Edito
16H21 - samedi 5 septembre 2026

Zanazzo, Fossati : cartes de séjour de complaisance sur le Rocher de Monaco?

 

Zanazzo, Fossati: Convenient Residence Permits on the Rock of Monaco ?

Comment est-il possible, en 2026, que des étrangers ayant des démêlés avec la justice se voient accorder ou renouveler leur carte de séjour à Monaco ? Cette autorisation administrative est un précieux sésame sur le Rocher, contribuant à la réputation et à la sécurité qui caractérisent la Principauté.

Pourtant, selon plusieurs sources, deux personnalités controversées, toutes deux aux prises avec les justices monégasque et internationale et déjà marquées par des antécédents et des relations problématiques, auraient obtenu une carte de séjour ou son renouvellement en violation du droit monégasque : Rebecca Zanazzo, actuellement en instance de divorce avec un homme d’affaires italien, et son amant, l’ancien banquier Adriano Fossati, récemment licencié de la banque Safra. Les deux protagonistes sont impliqués dans une intrigue montée de toutes pièces contre le mari de Madame Zanazzo.

Rebecca Zanazzo

Pour obtenir une carte de séjour à Monaco, les demandeurs doivent non seulement disposer d’un passeport en cours de validité ou d’un visa spécifique de long séjour, mais aussi satisfaire à trois critères particulièrement exigeants et sélectifs fixés par les autorités monégasques :

  • Logement : être propriétaire d’un bien, disposer d’un bail d’au moins un an ou être hébergé par un proche ou une société. Le logement doit être adapté à la taille de la famille.
  • Ressources financières suffisantes : démontrer sa capacité à subvenir à ses besoins grâce à un emploi à Monaco, une activité professionnelle indépendante, une épargne importante ou, pour les personnes n’exerçant pas d’activité locale, justifier d’un dépôt d’environ 500 000 € sur un compte bancaire monégasque.
  • Un casier judiciaire vierge.

D’un point de vue strictement juridique, il n’est pas possible d’obtenir un renouvellement sans satisfaire à ces exigences fondamentales. Toute demande et/ou tout renouvellement fondé sur de fausses déclarations peut entraîner une expulsion immédiate si la Direction de la Sûreté publique le constate.

Surtout, la résidence à Monaco suppose ce que l’on appelle une « bonne moralité ». Des condamnations pénales pour des faits de violences physiques ou sexuelles commis à Monaco ou ailleurs, font obstacle à l’obtention de cette carte monégasque très convoitée.

Monaco revendique une politique de tolérance zéro absolue à l’égard de la criminalité, en particulier lorsqu’elle concerne des personnes vulnérables et des enfants.

Rebecca Zanazzo et Adriano Fossati, toutefois, ne satisferaient pas à ces exigences.

Mme Zanazzo ferait l’objet de plaintes portant sur des allégations de faux, usage de faux, tentative de fraude à la justice et harcèlement psychologique. La Commission de contrôle des activités financières ainsi que l’Autorité de protection des données auraient également été saisies.

Il convient de rappeler, comme cela a déjà été rapporté dans la presse, que le père de Rebecca Zanazzo, Gino Zanazzo, a été condamné en Italie pour des faits de trafic international et de blanchiment d’argent.

Adriano Fossati

S’agissant d’Adriano Fossati, il serait soupçonné de graves violations du secret bancaire, d’atteintes au secret des communications, ainsi que d’accès non autorisé et d’utilisation illicite d’un système automatisé de traitement de données.

La Commission de supervision des activités financières autant que l’Autorité de Protection des données en ont été récemment informées.

En outre, il aurait déjà été condamné à deux reprises pour des infractions pénales très graves dans d’autres pays européens.

Selon des sources qui auraient désormais été confirmées, Adriano Fossati a bien été licencié de J. Safra Sarasin Bank après avoir été suspendu en juin dernier.

Plus significatif encore, Rebecca Zanazzo apparaîtrait dans la procédure monégasque dans laquelle Adriano Fossati est accusé d’avoir utilisé à son profit son accès privilégié à des données bancaires hautement sensibles. Selon l’enquête, le couple, décrit comme une sorte de Bonnie et Clyde des temps modernes, entretiendrait une relation extraconjugale secrète et serait soupçonné de s’être concerté afin de priver un homme d’affaires italien, époux de Mme Zanazzo, de ses actifs.

Cela soulève la question : dans quelle mesure les critères d’admission à la résidence à Monaco se sont-ils assouplis, et à quel point cela peut-il nuire à la réputation de la Principauté ?

L’enquête se poursuit…

 

Michel Taube

Michel Taube