Edito
21H02 - vendredi 12 décembre 2025

« Pourquoi je fais de l’équithérapie » : Marina Ferrari inaugure le Salon du cheval de Paris

 

« Pourquoi je fais de l’équithérapie » : Marina Ferrari inaugure le Salon du cheval de Paris

À l’occasion de l’inauguration du Salon du cheval de Paris, Marina Ferrari, ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, est venue saluer une filière dynamique, créatrice d’emplois et porteuse de valeurs éducatives fortes. De la place du cheval en ville à son expérience personnelle, la ministre livre une vision à la fois politique et intime de la relation entre l’homme et l’animal.

 

Opinion Internationale : Une première question, madame la ministre. Vous êtes ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative. Le cheval est à la croisée de ces trois portefeuilles ministériels.

Marina Ferrari : Oui, absolument. Il était très important pour moi de venir ce matin au Salon du cheval, d’abord parce que nous sommes très contents de le retrouver, depuis deux éditions, au cœur de Paris, après malheureusement une période d’interruption. C’était important aussi parce que le cheval, aujourd’hui, vous le savez, c’est une fédération qui compte 650 000 licenciés. C’est la quatrième fédération française, avec un public jeune et très féminin. C’est pour cela que je tenais à être présente aujourd’hui à l’inauguration de ce salon.

Opinion Internationale : Vous avez pu échanger ce matin avec les différents acteurs de la filière équine. Qu’en est-il ressorti ?

C’est une filière qui se porte bien, mais c’est aussi une filière à enjeux. J’ai notamment eu l’opportunité de rencontrer des centres de formation. On voit qu’en matière d’emploi, il y a un vivier extrêmement important et qu’il faut continuer à sensibiliser les jeunes. D’ailleurs, je salue ce qui est organisé sur le salon puisque nous attendons 2 000 jeunes accompagnés par France Travail pour venir découvrir la filière et, peut-être, y trouver une vocation.

La filière équine est aujourd’hui à la croisée des chemins. Il y a un vrai savoir-faire français, des enjeux de souveraineté importants, notamment avec le CIR, sur lesquels il faut continuer à travailler pour conserver un leadership. Le cheval, c’est la course, l’enseignement, la compétition. C’est un univers très varié qui offre de nombreuses carrières.

Opinion Internationale : Le cheval en ville, avec ce Salon du cheval de Paris, est-ce paradoxal ou, au contraire, est-ce l’avenir de la ville ?

Ce n’est absolument pas paradoxal. Vous avez raison de dire que le cheval est l’avenir de la ville. Dans certaines collectivités, c’est déjà le cas. Dans la mienne, par exemple, des chevaux participent au ramassage des ordures ménagères.

Le cheval revient de plus en plus en ville, avec un rôle éducatif important, mais aussi au service de l’environnement et de l’entretien urbain. On peut penser aux coupes d’affouage, à l’entretien des parcs ou des bois en proximité des villes. Aujourd’hui, le cheval, c’est à la fois le cheval de travail, de loisir et de compétition. Bref, c’est le meilleur ami de l’homme.

Opinion Internationale : Vous portez une très belle broche chevaline. Quelle est votre expérience personnelle avec le cheval ?

Elle a été douloureuse pendant longtemps, mais elle s’améliore. Petite, j’ai eu un poney que ma mère m’avait offert. Malheureusement, il n’était pas débourré, et l’expérience a été compliquée. Ensuite, comme beaucoup d’enfants en milieu rural, j’ai monté dans des centres équestres.

Et puis, il y a quelques mois, j’ai recommencé à monter, notamment pour apprendre à canaliser une énergie parfois débordante.

Opinion Internationale : C’est utile en tant que femme politique ?

On a toujours besoin des animaux en tant que femme politique. La politique, c’est un peu comme le sport de haut niveau, avec des hauts et des bas. Il faut tenir sur la durée, être solide mentalement et physiquement. Le cheval est un excellent moyen de s’équilibrer.

Opinion Internationale : Quel impact la pratique du cheval peut-elle avoir sur les jeunes, sur le plan socioculturel et éducatif ?

On le voit très bien aujourd’hui. J’ai visité une association, parrainée par le salon, qui met le cheval à disposition d’enfants en situation de handicap ou de déficience mentale.

La pratique du cheval, comme celle du sport en général, aide à se canaliser, à se concentrer. La plus-value du cheval, c’est le contact avec l’animal. Il faut être à l’écoute de ses besoins, de son comportement. Cette relation crée une véritable osmose entre le cavalier et l’animal.

Aujourd’hui, le cheval fait aussi partie des programmes de sport santé. C’est une pratique devenue indispensable.

 

Propos recueillis par Michel Taube