
Depuis le déclenchement de la guerre entre l’Iran, Israël et les États-Unis, étendue à l’ensemble du Moyen-Orient, les prix du pétrole, du gaz et de l’énergie explosent.
Depuis dix jours, les stations d’essence, les pompistes, ces revendeurs de l’or noir sont la cible d’attaques de la part des pouvoirs publics et parfois des médias.
Certains éditorialistes, souvent mieux inspirés, ont osé comparer les tenanciers de stations-services au roman « Au bon beurre » de Jean Dutourd où des petits commerçants profitèrent de la guerre et du rationnement sous le régime de Vichy pour s’enrichir.
S’attaquer aux petits et préserver les gros : cette méthode le gouvernement est profondément indigne car les pompistes, surtout les indépendants, sont enserrés dans des contrats extrêmement rigides imposés par les raffineurs, qui les lient aux grandes enseignes pétrolières que sont Total, Esso et les autres.
Une fois de plus, la France est en proie à cette absence de libéralisme, entendu précisément comme étant le soutien aux entrepreneurs et indépendants. Cette caractéristique de nos dirigeants politiques français va de la gauche à la droite, macronie incluse.
Même Michel-Edouard Leclerc a dénoncé ces attaques faciles et désigné le comportement des raffineurs, rejoignant Francis Pousse, président National des Distributeurs Carburants et Energies Nouvelles chez Mobilians, qui représente 3500 des 10.000 stations-service restant en France (il y en avait 47500 en 1975).
Pourquoi le gouvernement n’a-t-il pas réuni dès le déclenchement de la crise ses grandes enseignes pour les encourager voire les contraindre à décaler l’augmentation de leurs tarifs de quelques semaines ? Total vient enfin de l’annoncer jusqu’à fin mars.
Mais le mal est fait. Les pompistes sont pris entre deux feux, celui des pétroliers et l’usager qui se considère lui aussi comme le dindon de la farce.
Les stations-services indépendantes, qui sont pourtant de véritables services publics dans des zones souvent dépeuplées au niveau commercial, comme les buralistes et tous les artisans locaux, méritent notre respect.
Les élections municipales arrivent, nos artisans locaux ne doivent pas être oubliés.
Michel Taube




















