
Nouvelle séquence de mauvaise foi dans la campagne parisienne. Depuis dimanche soir, une partie de la classe politique et des réseaux sociaux s’acharne sur une phrase de Sarah Knafo à propos du pass Navigo. Une polémique express, montée en épingle, qui en dit long sur l’état de nervosité de ses adversaires.
Tout part d’une émission sur BFM TV. Pendant près d’une heure, Sarah Knafo déroule, argumente, précise ses positions et marque des points. À la toute fin, le journaliste lui pose trois questions rapides : une sur le prix du pass Navigo, deux sur le football. Sur le foot, elle reconnaît ne pas connaître les réponses. Sur le Navigo, elle évoque un coût de 52 euros, en parlant par lapsus de montant annuel au lieu de mensuel, lapsus qu’elle corrige immédiatement après l’émission.
Il n’en faut pas plus pour déclencher une avalanche de commentaires outrés : « déconnectée », « bourgeoise », etc.
Rima Hassan ironise sur « une candidate à la mairie de Paris dont le clip de lancement a été tourné dans le métro ». Thierry Mariani et Manon Aubry embrayent, chacun à leur manière, sur le même registre moqueur.
Sauf que les faits sont têtus.
D’abord, 52 euros, ce n’est pas une erreur. Le pass Navigo coûte officiellement autour de 90 euros par mois, mais il est pris en charge à 50 % par l’employeur. Le reste à charge réel pour l’usager est bien d’environ 52 euros. C’est ce que paient concrètement des millions de Franciliens chaque mois. Ensuite, la question du prix du Navigo ne relève pas de la mairie de Paris, mais de la Région Île-de-France. Une précision que les mêmes commentateurs oublient soigneusement de rappeler.
Pendant que certains ricanent, le contraste est saisissant.
Rima Hassan ne propose rien sur Paris : les idées ne semblent jamais l’intéresser, seules les polémiques.
Thierry Mariani, lui, n’a toujours pas de programme chiffré. Sur les réseaux, des internautes s’amusent : « _Le RN fait des visuels ! Ils ont carrément fait des visuels sur Knafo ! Les gars, faites déjà un programme et des visuels sur vos projets…_ »
Quant à Manon Aubry et ses soutiens, ils tentent d’imposer l’étiquette de « bourgeoise » à Sarah Knafo, oubliant un détail gênant : elle vient du 93 et a longtemps pris le RER.
La réalité, c’est que depuis un mois, ils sont tous obsédés par Sarah Knafo. Chaque phrase est disséquée, chaque mot est guetté, la moindre approximation devient une « affaire ». Une fausse polémique, montée de toutes pièces, qui ressemble surtout à un aveu d’inquiétude.
Comme le résume la journaliste Amandine Atalaya :
« _Sarah Knafo marque des points tous les jours auprès des gens. Cette affaire de Pass Navigo ne remettra absolument pas du tout en cause ses soutiens. C’est une femme qui travaille ses dossiers._ »
Même analyse chez Juliette Briens :
« _Sarah Knafo est en pleine dynamique et du coup elle fait peur à tout le monde. Elle travaille énormément et son programme plaît beaucoup. Du coup, tout le monde lui tombe dessus à la moindre occasion._ »
À force de vouloir la caricaturer, ses adversaires prennent surtout le risque de renforcer ce qu’ils dénoncent. La polémique du pass Navigo n’aura sans doute qu’un effet : confirmer que, dans cette campagne parisienne, Sarah Knafo est devenue le centre de gravité du débat. Et que cela dérange.
Emma Ray

















