
Paul Henry : Je suis Langrois de naissance. J’ai été commerçant et artisan chocolatier. J’ai toujours été impliqué dans la vie locale : j’ai siégé à deux reprises au conseil municipal, j’ai présidé l’association des commerçants pendant vingt ans et j’ai également été très engagé dans les organisations professionnelles, notamment en présidant l’artisanat au niveau régional pendant de nombreuses années.
Présentez-nous maintenant la belle ville de Langres. Donnez envie à nos lecteurs de venir découvrir votre commune.
Langres est une ville moyenne qui possède un patrimoine exceptionnel. On l’appelle souvent la « Carcassonne de l’Est ». Sa ceinture de remparts est la plus grande enceinte fortifiée d’Europe.
C’est une ville très touristique. Avec mon équipe, nous voulons lui redonner tous les atouts pour qu’elle soit une ville où il fait bon vivre, une ville sereine et attractive, qui assume pleinement son rôle de phare du sud de la Haute-Marne.
Vous êtes candidat à la mairie de Langres. Quels sont les principaux enjeux de cette élection municipale ?
Le principal enjeu concerne l’hôpital. Aujourd’hui, dans le cadre du Ségur de la santé, il existe un projet qui conduirait à fermer l’hôpital actuel pour le remplacer par un établissement beaucoup plus réduit, que l’on pourrait presque qualifier de dispensaire.
Cela entraînerait une perte considérable pour les Langrois et pour toute la population du sud de la Haute-Marne. Nous perdrions des services essentiels comme la chirurgie, mais aussi une partie de la capacité d’urgence et de soins que chaque habitant est en droit d’attendre.

Le futur maire peut-il réellement s’opposer à ce projet ?
Nous ne ferons pas de promesses irréalisables. Mais le futur maire devra reprendre les discussions avec tous les partenaires : l’Agence régionale de santé, les financeurs, le département, la région et les établissements hospitaliers.
L’objectif est de modifier ce projet afin de préserver une offre de soins digne de ce nom. Sinon, nous risquons de créer un véritable désert médical sur le territoire. Et il y aurait également des conséquences économiques importantes, avec de nombreuses pertes d’emplois.
Si certains services disparaissaient, à quelle distance les habitants devraient-ils aller se faire soigner ?
Langres est tournée historiquement vers Dijon. L’Agence régionale de santé souhaite plutôt orienter les patients vers Chaumont, mais Chaumont n’a pas la même attractivité pour les Langrois. Et on ne change pas les habitudes culturelles par décret.
Nous avons déjà connu une situation comparable en 2013 avec la fermeture de la maternité de Langres. À l’époque, il y avait environ 300 accouchements à Langres et 450 à Chaumont. L’ARS a décidé de regrouper les deux à Chaumont avec comme objectif, sur le papier, d’atteindre 800 accouchements.
Aujourd’hui, la maternité de Chaumont est revenue à environ 450 accouchements. Pourquoi ? Parce que les Langroises vont majoritairement accoucher à Dijon, qui se trouve à plus d’une heure de route. Cela pose un problème évident de sécurité sanitaire.
Y a-t-il aussi un enjeu politique dans cette élection municipale ? La maire sortante est socialiste et vous avez constitué une union des droites à Langres.
Dans une ville comme Langres, il ne devrait pas y avoir d’enjeu politique au sens partisan. Mais, dans les faits, les clivages existent dans la campagne.
Langres mérite mieux que ce qu’elle a subi ces dernières années. Nous avons besoin d’un management municipal solide, avec des élus compétents et capables de travailler en harmonie avec les services municipaux. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas.
Quelles sont les grandes lignes de votre programme ? Votre slogan est « Langres concrètement ». Que signifie-t-il ?
« Concrètement », cela signifie d’abord que nous ne ferons pas de promesses impossibles à tenir. Les finances publiques ne sont pas extensibles.
Notre programme repose sur trois axes. Le premier concerne le management municipal, pour remettre de l’efficacité et de la cohérence dans la gestion de la ville.
Le deuxième concerne la qualité de vie des Langrois : propreté, sécurité, fleurissement, afin de refaire de Langres une ville agréable où il fait bon vivre.
Le troisième concerne des projets réalistes : entretien du patrimoine, rénovation du bâti et projets utiles pour la population, dans la limite de nos moyens.
Vous venez du monde de l’entreprise. N’est-ce pas difficile d’entrer en politique dans un système souvent très administratif et très étatiste ?
C’est effectivement l’un des constats que l’on peut faire aujourd’hui. L’expérience de chef d’entreprise apporte une vision différente, notamment en matière d’organisation et de management.
Un entrepreneur est habitué à prendre des décisions concrètes, à gérer des équipes et à rechercher l’efficacité. Cette approche est souvent différente de celle de l’administration.
Je suis convaincu que si l’on veut faire évoluer les choses au niveau national, cela passera d’abord par les territoires. Si l’on développe un esprit d’entreprise dans la gestion des villes, cet état d’esprit finira par transformer progressivement le fonctionnement des institutions.
Propos recueillis par Michel Taube




















