Sur vos écrans
11H08 - mardi 6 juillet 2021

Un président « Black lives matter » sur la Croisette

 

© Photographie de Spike Lee avec l’autorisation de Bob Peterson & Nike
© Hartland Villa Graphisme

Après une année de disette, et un décalage inédit, les regards vont pouvoir à nouveau se tourner vers la Croisette. Les stars monteront le mythique tapis rouge, les soirées se prolongeront sur les yachts jusqu’au petit matin, les projections s’enchaineront (masquées tout de même), les badauds feront signer des autographes, bref, la Croisette est prête !

Le bord de mer, les palmiers et les écrans noirs attendent la sélection officielle, comme toujours prometteuse et scandaleuse, pleine de surprises et d’habitués. 

Spike Lee se prêtera au jeu de chef d’orchestre du jury, posant son regard curieux sur ses collègues cinéastes venus présenter leurs œuvres, leurs mondes, leurs histoires. Son regard, très personnel, il l’exerce depuis son premier film, Nola Darling n’en fait qu’à sa tête, une satire sentimentale tournée en noir et blanc en 1985. Il y bousculait le cinéma avec son style unique, mélange habile de culture urbaine et populaire. Auteur avant tout puisqu’il ne tourne quasiment que ses propres scénarios, l’enfant de Brooklyn a enchainé avec Do the Right Thing, s’invitant pour la première fois sur les marchés du Palais des Festivals, escorté de son humour corrosif. Il y reviendra à de nombreuses reprises, en 1991 pour Jungle Fever, en tant que réalisateur, mais aussi interprète, puis en 2002 à Un Certain Regard avec Ten Minutes Older et enfin en 2018 pour le très remarqué Blackkklansman qui parvient à mêler le rire caustique des 1970’s et angoisse de l’avenir. L’identité noire et sa place dans la société américaine est un fil conducteur de l’ensemble de son œuvre. Et, aussi surprenant que cela puisse être, Spike Lee sera le tout premier président noir du Festival de Cannes. Les combats du réalisateur de Malcolm X ont encore de beaux jours devant eux…

Éternel teenager avec sa casquette, ses baskets et ses grosses lunettes qui lui donnent un air facétieux, intransigeant et provocant, on sait que Spike Lee aura un avis sans concession sur les films présentés. A ses côtés, on trouvera la réalisatrice franco-sénégalaise Mati Diop, la chanteuse Mylène Farmer, Maggie Gyllenhall qui fait le grand écart entre les blockbusters (Dark Knight) et les films indépendants (Away we go). Seront également présents parmi les membres du jury la réalisatrice et productrice (méconnue) autrichienne Jessica Hausner, l’actrice française Mélanie Laurent, le brésilien Kleber Mendonça Filho, le césarisé Tahar Rahim (Un prophète) et enfin le sud-coréen Song Kang-Ho, détective incompétent dans le célèbre Memories of Murder et surtout père de famille dans Parasite. 

Avec ce jury éclectique, et un président au regard facétieux qui malgré ses révoltes ne néglige jamais le divertissement, et si, pour changer, la palme ne revenait pas à un drame ?

 

Deborah Rudetzki

 

 

 

 

 

 

 

 

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