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16H29 - samedi 16 avril 2022
France

Les silences d’Ogliano d’Elena Piacentini (Actes Sud), Prix 2022 de la Closerie des Lilas

 

@jeanpicon

Et le prix 2022 de la closerie des Lilas, présidé par Laure Adler est décerné à ….. Elena Piacenti pour « Les silences d’Ogliano » (Actes Sud). Crée en 2007, le Prix de la Closerie des Lilas a pour objectif de faire connaître une littérature féminine de qualité. Chaque année il couronne une romancière de langue française dont l’ouvrage paraît entre janvier et mars. Cette année le Prix de la Closerie des Lilas fête ses 15 ans. Rencontre d’Anne Bassi, notre chroniqueuse littéraire, avec la lauréate 2022.

 

Anne Bassi : J’ai adoré votre livre parce que j’adore le thème des secrets de famille. Votre façon de valoriser le silence dans les secrets, – un silence très lourd, est très belle. Pourquoi avez-vous choisi ce thème ?

Elena Piacentini : Ce sont des silences mais ce sont parfois des renoncements, ce sont surtout pur moi des symptômes d’une domination qui est donnée : si on parle, on peut perdre un appui. Donc ces silences disent aussi qu’il y a une partie de la population qui est sous la coupe d’une autre. Ces silences parlent aussi d’un grand silence assourdissant qui est celui de la justice. Pour moi, le premier silence il est là.

Votre roman se passe en Corse mais on ne le dirait pas.

Je n’ai pas voulu le situer géographiquement, il pourrait se situer en Sardaigne, en Sicile, en Calabre, dans les Pouilles.

Quand je lisais votre livre j’avais en effet l’impression d’être dans les montagnes de Sicile.

Oui ça ne m’étonne pas. J’ai emprunté un peu à la géographie de la Sardaigne, j’ai lu beaucoup de choses et il y a aussi des choses qui sont de mon Sud à moi, des histoires de mon enfance que j’ai retravaillées.

J’ai été marquée par le livre Le retour du principe d’un juge qui s’appelle Roberto Scarpinato qui étudie et dissèque l’Italie et qui, en parlant de la mafia, dit qu’elle n’est pas extérieure à l’Italie. La mafia c’est l’Italie car le premier exercice du pouvoir se fait comme ça au niveau de l’État. C’est aussi pour cela qu’il y a Antigone parce qu’elle interroge la légitimité de l’État. Ce juge a une réflexion que je trouve très actuelle. Et que dans un pays où Machiavel est un héros, est-ce que tricher et mentir ce sont encore des vices ou est-ce que ce sont des vertus ? Et donc, dans cette espèce de marigot, les petits essaient de s’en sortir comme ils peuvent.

Mais je n’ai pas voulu situer mon roman pour que chaque lecteur puisse se projeter dans son propre Sud parce que finalement les mécanismes sont les mêmes partout.

Heureuse de recevoir le Prix de la Closerie des Lilas ?

C’est un bonheur d’abord parce que c’est une reconnaissance de mon travail mais c’est aussi un bonheur par procuration pour mon éditeur qui m’a fait confiance et surtout pour mes filles qui m’ont grandement encouragée à publier ce roman que j’hésitais à publier et pour lequel j’avais beaucoup de doutes.

Le prochain roman est-il déjà écrit ?

Non, il est dans ma tête mais il faut que le monde se calme un peu ou en tout cas que j’arrive à m’en extraire un peu pour pouvoir proposer une bulle où on parle du monde mais dans un environnement qui nous en protège.

Dans ce roman, on sent aussi votre tendance polar.

Oui certainement.  Le polar c’est un genre qui permet de parler du monde tel qu’il est et tel qu’il ne va pas bien.

Propos recueillis par Anne Bassi, fondatrice de Sachinka et chroniqueuse littéraire.

 

@jeanpicon

Elles mériteraient bien la Une de notre rubrique « Sois belle et ouvre la » ? Emmanuelle de Boysson, Adélaïde de Clermont-Tonnerre, Carole Chrétiennot, Stéphanie Janicot, Jessica Nelson et Tatiana de Rosnay, initiatrices du Prix de la Closerie des Lilas, ont décerné avec un jury invité composé de Laure Adler, Sarah Biasini, Sandrine Collette, Salomé Lelouch, Anne Parillaud, Barbara Pravi, Laura Smet, ont élu à 8 voix, Eléna Piacentini pour Les Silences d’Ogliano (Actes Sud), contre 5 voix à Hélène Gestern pour 555 (Arléa).

En partenariat notamment avec la maison Montblanc, ce Prix s’inscrit dans les pas des grandes heures qui font de la Closerie des Lilas un the-place-to-be depuis plus d’un siècle. Ce n’est pas Frédéric Beigbeder, animateur endiablé de la Soirée de ce beau Prix littéraire, qui nous démentira. Tiens, décernons-lui un « Sois beau et ouvre la » !

Entre champagne (excellent !), retrouvailles post-Covid, salutations à l’équipe du restaurant (Malek et les autres…), Amélie Nothomb nous a confié son inquiétude pour l’élection présidentielle de dimanche 24 avril.

Car franchement à Marine Le Pen, qu’elle arrive ou non au pouvoir, pas de « Sois belle et ouvre la » !

Michel Taube, fondateur d’Opinion Internationale

 

 

 

 

 

 

RDV mardi 26 avril pour le Live du Mardi avec Opinion Internationale

Je m’inscris Mardi 26 avril à 19h sur Zoom : bilan de l’élection présidentielle : lancement de la rubrique « Solutions pour la France » avec Patrick Pilcer, Philippe Latombe et des décideurs engagés au coeur d el’actualité.

 

Présidente de Sachinka, chroniqueuse littéraire