Edito
17H26 - mercredi 7 janvier 2026

L’avocat Aurane Reihanian victime d’un antisémitisme qui frappe jusqu’à la porte de son appartement

 

L’avocat Aurane Reihanian victime d’un antisémitisme qui frappe jusqu’à la porte de son appartement

Il y a des symboles qui ne trompent pas. Quand un avocat, élu LR de Bourg-en-Bresse, découvre en pleine nuit une inscription antisémite accompagnée de traces d’excréments sur la porte de son appartement parisien, ce n’est pas un simple acte de vandalisme. C’est le signe d’une France où la haine se banalise, où l’on s’attaque désormais directement aux personnes, à leur intimité, à leurs convictions, à leurs racines. Aurane Reihanian, en rentrant chez lui, n’a pas seulement découvert une injure visant un roi juif de l’Antiquité. Il a croisé le visage grimaçant d’un antisémitisme qui se croyait disparu mais qui prospère dans les interstices de la société contemporaine.

Il faut mesurer ce que représente ce genre de geste. Le père d’Aurane Reihanian avait fui l’Iran en 1979 pour échapper à la révolution islamiste et reconstruire en France une vie fondée sur la liberté, la sécurité, la dignité. Quarante-cinq ans plus tard, c’est à Paris que son fils découvre un message haineux sur une porte ornée d’une mezouzah. Une scène qui devrait nous glacer. Elle dit l’échec d’un pays qui, au lieu de renforcer la protection de ses citoyens, laisse s’installer des comportements qui relèvent de la lâcheté pure et simple. Ce n’est pas un acte isolé : c’est le symptôme d’une pathologie collective qui ressurgit avec une violence renouvelée.

Les chiffres confirment cette dérive, tout en ne montrant qu’une partie de la réalité. Le ministère de l’Intérieur recense encore 1 163 actes antisémites entre janvier et octobre 2025. Même si cela représente une baisse statistique, le niveau reste vertigineux. La communauté juive demeure de loin celle qui subit le plus d’attaques ciblées. Depuis les événements du 7 octobre 2023, une vague hostile s’est répandue comme un poison dans le débat public, alimentée par les extrémismes, la désinformation et l’effondrement des barrières morales. Le discours de haine s’est trivialement déplacé du numérique vers la rue, des slogans vers les portes d’immeubles.

Que faut-il de plus pour que la société prenne conscience du danger ? Une démocratie ne tombe jamais d’un coup. Elle s’effrite, fissure après fissure, renoncement après renoncement. Aujourd’hui ce sont des insultes et des dégradations sur une porte. Demain, si rien n’est fait, ce seront les personnes elles-mêmes qui deviendront les cibles directes d’une violence assumée. Le silence serait complice. La banalisation, criminelle. Ce n’est pas seulement Aurane Reihanian qui est visé : c’est le principe même de coexistence pacifique qui est frappé.

Il est temps d’ouvrir les yeux. L’antisémitisme n’est pas un vestige du passé. Il est un marqueur de la fragilité d’une nation. Chaque attaque devrait déclencher une réaction immédiate, ferme et unanime. Ce que subit Aurane Reihanian n’est pas une anecdote sordide. C’est un avertissement. Et il ne tient qu’à nous de décider s’il restera isolé ou s’il marquera le début d’un renoncement collectif.

 

La rédaction d’Opinion Internationale

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