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08H35 - vendredi 16 décembre 2022

L’Iran perd son sang. La France ne peut détourner son regard. L’appel aux Français d’Engareh Alirezaï

 

Voilà trois mois que l’Iran connaît des manifestations sans précédent qui ont démarré par la mort d’une étudiante kurde de 22 ans, Mahsa Amini, après son arrestation pour « port de vêtements inappropriés », parce qu’une mèche de cheveux dépassait de son voile. Elle a été battue à mort par la police des mœurs.

Cela fait 43 ans que des femmes comme Mahsa Amini se font régulièrement tuer, après avoir été battues, voire violées.

Dans l’Iran des mollahs, la femme est un citoyen de seconde zone et sa vie ne vaut pas plus que la moitié de celle d’un homme. Les femmes doivent se cacher et être rabaissées.

Les hommes sont également victimes de ce régime. Ils ne doivent pas porter de t-shirt trop « américain », chanter, ou danser.

Les artistes et intellectuels sont arrêtés, torturés et nombre d’entre eux exécutés.

Les opposants politiques subissent le même sort.

Pire, le régime islamique d’Iran vole le peuple d’Iran. L’inflation est à plus de 60 % aujourd’hui et cela fait déjà quelques années que les Iraniens ont du mal à se nourrir convenablement, alors que le gouvernement, les bassidjis, les pastarans et tous ceux qui ont un lien avec le régime volent l’argent du peuple.

Ceux qui tuent pour une mèche de cheveux qui dépasse ont leurs propres enfants qui vivent en Occident,  qui boivent. Leurs filles sont en mini jupes, et aucune de leur progéniture ne sait parler l’iranien !

Et depuis 43 ans, lorsque des Iraniens ont voulu contester cette injustice et se révolter, ils ont été systématiquement arrêtés, torturés, puis tués.

Ne souhaitant ni pouvant lister exhaustivement les tortures infligées, nous pouvons citer quelques exemples pour permettre d’illustrer l’horreur qu’inflige le Régime Islamique :

  • les tortionnaires brisent les doigts, les mains, les jambes, et autres membres, avec ou sans objet ;
  • les viols, commis tant sur les hommes que sur les femmes, sont filmés, et sont souvent faits avec des objets, contendants notamment ;
  • les corps sont suspendus à l’envers, un côté incisé, et du sel est versé dessus.

Nombre d’entre les victimes de ce régime se suicident ensuite. Et leurs familles n’ont même pas le droit de récupérer leurs corps, on leur interdit de faire le deuil au risque de subir la même sentence.

Et lorsque le corps est rendu, c’est dans un bloc de béton, afin que les familles ne puissent pas témoigner des tortures que les prisons commettent.

Ce régime terroriste a su garder ainsi pendant 43 ans le peuple iranien craintif, lui permettant de maintenir sa position.

 

Des violences incessantes depuis trois mois

Mais la mort de Mahsa Amini était le crime de trop pour les Iraniennes, mais aussi les Iraniens, qui ont décidé de ne plus avoir peur, et, au risque de leur vie, libérer l’Iran, sinon pour eux, le faire pour leurs proches.

Car la vie qu’ils mènent là-bas n’est pas une vie. Ils avaient perdu tout espoir et n’avaient plus rien à perdre.

Les kurdes se sont soulevés, le reste de la population iranienne a immédiatement suivi.

Ce combat ne s’essoufflera pas tant que le régime ne sera pas tombé. Il s’agit désormais d’une Révolution. Les Iraniens du monde entier ne se sentiront plus libres tant que l’Iran ne sera pas libérée et ce, malgré́ la répression sanglante sans limite.

Cet énième évènement a mis en lumière aux yeux de tous la brutalité et l’injustice de la police de la moralité́, liée à l’oppression du régime en place depuis 1979.

Depuis le 16 septembre, le régime multiplie les violences contre le peuple.

Le régime islamique n’hésite pas à tuer des enfants, pour faire peur à leurs parents parce qu’ils soutiennent la Révolution.

Ces meurtriers n’hésitent pas à asséner des dizaines de coups de couteau aux manifestants pourtant pacifiques, ils n’hésitent pas à rouer de coups les jeunes étudiants, à leur rouler dessus en moto et finir par leur tirer dessus à balle réelle, impunément, dans la rue.

