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09H00 - mardi 6 janvier 2015

Imaginons 2015…

mardi 6 janvier 2015 - 09H00

 

I had a dream… Face aux oiseaux de mauvaise augure qui promettent une année 2015 cataclysmique, osons imaginer des événements improbables, des espoirs fédérateurs, des paris sur l’avenir pour une année 2015 plus fraternelle et pacifique.

 

Benjamin Netanyahu et Mahmoud Abbas se serrent la main sous le regard de Barack Obama... en 2012 © Jim Watson/AFP/Getty Images

Benjamin Netanyahu et Mahmoud Abbas se serrent la main sous le regard de Barack Obama… en 2012 © Jim Watson/AFP/Getty Images

 

Le 16 janvier, au surlendemain du chavirage d’un cargo de 1.500 réfugiés libyens et syriens portés disparus ou noyés, si l’on en croit les premiers témoignages recueillis, les 28 chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union Européenne, réunis en catastrophe à Lampedusa (Italie), observent une minute de silence devant la jetée du port. L’Union s’engage à rétablir le programme Mare Nostrum, désormais co-dirigé par l’agence Frontex et les autorités italiennes, et à instaurer un visa spécial réfugiés méditerranéens pour permettre à ces réfugiés de trouver asile dans tous les pays d’Europe.

Le 8 février, en ouverture de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations en Guinée équatoriale, un concert exceptionnel en mondovision réunit Bruce Springsteen et Psy, deux stars planétaires pour relancer la campagne SAY NO TO RACISM, campagne lancée par la FIFA mais désormais reprise à leur compte par les Nations unies. Le footballeur Éric Cantona, ancien footballeur professionnel devenu acteur de cinéma engagé, introduit le concert. En mai lors de la finale de la Champions League européenne, le 21 juin sur les Champs Élysées à Paris pour la Fête de la musique, au mois d’août à Pékin en clôture des championnats du monde d’athlétisme, en octobre en Amérique latine, et à Marrakech (Maroc) fin décembre, le même concert permet de sensibiliser le public planétaire du football et des sports olympiques au respect des différences. 

Le 8 mars, à l’occasion de la Journée mondiale des femmes, 53 femmes leaders des 53 pays africains, lancent une Fondation internationale pour le développement des emplois pour les jeunes en Afrique.

Le 21 mars, à l’occasion de Norouz, le Nouvel an persan, et au lendemain de la signature historique d’un accord sur le nucléaire, les États-Unis et l’Iran annoncent le rétablissement de leurs relations diplomatiques. 

Le 15 avril à Bruxelles, au siège de l’OTAN, et sous la pression de l’opinion publique internationale, Jens Stoltenberg, son secrétaire général, annonce que les États membres de la Coalition qui est intervenue pendant plus de dix ans en Afghanistan, France, États-Unis et Grande-Bretagne en tête, délivrent enfin plus de 5.000 visas à des interprètes et autres collaborateurs afghans menacés de mort par les talibans et accusés de trahison depuis le retrait militaire des Occidentaux fin décembre 2014.

Le 15 juin, exactement 800 ans après que le roi Jean sans Terre eut scellé la Magna Carta garantissant le droit à la liberté individuelle, une Charte numérique reprenant les droits de l’homme existant et les transposant dans le monde numérique est signée par les 193 membres de l’ONU. Si le texte onusien affirme que les droits qui s’appliquent hors ligne, en particulier la liberté d’expression, doivent être protégés aussi en ligne, à travers n’importe quel media, et indépendamment des frontières, il prend aussi et surtout en compte les récentes et profondes évolutions technologiques en reconnaissant en particulier les principes de neutralité du net et de loyauté des plateformes.

Le 30 juillet, dans son discours du Trône, le Roi du Maroc annonce qu’un projet de loi d’abolition de la peine de mort sera déposé par le gouvernement à la rentrée parlementaire et que d’ici la fin de l’année le Maroc sera le premier pays arabo-musulman à abolir cette peine barbare et non dissuasive.

Mi-août, le Majlis, parlement iranien, vote une loi présentée par Madame Shahindokht Molaverdi, vice-présidente de la République chargée des femmes et des affaires familiales, interdisant les exécutions publiques. Cette loi fait suite à un débat houleux suscité dans la société et les médias iraniens par les conditions effroyables dans lesquelles fin mai une femme a été exécutée en public dans un quartier populaire de Téhéran.

Début septembre, avec la rentrée scolaire, les instructeurs du dispositif préventif « Alerte Jeunes contre toute tentation de « jihad » » commencent à intervenir dans les collèges, lycées, clubs sportifs et centres socio-culturels, d’Allemagne, du Canada, d’Espagne, de France, de Grande-Bretagne, d’Indonésie, d’Italie, du Mali, du Maroc, du Nigéria, d’Oman, de Russie, du Sénégal, de Tunisie et de Turquie. Parallèlement, à l’initiative de ces quinze pays et d’une dizaine de grandes Fondations du web, une petite armée de cent internautes et de community managers, encadrés par la crème des experts en questions religieuses d’une part et en enjeux de la jeunesse d’autre part, entre en action sur la Toile pour contrer les discours de haine qui prospèrent sur Internet. 

Le 18 octobre à Bangui (Centrafrique), après deux ans de tergiversations et de violences, les élections présidentielles permettent à une femme presque inconnue, issue de la diaspora centrafricaine et portée par un discours de rupture, de remporter les élections présidentielles en Centrafrique et de porter au pouvoir une nouvelle génération de leaders politiques. 

Le 4 novembre, vingt ans jour pour jour après l’assassinat de Yitzhak Rabin, le pape François, le président du Conseil Européen, Barack Obama, Vladimir Poutine sont témoins de la double empoignade historique entre Benjamin Netanyaou et Mahmoud Abbas, à Jérusalem, ouest le matin, capitale de l’Etat d’Israël, et est l’après-midi, capitale de l’Etat palestinien. Cette photo hier impossible marque la signature d’un traité de paix entre Israël et la Palestine, où chaque partie a consenti à de nombreuses concessions, qui sera soumis à référendum dans les deux Etats en janvier prochain…

Le 11 décembre, à Paris, tous présents sans exception pour la première fois de l’histoire, les 193 chefs d’États et de gouvernement du monde entier, adoptent la Déclaration universelle des droits de la planète. Les gouvernants acceptent enfin un mécanisme de contrôle et de sanctions de leurs plans nationaux respectifs de limitation du réchauffement climatique et l’entrée en vigueur d’une taxe sur les mouvements de capitaux pour financer un plan mondial de conversion écologique des industries.

Directeur de la publication

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