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07H41 - mercredi 28 décembre 2016

Rétrospective 2016 : « Interview exclusive de Hashim Thaçi, nouveau président du Kosovo : « La Serbie et le Kosovo, ce n’est pas comme la France et l’Allemagne à une époque » (article du 14 avril 2016)

mercredi 28 décembre 2016 - 07H41

Jusqu’au 3 janvier 2017, Opinion Internationale publie une sélection d »articles parus en 2016 sur des événements ou des enjeux qui ont marqué l’année qui s’achève. Une façon pour nous de vous souhaiter de très bonnes fêtes de fin 2016 et de vous donner rendez-vous début 2017 pour une nouvelle année.

Article paru le 14 avril 2016 :

 

Hashim Thaçi, homme à la parole mesurée, dirigera le pays le plus complexe des Balkans. Personnage le plus connu du Kosovo d’aujourd’hui, le nouveau président, investi samedi 9 avril, a accordé sa toute première interview de son mandat à Opinion Internationale.

Un entretien exclusif accordé à Harold Hyman, rédacteur en chef Monde, et Stéphanie Petit, journaliste reporter d’images.

 

 

Avec son 1,9 million d’habitants, sur 10 000 km2 (1 000 km2 de plus que la Corse), cette République du Kosovo est née en 2008, autoproclamée sous bénédiction américaine, française, britannique, allemande, canadienne, et de presque tous les membres de l’Otan. Insérée dans la Serbie yougoslave, elle sortit de l’oubli par sa lutte entre la population ethniquement albanaise et la domination ethnique de l’État yougoslave post-Tito dès le début des années 1990. Ce peuple montagnard, appelé kosovar, ne dut son salut qu’à l’intervention aérienne massive de l’aviation de Otan (surtout américaine, britannique et française) qui paralysa en 1998-1999 l’armée serbe et empêcha l’expulsion de masse des Albanais, projet de Milosevic. La République d’Albanie voisine, militairement insignifiante, comme la résistance interne des Albanais ethniques, ne pouvaient stopper cette tentative de serbisation massive sans cet appui aérien.

 

Aujourd’hui, les institutions de la République du Kosovo fonctionnent, après une tutelle d’une quinzaine d’années de l’Onu — UNMIK du nom de la mission —, qui exerça les pouvoirs de police avec la jeune police kosovare, et une présence ininterrompue de troupes de l’Otan, organisée dans la KFOR (Kosovo Force) garante à la fois du non-retour de l’armée serbe et de la minorité serbe (de 15 % en 1999 elle est tombée à 6 %). Aujourd’hui encore, il reste quelques milliers de soldats de la KFOR, les 300 derniers Français s’étant retirés en 2014 (le pic était de 6 000 en 1999). Les institutions judiciaires sont encore sous une espèce de tutelle européenne appelée Eulex avec plus de 1 000 fonctionnaires détachés, dont bon nombre de juges.

 

Un État encore en transition vers la pleine souveraineté effective, même si le plus gros du travail est fait. Un bon tiers des États du monde ne reconnaît pas le Kosovo, pour des raisons évidentes (Serbie, Russie) et plus indirectes (Espagne, Chypre). Le président de la République du Kosovo est élu par le Parlement, dans un régime semi-présidentiel. Hashim Thaçi, chef de l’Armée de libération du Kosovo (UÇK), a fondé un parti, le Parti démocratique du Kosovo, et vient de succéder à la première présidente non démissionnaire. Hashim Thaçi a longtemps traîné une accusation de trafic d’organes de prisonniers serbes pendant la guerre, mais aucun procureur ne l’a inculpé, et la controverse s’est éteinte. Le climat politique est plutôt secoué par une gauche radicale anarchisante appelée Vetëvendosje (Autodétermination), le PDK, parti de la non-violence, la Ligue pour la démocratie du Kosovo, et des partis ethniques serbes.

Le climat économique est mitigé dans le pays, les candidats au départ sont nombreux, surtout vers l’Allemagne, l’Autriche, la Suisse, les Pays-Bas et la Scandinavie. Diplomatiquement, les Kosovars sont soumis à visa pour l’immense majorité de leurs déplacements. L’État serbe s’oppose aux avancées internationales du Kosovo, par une longue et usante lutte qui empêche les deux pays de postuler à l’entrée dans l’UE. 

Le nouveau de la Président de la République, Hashim Thaçi, aborde tous ces enjeux dans l’entretien qu’il a accordé à Opinion Internationale.

 

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