Sans parler des tortures évoquées précédemment, que subissent les dizaines de milliers de prisonniers, avant d’être condamnés à mort.

Les forces de police sont payées une fortune pour cela et ont carte blanche pour effectuer tous les sévices qu’elles veulent.

Le régime a menacé d’exterminer les peuples kurdes et les balouches. Au prétexte qu’ils sont des opposants au régime ou parce qu’il s’agit d’une minorité sunnite. Ces menaces sont mises à exécution depuis plus de trois semaines. Les gens se font tuer chez eux, notamment avec des armes comportant des munitions françaises, et leurs maisons sont saccagées voire détruites.  

Les Iraniens se sont mobilisés durant une grève de 3 jours (du lundi 5 au mercredi 7 décembre 2022), tout corps de métiers confondus, fermant les commerces et évitant toute transaction bancaire.

Les universitaires ont entamé cette grève, qui était annoncée, et a conduit le Régime Islamique à les réprimer. On rapporte des témoignages d’empoisonnement de jeunes et même d’écolières dans les cantines des établissements mobilisés.

Des manifestants, bien que pacifiques, qui ont été arrêtés, ont été tour à tour condamné à mort.

Le régime islamique a déjà commencé l’exécution des premiers condamnés :

  • le 8 décembre, Mohsen SHEKARI, 23 ans a été exécuté : le régime Islamique a indiqué à sa famille qu’en cas de silence de leur part, pour éviter toute manifestation autour de la condamnation de ce prisonnier, Mohsen SHEKARI serait prochainement libéré. A la place, sa mère a reçu un coup de fil pour lui annoncer qu’il venait d’être exécuté, pour inimitié envers Dieu.
  • Le 12 décembre, Majid Reza RAHNAVARD, 23 ans a subi la même sentence, et la famille n’a même pas pu récupérer son corps. Majid avait la main brisée, torturé pour l’obliger à écrire des aveux de culpabilité. Il n’avait que manifesté dans la rue.

 

Appel aux Français

Alors, peuple français, et à travers vous la communauté internationale, nous avons besoin de vous. Nous sollicitons votre aide aujourd’hui, en faisant appel à votre humanité.

Il ne s’agit pas d’un débat politique ni religieux.

Il s’agit de vies bafouées et massacrées, arbitrairement.

Il s’agit de tous ces enfants tués par balle et ces jeunes, torturés, violés puis tués pour avoir klaxonné dans la rue.

Il s’agit de leurs mères qui se suicident.

Et que fait Monsieur Macron ? En trois mois, notre président a prononcé deux phrases dans une émission de télévision, rencontré 4 femmes iraniennes de la diaspora pendant 90 mn et co-décidé avec l’Union Européenne de timides sanctions sur 44 personnalités et organisations du régime.

Et dire que notre président a osé rencontrer le président illégitime d’Iran, Raissi, également à l’origine de ces atrocités, à New York à l’ONU début septembre.

La France doit cesser toute relation diplomatique avec ce régime sanguinaire et expulser tous ses représentants et complices en France. Tous ces gens doivent partir de France.

L’Iran, héritier de la Perse, est le berceau de la civilisation. Il y a 25 siècles, Cyrus lançait la première Déclaration des droits de l’Homme.

Son peuple s’est toujours battu pour sa liberté et son épanouissement.

Cet épisode est une autre étape à franchir afin de retrouver son rayonnement et la grandeur de l’Iran d’antan.

La France est le pays des droits de l’Homme et a un passé amical de partage, de culture avec l’Iran.

La France ne peut rester insensible et inactive devant ce massacre et la possibilité qu’a l’Iran de pouvoir enfin vivre paisiblement au sein d’une démocratie.

Une telle démocratie pacifierait et apaiserait le Moyen et Proche-Orient.

Nous aspirons tous à un monde meilleur, en France comme en Iran et ailleurs.

Alors ne détournons pas le regard.

FEMME VIE LIBERTE

 

Engareh Alirezaï

Citoyenne française d’origine iranienne, chef de rubrique « Iran, c’est une Révolution ! » d’Opinion Internationale

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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