Ensemble contre le coronavirus
12H00 - jeudi 30 avril 2020

Nous voulons sortir de la crise ? Gloire au travail ! La chronique de Patrick Pilcer

 

Cet article est paru le18 avril 2020.

La sortie du confinement est à présent en ligne de mire. Le 11 mai, a priori, on devrait commencer à entrevoir le bout du tunnel, à moins que ce ne soit les phares du train qui vient en face. Mais normalement, en France, bien après l’Autriche, la Suisse, l’Allemagne, les écoliers vont pouvoir retrouver le chemin des écoles et les travailleurs celui de leur entreprise, et il est temps !

Chacun commence à réfléchir au Jour d‘Après. « Rien ne sera plus comme avant » ; « il faut changer de logiciel », il est vrai que la version 2020 comporte quelques virus redoutables ; « la santé avant tout », alors qu’on laisse les bureaux de tabac ouverts, comme si mourir d’un cancer du poumon était plus acceptable que d’un virus ; « Imaginons demain sans le carcan de la pensée unique d’hier », etc…

Pourtant, quand on regarde les débuts de solutions proposées, toutes font appel à la pensée qu’avait la personne qui imagine la solution avant crise. L’écologiste politique va prôner le retour à la terre, la décroissance économique ; le souverainiste va pousser pour le retour aux frontières, le repli sur soi ; le syndicaliste va revendiquer une revalorisation des salaires ; l’employeur va demander une baisse des charges et des impôts ainsi que la fin des 35 heures ; ici, on cogite sur le revenu universel, là sur l’hélicoptère monétaire. Chacun ira de sa solution, et, si on oublie, essayons, la pandémie, les propositions sont quasi-identiques à ce que la personne qui les formule aurait pu dire avant crise. Et toutes nous disent en chœur, je vous l’avais bien dit ! Le Jour d’Après pourrait ressembler à un Jour sans Fin…

Essayons toutefois de regarder ce que nous enseigne cette pandémie. Tout d’abord, tous les pays ne sont pas logés à la même enseigne. Je citais la sortie du confinement en Allemagne, en Suisse, en Autriche, j’aurais pu ajouter au Danemark, en Corée du Sud, en Israël, voire aux Etats-Unis. Le confinement n’a pas été le même qu’en France, et le nombre de morts n’a pas été le même non plus. Corrélation n’est pas causalité, mais la réalité est que les pays où la dette publique rapportée au PIB est plus forte confinent plus, plus longtemps et avec un nombre de décès rapporté à la population plus élevé. Après tout, il est logique quelque part que les pays moins endettés aient pu ces dernières années investir plus et mieux dans leur système de santé, dans leur capacité à répondre aux urgences sanitaires, dans leur nombre de lits dans les unités de réanimation, dans l’efficacité de leurs administrations. Constatons également que ces mêmes pays n’ont pas connu un ministère du temps libre, les 35 heures et RTT à profusion, ni de nombreux partisans du revenu universel.

En somme, les pays qui sortiront plus forts de la pandémie sont ceux qui y sont rentrés plus forts également. Logique. Les pays où le travail n’est pas considéré comme un outil de torture mais comme un moyen d’émancipation, comme par hasard, résistent mieux, et ont moins de morts à pleurer. En France, depuis les années soixante-dix, on sait que le travail c’est la santé, ne rien faire, c’est la préserver ! La santé est devenue la valeur suprême, alors que nous devrions nous rappeler de la devise de notre République, Liberté Egalité Fraternité. Ne la transformons pas en Santé Sécurité Charité !

L’Europe dite du Nord, l’Europe la moins endettée, l’Europe qui vante les mérites du travail au bout du compte s’en sort mieux que l’Europe du Sud, celle souvent qualifiée de ClubMed. La France était jusqu’à cette crise dans un entre deux, à la fois, en même temps plutôt, dans l’Europe du Sud et dans celle du Nord, selon les moments et les critères. Face à cette crise, si nous ne voulons pas sombrer, si nous préférons que notre économie demeure l’une des plus compétitives, si nous voulons pouvoir demain emprunter encore  à des taux négatifs ou nuls, il nous faut, coûte que coûte, rester dans le camp de l’Europe du Nord, et résister à la tentation d’être un GO, un Gentil Organisateur.

Quelle peut être alors notre boussole, notre guide, notre étoile du berger ? je suggère la valeur Travail. Il nous faut réapprendre à glorifier le travail. Il nous faut en finir avec la mentalité de la réduction du temps de travail, avec la pseudo solution, mortifère, du revenu universel, avec l’idée que travail égale souffrance, mais considérer au contraire le travail comme la meilleure façon de s’émanciper, de se réaliser, de progresser, d’être humain, de vivre, de faire vivre Liberté Egalité Fraternité. Il est grand temps d’orienter notre vie économique vers le Nord, vers l’Etoile du Berger, vers la glorification du Travail.

Au gouvernement de trouver les moyens de cette réorientation, par exemple par la revalorisation des salaires en diminuant les charges énormes qui pèsent sur le travail, en éliminant les impôts dits de production, en permettant aux employés de travailler plus et de gagner plus, en arrêtant les chimères du salaire universel, en remettant au plus vite la France au travail !

Gloire au Travail ! 

Patrick Pilcer

Conseil et Expert sur les Marchés Financiers

 

 

 

 

 

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