Ensemble contre le coronavirus
11H22 - jeudi 16 avril 2020

Dans le Lot-et-Garonne et partout en France, le tourisme à réinventer, par Jean-François Blanchet et Didier Benedetti

 

Jean-François Blanchet et Didier Benedetti, président et vice-président de l’UMIH 47 (Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie du Lot-et-Garonne) proposent de préparer dès maintenant l’après crise du coronavirus dans le secteur le plus touché : le tourisme.

La filière CHRD (Cafés-Hôtels-Restaurants-Discothèques) en Lot et Garonne représente 651 entreprises pour un chiffre d’affaire de 190 millions d’euros et 2225 emplois soit 63% des emplois directs du tourisme dans le département 47.

Toutes ces entreprises sont aujourd’hui à l’arrêt et sous perfusion de trésorerie. Cela ne peut pas durer longtemps sans quoi nous allons nous retrouver face à une série de faillites. 32% des hôtels et restaurants risquent de ne pas passer le cap de la crise économique.

D’où la nécessité de mettre en place un plan de sauvegarde d’urgence ainsi que de définir un plan de relance pour réinventer le « Tourisme d’Après ».

 

Le plan d’urgence                                                                                                      

Aujourd’hui les hôtels et restaurants sont confrontés à un grave problème de trésorerie. Difficile pour beaucoup de payer leurs salariés, c’est pourtant ce que nous demande l’Etat en attendant le chômage partiel dont la procédure s’avère chaotique.

A peine 50% des entreprises ont eu les codes leur permettant de demander l’indemnisation. Difficile aussi de payer les charges, les emprunts garantis par l’Etat sont une charge supplémentaire et ne sont pas une solution idéale car il faudra les rembourser alors que nos entreprises ont été déjà fragilisées par des mois de « Gilets Jaunes » et des grèves. Ce qui risque donc d’handicaper les investissements, les réparations éventuelles, les embauches… Ce sont donc des charges supplémentaires que ne pourront pas absorber nos entreprises.

La seule bonne solution serait de mettre en place un fonds d’indemnisation avec la reconnaissance par l’Etat de catastrophe sanitaire permettant de subvenir en urgence aux graves pertes d’exploitations que subissent nos entreprises.

Ce Fonds pourrait être alimenté par les Compagnies d’Assurances, l’Etat, les Recettes des Taxes de Séjours mutualisées au niveau national, et, par la taxation des OTAs (Booking, Expédia, Air bnb…).

Au niveau des assurances, ce dispositif reposerait sur un mécanisme de fongibilité permettant de puiser sur les fonds des sinistres les moins mobilisés pendant la période de crise pour couvrir les besoins en perte d’exploitation.

Nous demandons enfin la reconnaissance juridique pleine et entière par l’Etat de Catastrophe Sanitaire.

 

Le tourisme d’après Covid-19

L’organisation mondiale du tourisme (OMT) estime que cette crise va faire perdre entre 5 et 7 ans de croissance au secteur.

Cela va accélérer les mutations vers un tourisme plus durable, plus « vert », sauf que les acteurs du tourisme d’aujourd’hui n’ont plus les fonds propres pour adapter l’offre à cette nouvelle demande, il faudra un plan Marshall pour aider à franchir ce cap qui pourrait intégrer les propositions suivantes :

  • La création d’un fonds d’investissement porté par l’Europe, l’Etat, les Régions et les Départements qui devra soutenir nos entreprises à s’adapter à ces nouvelles attentes.
  • La création au niveau national d’une véritable Agence de Voyages en ligne (OTA) pour commercialiser la « DESTINATION FRANCE » et concurrencer efficacement les OTAs tels que Booking. Cette agence pourrait être portée par une structure mixte (Public Privé) et financée par les recettes des Taxes de Séjour qui devront être perçues au niveau national et non plus local ainsi que par les commissions prises sur les réservations.
  • Développer le tourisme en mettant en avant les richesses de nos terroirs et en demandant de simplifier la gouvernance tourisme au niveau local, en réduisant le mille-feuille territorial (Office de Tourisme, CDT, et CRT) ; ainsi, l’offre touristique gagnerait en efficacité, en compétitivité et en visibilité.
  • Mettre un terme au commerce illégal qui ne respecte ni les obligations législatives et règlementaires.
  • Agir pour le développement durable en soutenant la proximité entre producteurs locaux et restaurateurs et en trouvant des solutions locales moins onéreuses pour accompagner les établissements dans la mise en place du tri, de la collecte et de la valorisation des déchets.
  • Promouvoir l’apprentissage en collaboration avec nos centres de formation qui sont indispensables à l’évolution de nos entreprises.
  • Développer la création de formations innovantes de courte durée, afin de pouvoir disposer d’un personnel qualifié dans nos métiers de services.

Pour l’instant, notre secteur d’activité se trouve toujours dans le brouillard. Emmanuel Macron l’a annoncé, pas de redémarrage pour nous même le 11 mai, alors que dans le même temps on autorisé la réouverture des écoles et des cantines. Ou est la cohérence ? 

Nous ne savons rien non plus du plan de relance (de rebond dit Gérard Darmanin)‎ que le gouvernement prépare et qui ne doit pas se limiter à un report de nos charges mais à une indemnisation complète de nos pertes d’exploitation. De son contenu dépend la vie de milliers de nos entreprises qui pour l’heure s’avère être plus que les autres les vraies victimes de la crise économiques du coronavirus. Mrs les politiques il est urgent maintenant d’agir. 

 

Jean-François Blanchet, président 

 

 

 

 

 

 

Didier Benedetti, vice-président

 

 

 

 

 

UMIH 47

Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie du Lot-et-Garonne

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