Edito
08H19 - lundi 16 février 2026

Sébastien Leclerc, maire de Lisieux : « pour une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre. »

 

Sébastien Leclerc, maire de Lisieux : "pour une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre."

Le 31 janvier dernier, partout en France, des policiers ont défilé. À leurs côtés, des dizaines de milliers de nos concitoyens. Tous criaient la même chose : la colère, l’épuisement, l’exaspération. La veille, le ministère de l’Intérieur publiait le bilan de la délinquance de l’année 2025. Un chiffre, parmi d’autres, impressionne : l’explosion des refus d’obtempérer. Ces refus qui, chaque jour, mettent en danger la vie de policiers et de gendarmes contraints d’intervenir face à des individus qu’ils jugent dangereux.

Dans le même temps, on apprend que la cour d’appel de Versailles s’est donnée jusqu’au 5 mars pour décider si le policier ayant tiré sur le jeune Nahel en 2023 à Nanterre, étincelle qui avait mis le feu à 550 communes à l’été 2023, sera jugé aux assises d’ici la fin de l’année. Ce dossier pèse lourdement sur l’ensemble des forces de l’ordre.

Car au-delà des cas individuels, c’est une question collective qui se pose : dans quelles conditions nos policiers peuvent-ils agir pour protéger la population… et se protéger eux-mêmes ?

Les Français, y compris une large part de ceux qui se situent à gauche, réclament aujourd’hui davantage de sécurité. Les violences minent notre pays. Elles touchent les grandes métropoles comme les moyennes (de taille évidemment) et petites communes rurales, l’Hexagone comme nos territoires ultramarins.

Dans le même temps, chacun, ou presque, salue le travail quotidien, courageux, des policiers et des gendarmes. Et, même à l’extrême-gauche, les électeurs demandent plus de sécurité. Il y a donc un large consensus autour des forces de l’ordre !

Mais entre les paroles et la réalité du terrain, un fossé s’est creusé.

Car les policiers sont devenus, paradoxalement, la première cible de ces violences. Guet-apens, agressions gratuites, refus d’obtempérer, insultes, menaces. Des milliers d’entre eux sont blessés chaque année. Beaucoup témoignent d’un même sentiment : celui de faire face à des délinquants qui n’ont plus peur et qui savent que la justice sera faible. À cela s’ajoutent des conditions matérielles souvent dégradées, mais surtout une lassitude morale face à des interpellations qui semblent parfois inutiles tant les récidives sont rapides et les remises en liberté de dangers publics trop nombreuses.

Cette réalité, les policiers municipaux qui concourent à la sécurité du quotidien la vivent tous les jours. Tous les jours en effet, ils entendent leurs concitoyens dont ils sont si proches se plaindre des récidivistes et partager leur

 

Alors que faire pour renverser la donne ?

Une réponse concrète existe : la présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre.

Cette mesure, soutenue par le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez, a été portée récemment à l’Assemblée nationale dans le cadre de la niche parlementaire du groupe Les Républicains. Elle visait à reconnaître que, lorsqu’un policier ou un gendarme fait usage de son arme dans certaines circonstances bien définies, son geste est présumé légitime, sauf preuve contraire. Une revendication ancienne des syndicats policiers.

Un policier ne peut être a priori poursuivi ou mis en examen pour « violences volontaires » ; il doit être présumé en légitime défense avant que l’enquête ne fasse son oeuvre.

Ce texte n’a pas été adopté, empêché par l’obstruction parlementaire de la gauche. Pourtant, il ne s’agit ni de donner un « permis de tirer », ni de placer les forces de l’ordre au-dessus des lois. Il s’agit simplement d’adapter notre droit à une réalité devenue explosive, où la décision d’un policier se joue en quelques secondes, souvent au péril de sa vie.

On ne lutte pas contre l’insécurité par des discours. On lutte avec des actes.

Or puisque le budget de la nation vient enfin d’être adopté, qu’est-ce qui empêche désormais le gouvernement de reprendre cette proposition de loi pour en faire un projet gouvernemental, inscrit en urgence à l’ordre du jour du Parlement ? Un vote cette année et, avant les élections municipales, l’ouverture des débats ou de la procédure parlementaire, , enverrait un signal clair et puissant.

Avant les municipales ? La sécurité sera l’un des enjeux majeurs pour les électeurs les 15 et 22 mars. Ce choix politique montrerait aux Français que nos politiques sont encore parfois en phase avec eux.

Ce serait aussi un signal aux forces de l’ordre qui attendent des actes, pas des déclarations. Un signal aux Français qui demandent à être protégés. Un signal, enfin, à ceux qui défient l’autorité de l’État, pour leur rappeler que la République sait aussi défendre ceux qui la défendent.

Monsieur Sébastien Lecornu, cher voisin d’Evreux, cher ami, osez proposer, avant les municipales, aux parlementaires de voter une loi si utile !

 

Sébastien Leclerc

Maire de Lisieux