La chronique de Jean-Philippe de Garate
09H02 - vendredi 21 août 2020

Le coq et le pigeon : chronique pour une nouvelle époque de Jean-Philippe de Garate

 

Il était une fois un coq. Sa poule donna naissance à de jolis petits poulets. Certains grandirent, d’autres demeurèrent des poulets qui en voyaient de toutes les couleurs et en firent voir de toutes les couleurs à leurs parents, qui se dépensaient beaucoup pour eux. Et qui aussi, parfois, se fatiguaient d’eux.

Parmi les grands, un président français, récemment décédé, qui devint un vrai érudit. Si érudit que cet « inconnu de l’Elysée », selon la formule si juste de Pierre Péan, avait choisi de passer pour un beauf qui ne picorait plus mais s’enfournait des platées de charcuteries dont il se désaltérait par – ça ne s’invente pas en cette sombre année 2020 – de la Corona…

Ce n’était qu’apparence : abonné du musée Guimet, il apprit à aimer et surtout respecter l’Asie, et plus particulièrement l’Extrême-Orient. Tout Paris, à commencer par le magistrat Gilbert Flam, connaît la vérité sur son Japon, qui ne se réduisait pas aux sumos. Et cet érudit passait aussi, on le sait, pour un vrai expert en céramique chinoise, tout en s’avérant un « dévoreur de femmes ». À la plaisanterie qu’on ne répétera pas ici sur les « dix minutes, douche comprise », on peut préférer le sombre portrait de l’éternel célibataire – lui aussi expert en céramiques, céladons et coupes noires entre deux aventures juponnières-, « L’éternel célibataire »,  nouvelle de Conan Doyle, même si elle peut sembler malvenue.

Pour autant, la fable du coq devenu pigeon est terrifiante. La France a bien accepté, contre l’avis de ses services de sécurité, adossés à l’expertise américaine, de construire un laboratoire P 4. Dans ce centre de virologie devaient se succéder une cinquantaine de scientifiques français. Aucun n’a jamais été admis, et ce refus confortait le Conseil des Cent de l’Institut Pasteur qui avait émis de sérieux doutes dont le gouvernement Raffarin – sinophile converti s’il en est – n’a tenu nul compte. Tout cela est connu. Ce qui l’est moins, c’est le nom du ministre, actuel commissaire européen signataire de l’accord. Aujourd’hui, par le plus adéquat des hasards, le barrage -qui surplombe la vallée et la ville où se trouvent les (en réalité deux) laboratoires- peut céder, et on oubliera les victimes, comme on déplorera les preuves inondées, dispersées, désormais hors de portée. L’ouvrage d’Alain Bauer, expert en sécurité nationale qu’on ne présente plus, et du Docteur Rocher Dachez, président de l’Institut Alfred Fournier, « Comment vivre au temps du Coronavirus », est riche de références…

Comme eux, je ne crois pas à l’innocence, dès lors qu’on plonge dans le monde de Machiavel et de Tseu-Hi. Et comme Français, comme Européen, je suis fatigué des leçons qui nous sont données par de bien piètres écoliers.

Pour s’assurer de la réalité de « ce qui se passe », et mettre à distance sentiments et ressentiment, oublions un instant notre coq et observons l’aigle.

L’Allemagne de Guillaume II disposait depuis l’extrême-fin du XIXème siècle d’un comptoir colonial dans l’Empire du Milieu, un port de la mer jaune d’où sortit en 1903 une bière portant son nom, Tsin Tao. Des décennies plus tard, sous l’impulsion de Deng-Xiaoping, l’ouverture de la Chine désormais peuplée d’un milliard et demi d’hommes et de femmes formatés par le maoïsme et le post-maoïsme, certaines brasseurs allemands furent appelés à revenir. Mais on le sait aujourd’hui, parce que le temps demeure la meilleure mesure, les transferts de technologie furent sans retour, sans réelle contrepartie. Et nos voisins plus rigoureux que nous en tirèrent les conséquences. Le coq est depuis deux décennies considéré par les prédateurs comme le ventre mou de l’Occident : la médecine, la recherche médicale ou ce qui a été présenté comme tel, ce n’est pourtant pas « de la petite bière ».

Il faut donner aux choses leur nom : ici, folie. Raffarin n’a pas mesuré certaines données, pas seulement celles connues depuis des siècles, mais d’autres, rendues exponentielles par une série de nouveaux facteurs. En un mot, le village mondial n’est pas celui d’Astérix, ni le Conseil régional de Charente-Poitou, c’est le moins qu’on puisse en dire. Qu’on retienne cette mise au point « On a vu des cyberattaques, dont nous connaissons l’origine. Et aussi de la désinformation. Et on a une idée de l’endroit d’où elle vient. Et nous ne la tolérons pas ». Signé Ursula von der Leyen.

Le coq devient également pigeon dans un autre domaine et pas le moindre. La fille aînée de l’Eglise a voulu retirer sa robe et passer à la mini-jupe laïque : bon ! Mais Sainte Sophie, où fut hissée la Croix du Christ par le Basile Héraclius, Sainte Sophie, construite dans la ville de Constantin, premier empereur romain chrétien, ce lieu si exceptionnel, désormais convertie… Et si la France convertissait la grande mosquée de Paris en musée ? Qu’en penserait Atatürk ? Tôt ou tard, notre coq devra s’interroger « sur ce qui se passe » sous ses ergots. On n’évoquera pas le fumier, parce que le terme est impropre. Car pour autant, le coq ne sait pas voler. Mué en pigeon, il peut s’échapper dans les airs, sans voir qu’il ne mouline désormais que du vide.

 

Jean-Philippe de Garate

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