
Le trafic de drogue et d’armes fait aujourd’hui des ravages considérables dans les Antilles françaises comme en métropole. La Guadeloupe et la Martinique sont devenues des plaques tournantes majeures du transit de cocaïne vers le territoire national, par voie aérienne comme maritime. Dans nos îles, les taux de criminalité explosent, les violences liées au narcotrafic atteignent des sommets et c’est toute la société antillaise qui se retrouve peu à peu gangrenée, minée de l’intérieur par cette économie de la mort.
Oui, nous sommes en guerre.
Les États-Unis ont choisi la manière forte. Une méthode directe, assumée, offensive. La capture hollywoodienne du couple Maduro n’a été que la partie émergée d’une stratégie de frappes ciblées dans la Caraïbe contre les réseaux de trafic de drogue. La dernière opération, le 13 février 2026, menée sous le commandement du US Southern Command contre un navire dans la mer des Caraïbes, a marqué les esprits. Elle n’est pas isolée : depuis des mois, ces interventions s’inscrivent dans une campagne visant ce que Washington nomme les narco-terroristes, avec un bilan humain déjà lourd.
Que fait la France ?
La loi sur le narcotrafic votée en 2025, la création d’un parquet national contre la criminalité organisée, la mobilisation accrue des forces de l’ordre et de nos armées sont des décisions importantes qu’il faut saluer. Mais la question demeure entière : ces mesures suffiront-elles à gagner cette guerre totale menée par des organisations criminelles puissantes, structurées, transnationales, qui disposent de moyens toujours plus sophistiqués ?
La France ne gagnerait-elle pas à assumer une stratégie plus offensive et à réfléchir sérieusement à une coopération renforcée avec les États-Unis pour sécuriser durablement la zone ?
Or en novembre dernier, en marge du G7 au Canada, Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, avait critiqué les opérations militaires menées par les États-Unis dans les Caraïbes, avertissant qu’elles pourraient exacerber les tensions dans une région déjà fragile. Il avait préféré dénoncer « l’instabilité causée par d’éventuelles escalades » et ajouté devant des journalistes : « nous avons observé avec inquiétude les opérations militaires dans la région des Caraïbes car elles bafouent le droit international ».
Lors d’un déplacement en Colombie en novembre dernier, le ministre avait annoncé que « le gouvernement français prévoit notamment d’ouvrir une académie régionale de lutte contre la criminalité organisée en République dominicaine », regroupant les états-majors des polices, des armées et des administrations de nombreux pays de la région.
Etats-Unis, France : deux visions, deux méthodes !
Dans cette guerre sans merci, certains préfèrent donc dénoncer des méthodes contraires au droit international, donner des leçons de morale et invoquer les principes des Nations unies. Mais il faut aussi regarder la réalité en face : nous sommes en guerre et le droit de la guerre doit pouvoir s’appliquer contre les narcotrafiquants.
Mais nous voulons ici insister sur un point clé qui concerne directement la France. Que voyons-nous en Martinique, en Guadeloupe ou à Saint-Martin ? Des dizaines de petites embarcations qui accostent chaque nuit sur les côtes françaises. Des routes maritimes parfaitement identifiées, venant du Venezuela, passant par Grenade, Saint-Vincent et les Grenadines, Sainte-Lucie, avant de toucher nos rivages. Un véritable corridor du narcotrafic qui transforme la Caraïbe en autoroute du crime organisé.
La méthode forte utilisée par Donald Trump jette un coup de pied brutal dans cette fourmilière criminelle. Elle casse l’impression d’impunité qui régnait jusqu’ici et pourrait contribuer à tarir, au moins en partie, le flot de bateaux chargés de drogue et d’armes qui arrivent sur nos côtes. Bien sûr, le trafic passe aussi par les airs, notamment via les aéroports de Martinique et de Guadeloupe, où des scanners (lorsqu’ils ne sont endommagés par des délinquants) et des fouilles d’avions entiers prouvent que la lutte doit être globale, cohérente et sans naïveté.
Les frappes chirurgicales de la marine américaine produisent donc un effet dissuasif considérable dont profitent certainement les territoires français de la Caraïbe. Les trafiquants savent désormais qu’ils peuvent être frappés avant même d’atteindre leur destination. Et dans un univers où seule la peur du risque change vraiment les comportements, cet élément n’est pas négligeable.
Face à ces marchands de mort, face à cette économie parallèle qui détruit la jeunesse et menace l’avenir de nos territoires, le temps des demi-mesures est peut-être révolu. Car il ne s’agit plus seulement de sécurité publique : il s’agit de défendre la vie, l’avenir et la paix de nos enfants.
Une alliance militaire entre les Etats-Unis et la France et les Etats de la région… vaudrait bien mieux qu’une Académie des élégances, fussent-elles cinq étoiles.
Michel Taube




















