se maintenant, alors qu’elle n’a aucune chance, va faire gagner la gauche dans une ville qu’elle a largement contribué à détruire. Faire cela en invoquant l’amour pour Marseille, il fallait oser.

Quant au prétexte d’alliance contre l’extrême-droite, qui peut encore avoir la naïveté d’y croire en constatant qu’à Strasbourg, la maire écologiste sortante et le candidat de la France Insoumise d’allient pour faire battre…la candidate socialiste.

Les tartuffes contorsionnistes de la gauche ont encore sévi devant la faiblesse d’une droite incapable de s’unir autour de l’intérêt nationale.

Ces municipales sont bien plus que des élections locales, elles vont donner un panorama intéressant en vue de 2027 dont beaucoup considèrent que c’est l’élection de la dernière chance pour le redressement du pays. Impatient donc d’être à dimanche prochain 20h00.

 

Fabrice Haccoun

Essayiste, auteur de Rallumons les Lumières aux éditions de l’Archipel, et entrepreneur du numérique.

Auditeur de l’Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale, Colonel (Réserve Opérationnelle) de la Gendarmerie Nationale (DGGN). Magistrat Honoraire (Conseil des Prud’hommes de Paris), il intervient régulièrement dans les médias sur les questions sociales, économiques et sociétales telles que l’emploi, l’identité, la diversité et les valeurs républicaines.

Fabrice Haccoun est chevalier dans l’ordre national du Mérite et médaille de la défense et la sécurité intérieure