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10H03 - vendredi 20 mai 2016

Chronique des libertés – 20 mai 2016

 

Le gouvernement thaïlandais ferme une île aux touristes

Bateau de plongeurs au large des îles Similan - Crédit photo : Hanumanix, Wikimedia Commons

Bateau de plongeurs au large des îles Similan – Crédit photo : Hanumanix, Wikimedia Commons

L’île de Koh Tachai est une des destinations préférées des touristes en Thaïlande. Elle est notamment prisée pour ses plages de sable blanc, et ses fonds marins attirent de nombreux plongeurs. Pourtant ce petit coin de paradis n’est désormais plus accessible aux visiteurs. La saison touristique s’est achevée le 15 mai et ne reprendra pas en octobre comme c’est d’habitude le cas.

La raison de cette fermeture ? La circulation intensive des touristes a eu un grave impact environnemental et causé de nombreux dégâts sur la faune et la flore. L’île qui n’aurait dû accueillir qu’une soixantaine de touristes à la fois selon le gouvernement en voyait plusieurs centaines arpenter ses plages et fouiller ses récifs, menaçant notamment une espèce rare de coraux bleus. Le gouvernement a donc choisi de laisser à l’île le temps de se régénérer. Pour l’instant, aucune date de réouverture n’a été donnée.

 

Inquiétante progression de l’État islamique en Libye

Membres libyens de l'Etat islamique - Capture d'écran Youtube

Membres libyens de l’Etat islamique – Capture d’écran Youtube

Ces dernières semaines, les partisans libyens de Daech ont marqué une nette avancée. Partis de Syrte, la ville qui a vu naître et mourir l’ancien dictateur Mouammar Kadhafi, ils ont lentement conquis le littoral jusqu’à en occuper un dixième. Contrairement à l’Irak et la Syrie où l’État islamique est sous la pression constante des coalitions russes et américaines, la Libye est propice à son implantation : assisté d’une police dépassée par les contestations, le gouvernement d’union nationale de Fayez al-Sarraj peine à asseoir son autorité. 32 soldats des forces régulières ont été tués lors d’affrontements mercredi 18 mai. Sur place, l’État islamique disposerait d’un vivier de 4 000 à 6 000 combattants.

Les premiers témoignages des habitants de Syrte décrivent les mêmes exactions que celles dont Rakka a été le théâtre : flagellations, exécutions publiques régulières, corps exposés pour servir d’exemple. Une cinquantaine de personnes auraient été exécutées en un an, dont 21 coptes décapités en février 2015. La population vivrait dans un climat de peur permanent.

Pour contrer cette progression, le gouvernement d’union nationale et plusieurs représentants de la communauté internationale ont discuté mardi à Vienne d’un accord d’armement des forces gouvernementales.

 

Les défenseurs des homosexuels toujours menacés au Bangladesh

Rassemblent LGBT à Dacca - Crédit photo : Nahid Sultan, Wikimedia Commons

Rassemblement LGBT à Dacca – Crédit photo : Nahid Sultan, Wikimedia Commons

Plusieurs semaines après l’assassinat de Xhulas Mannan, fondateur du magazine transgenre Roopbaan, et de son associé, une nouvelle menace plane sur un activiste LGBT bengali. Cette personne qui a souhaité garder l’anonymat est un ami de Mannan. Le message qu’elle a reçu lui intime de faire ses prières et de se repentir car « rien ne la sauverait ». L’homosexualité, illégale au Bangladesh, est aussi réprouvée par l’opinion publique. La communauté LGBT du pays se retrouve donc marginalisée. Les homosexuels sont contraints à se cacher dans des abris aménagés par leurs amis, ou à fuir vers la campagne, Dacca étant jugée trop dangereuse pour eux. Ces meurtres sont tour à tour revendiqués par l’État islamique et Al-Qaïda, faisant craindre une compétition macabre pour attirer des recrues. Le ministre de l’Intérieur bengali, Asaduzzaman Khan, a déclaré qu’il mènerait l’enquête jusqu’au bout et que « nul ne serait épargné ».

