Edito
11H56 - mardi 13 janvier 2026

Journal de « ma famille de 90 millions d’Iraniens » par Mina Rad

 

Iran : Journal de « ma famille de 90 millions d’Iraniens » par Mina Rad

Mina Rad, cinéaste, journaliste politique international et reporter culturel, inaugure ici un journal de bord quotidien qui relate ce qui se passe en Iran où l’histoire est en marche.

Après avoir fait du journalisme politique international, puis plus de 10 ans de reportages pour le monde de la musique, Mina Rad décide de se former à la fabrication et à l’écriture documentaire entre 2011 et 2014 avec les Ateliers Varan. Elle réalise une dizaine de films en tant que cinéaste et documentariste. Pour Mina Rad, le cinéma documentaire est « une restitution de notre héritage culturel, un regard vers l’univers, et une quête des traces d’identité culturelle dans le monde. ».

 

Nouvelles de ma « famille de 90 millions d’Iraniens »

À la suite des nombreuses demandes de mes connaissances, j’ai décidé de reprendre la plume — moi qui ai été reporter de guerre entre 1991 et 1998 en Asie centrale — pour vous envoyer de brèves nouvelles quotidiennes de ma « famille de 90 millions » en Iran.

Bouleversée par les informations qui me parviennent, je vous résume chaque jour ce qui se passe dans mon pays natal.

À l’âge de 15 ans, j’ai quitté l’Amérique pour retourner en Iran et manifester dans les rues contre le Shah. Cinquante ans plus tard, après un demi-siècle, la question de ma « famille de 90 millions » — le peuple iranien — revient : beaucoup suivent aujourd’hui les propositions de Reza Pahlavi, fils du Shah, et demandent à Donald Trump quand il mettra fin au régime actuel.

 

Journal de bord n°1, le 13 janvier 2026

17ème jour de manifestations

Il y a quinze jours, un mouvement national a commencé en Iran, parti du bazar de Téhéran en 2026, comme en 1979.

Comme lors des mouvements « Femme, Vie, Liberté » et du Mouvement vert, les jeunes sont descendus dans la rue, mais cette fois-ci aussi bien dans les petites villes que dans les grandes, partout en Iran.

Le mécontentement est né de l’inflation et de l’effondrement du rial face au dollar.

Puis Reza Pahlavi a appelé la population à manifester les jeudi et vendredi 8 et 9 janvier 2026.

Depuis, le mouvement a pris une ampleur nationale et international.

La génération Z iranienne — jeunes et adolescents — est sortie dans la rue sans peur et sans hésitation.

Les manifestations se poursuivent malgré les coupures d’Internet et d’électricité.

Depuis cinq jours, il n’y a presque plus d’Internet : le gouvernement l’a coupé depuis le samedi 10 janvier.

Elon Musk a annoncé un accès gratuit à Starlink pour l’Iran, mais il faut disposer d’une antenne satellite pour l’utiliser.

Malgré le couvre-feu de fait imposé par ces coupures, et malgré la répression, les gens sont sortis pour ce 17e jour de contestation.

 

Slogans entendus :

« D’ici la fin de la semaine, Khamenei est fini »

« Pahlavi reviendra »

« Ce pays ne sera libre que lorsque Khamenei sera enterré »

« C’est la bataille finale »

« Cette année est celle du sang, Seyed Ali (Khamenei) sera renversé. »

 

Selon les témoignages envoyés aux médias persanophones hors d’Iran, Les Gardiens de la révolution entrent dans les maisons et dans les rues.

Ils contrôlent les téléphones portables et les photos.

Des policiers, déguisés en agents de l’électricité ou du gaz, rentrent par forces dans les maisons et vérifient si les gens disposent d’un accès satellite.

Les dortoirs universitaires ont été fermés.

Les familles cherchent des nouvelles de leurs proches via les télévisions iraniennes à l’étranger.

Avec les arrestations et les tirs contre les manifestants, le régime a franchi une ligne rouge.

Des soutiens ont été exprimés par des parlementaires en Amérique, en Europe, en Australie et en Norvège.

Le secrétaire général de l’ONU a demandé le rétablissement immédiat d’Internet.

Selon les appels de Reza Pahlavi, devant plusieurs ambassades d’Iran — notamment à Rome, Ljubljana, Oslo, Stockholm, Munich et Francfort — le drapeau de la République islamique a été retiré et remplacé par le drapeau national au lion.

Des artistes et musiciens iraniens et internationaux ont appelé à soutenir les manifestations.

L’UNICEF a signalé la mort de nombreux enfants.

Des chefs d’entreprise, comme Dara Khosrowshahi (Uber), Josh Wolf, Dan Vahdat et d’autres, ont lancé une campagne de soutien aux manifestants.

La fin du régime est présentée comme le début d’une renaissance économique du pays.

Parmi les propositions citées, l’acteur Omid Djalili résume ainsi ce que veulent les manifestants :

« Fermez les ambassades, geler les avoirs et inscrire les Gardiens de la Révolution sur la liste des organisations terroristes. Si vous faites cela, le régime est isolé. En une semaine, tout est terminé. »

Ce soir, plusieurs ambassadeurs et leurs équipes auraient quitté l’Iran.

Ma “famille de 90 millions” reste sans Internet et attend de nous que nous mobilisions l’opinion publique, les médias et nos amis.

Les manifestations continuent en Iran et aussi dans le monde entier pour soutenir la révolution nationale des iraniens ….

Le gouvernement iranien aurait demandé à négocier avec Donald Trump, qui hésiterait entre négociation et action militaire.

 

La suite demain.

 

Mina Rad

https://www.minarad.fr

linkedin.com/in/radmina

 

TRUMP IMPERATOR. La tribune de Michel Scarbonchi

TRUMP IMPERATOR. La tribune de Michel Scarbonchi
Drôle de début d’année 2026 ! Ne voilà-t-il pas que le Président américain fait enlever, dans sa capitale, Caracas, le Président du Vénézuéla et le conduit devant une juridiction New-Yorkaise sous l’inculpation…
Michel Scarbonchi