Edito
08H13 - lundi 2 février 2026

Et après le budget ? Deux années de surplace ! L’édito de Michel Taube

 

Et après le budget ? Deux années de surplace ! L'édito de Michel Taube

Il aura donc fallu attendre, attendre, attendre, comme en 2025, que la France soit enfin dotée d’un budget. Ouf, diront les partisans d’une stabilité minimale de l’État.

Mais quel budget. Un budget socialiste. Un budget qui augmente les impôts, les taxes, autant que les dépenses. Un budget théoriquement dans les clous de l’objectif des 5 % de déficit, mais dont la sincérité interroge déjà.

Un budget, surtout, qui consacre Olivier Faure comme le vice-Premier ministre officieux de Sébastien Lecornu.

A ce dernier, disons « Chapeau l’artiste »… d’un point de vue politicien. L’homme a réussi là où deux fins limiers de la politique ont échoué et beaucoup d’autres auraient fini par tomber. 

Mais désormais, que va-t-il se passer ?

Quelles lois utiles seront votées dans les deux années qui viennent ?

Deux années. Oui, deux années. Car l’élection présidentielle du printemps 2027 sera suivie du délai d’investiture du prochain président de la République, de la nomination d’un gouvernement, de la mise en place d’une nouvelle étape de la vie politique française.

La France est donc assurée de rester, pendant encore deux longues années, dans une forme de suspension. Une mise en sommeil. Un gel de toute vision ambitieuse pour le pays.

Nous pouvons seulement craindre le vote de quelques lois assassines qui, toujours sous la menace de la censure du Parti socialiste, imposeront des mesures bureaucratiques, administratives, social-démocrates, à défaut d’être réformatrices.

Prenons un exemple. Le projet de loi sur la vie chère dans les Outre-mer sera-t-il expurgé de ses mesures les plus contraignantes, pourtant adoptées par un Sénat de droite ? La ministre des Outre-mer Naïma Moutchou, aura-t-elle l’ascendant sur Olivier Faure et Sébastien Lecornu, qui veulent de lui imposer une loi profondément anti-économique, qui ne fera en rien baisser la vie chère ? Nous croyons dans sa force de conviction.

Pour l’heure, la France gouvernée par Sébastien Lecornu et Olivier Faure, c’est le retour assumé de la social-démocratie. Le versant du macronisme qui a définitivement vaincu le libéralisme régalien dont la France avait pourtant tant besoin.

Le budget est voté.

Et maintenant, deux années de surplace ?

 

Michel Taube

Directeur de la publication