Ce que rappelait Radouan Kourak sur CNews ce dimanche 4 janvier 2026, n’a, en réalité, rien d’anecdotique. Les déclarations anciennes de Donald Trump, notamment en 2010 lorsqu’il s’interrogeait sur l’intervention en Irak sans récupération du pétrole, résonnent aujourd’hui avec une cohérence brutale. Trump ne dissimule rien. Il assume une logique de puissance, de prédation assumée, inscrite dans la plus pure tradition américaine. La doctrine Monroe n’a jamais disparu. Elle change seulement de visage. Là où les démocrates habillaient leurs interventions de discours sur les droits de l’homme et les révolutions colorées, Trump parle cash. « Vous nous provoquez, vous menacez nos intérêts, vous êtes poursuivis dans notre système, nous récupérons ce qui nous est dû ». Du pétrole, des ressources, de l’influence. Une franchise qui choque certains mais qui, en réalité, ne surprend personne.
Mais ce réalisme impérial a un prix géopolitique majeur. En agissant ainsi au Venezuela, Trump valide de facto la logique des empires. Il donne raison à Vladimir Poutine, à Xi Jinping, et à tous ceux qui estiment qu’un gouvernement qui va contre les intérêts d’une grande puissance peut être renversé. C’est la réalité du nouvel ordre mondial qui se dessine, sans faux-semblants. Et l’Europe regarde ailleurs. Car la France aussi est concernée. La Guyane française est en première ligne d’un trafic massif, avec plus de la moitié de la cocaïne consommée en France transitant par cette zone avant de remonter par les Antilles. Paris aurait pu agir, aurait dû agir. Elle ne l’a pas fait. Pendant que Washington assume ses intérêts, la France subit. Le monde change. Les empires avancent. Et ceux qui refusent de regarder la réalité en face la paient toujours plus cher.

