 

Une première victime des enlèvements de Boko Haram libérée

Il y a deux ans, Boko Haram enlevait 276 jeunes filles dans une école de Chibok pour les convertir et marier de force à ses membres. Plusieurs d’entre elles avaient réussi à s’échapper dans les premiers jours après l’enlèvement. Mais depuis, rien ne prouvait qu’il y avait des survivantes jusqu’à la réception d’une vidéo envoyée par Boko Haram et diffusée par CNN le 13 avril 2016.

Or, selon des témoins, ce mardi, une jeune fille portant un bébé, accompagnée d’un homme se prétendant son mari et de plusieurs autres personnes, est sortie de la forêt de Sambisa, tenue pour être un bastion de Boko Haram. La jeune fille est alors rapidement identifiée comme Amina Ali, l’une des lycéennes de Chibok. L’homme qui l’accompagnait est actuellement interrogé par les autorités nigérianes. Amina les a informées que plusieurs autres lycéennes étaient encore dans la forêt, six d’entre elles seraient décédées.

 

L’Arabie saoudite nie l’enquête d’Human Rights Watch

Maison détruite par une bombe saoudienne au Yemen - Crédit photo : Ibrahem Qasim

Maison détruite par une bombe saoudienne au Yemen – Crédit photo : Ibrahem Qasim

Le mois dernier, le bombardement par l’Arabie saoudite du marché de Mastaba, au nord du Yémen, faisait fait 97 morts. Au cours de son enquête sur les lieux du désastre, l’ONG Human Rights Watch avait trouvé les restes d’une bombe américaine. Cette découverte avait amené plusieurs associations à appeler les États-Unis, la France ou encore le Royaume-Uni à suspendre leur vente d’armes au royaume saoudien.

Lundi dernier, un représentant de l’armée saoudienne, le général Ahmad al-Assiri a déclaré à la radio nationale saoudienne que selon ses informations aucune équipe de l’ONG Human Rights Watch n’était allée sur place. Des informations qu’il affirme fiables puisque chaque transit vers le Yémen est surveillé par les autorités saoudiennes. Mais cette version est réfutée par Belkis Wille, envoyée au Yémen et au Koweït de Human Rights Watch. Elle déclare avoir été enregistrée à chacun de ses voyages vers la zone de conflit. Pour preuve de se présence, elle présente une vidéo des lieux du bombardement filmée lors de son enquête. Et elle dénonce par ailleurs l’absence d’investigation de la part des Saoudiens et de leurs alliés, dont il serait du devoir selon les lois internationales de mettre à jour tout possible manquement de leurs forces armées.

 

Un député allemand prend la parole contre l’autoritarisme

Michael Brand à la tribune du Bundestag - Crédit photo : Büro MB, Wikimedia Commons

Michael Brand à la tribune du Bundestag – Crédit photo : Büro MB, Wikimedia Commons

Michael Brand, député chrétien-démocrate rapporteur aux Droits humains du Bundestag, qui avait critiqué les violations des libertés et des droits humains au Tibet, s’est vu refuser l’entrée en République populaire de Chine pour avoir « soutenu l’indépendance tibétaine ». Le parlementaire devait fin mai accompagner au Tibet une délégation allemande. Suite à cette décision, Michael Brand a de nouveau pris la parole, dénonçant cette fois une « exportation de la censure » et de l’autoritarisme par la Chine, la Russie et la Turquie. Une situation inacceptable selon lui pour un pays comme l’Allemagne.

La Chine a toujours usé de sa puissance économique pour faire accepter sa politique. De telles pratiques ont su faire plier, sur la question du Tibet, la France, le Royaume-Uni ou encore le Danemark qui s’étaient abstenus de reconnaître l’indépendance du pays. Mais du côté des démocraties européennes, il semblerait que la « collaboration » soit de plus en plus zélée. Du côté des États-Unis, quelques cas d’autocensure ont même été repérés. Par exemple, l’Association du barreau américain est revenue sur sa décision de publier le livre de l’avocat des droits humains Teng Biao dans lequel il dénonce les incohérences du système judiciaire chinois.

Arrêtons de dénigrer notre chère Tunisie !

En cette ère où les images ont un pouvoir émotionnel puissant et peuvent fausser la réalité, Nous, enfants de la France et de la Tunisie, et amis de cette terre d’Afrique du…