
Une phrase répétée à longueur de réseaux sociaux, de chaînes WhatsApp et même dans certains médias. De Petitot aux comptes indépendantistes et complotistes.
Une phrase devenue banale. Une phrase répétée par des militants extrémistes identitaires. Une phrase pourtant jamais dénoncée.
Derrière ces mots une idée simple : certains seraient plus légitimes que d’autres à vivre en Martinique.
On nous parle de « grand remplacement », de terres qu’il faudrait interdire aux métropolitains, de populations qui devraient repartir. On entend les mots de « génocide par substitution» ou de « colonisation de peuplement » employés sans retenue.
Ces discours ne sont pas nouveaux. Ils ressemblent aux slogans identitaires qui prospéraient en France dans les années 70 et 80 autour du fameux « La France aux Français ».
Hier comme aujourd’hui, le mécanisme est le même : désigner une catégorie de population comme un problème en raison de son origine.
Ce n’est pas la Martinique. Ce n’est pas l’état d’esprit de la grande majorité des Martiniquais, qui vivent leur identité avec fierté sans avoir besoin de rejeter les autres.
Mais une minorité bruyante impose ses thèmes, ses fantasmes et ses outrances dans le débat public. Et trop souvent, le silence leur sert de caution.
Il est temps que la classe politique républicaine prenne clairement position. Il est temps que les élus condamnent ces dérives sans ambiguïté. Il est temps que l’État et le préfet prennent au sérieux la diffusion de ces discours de rejet qui prospèrent sur les réseaux sociaux et dans certains groupes de discussion et qui sont repris par des militants extrémistes d’extrême droite.
Hier, la Martinique refusait Jean-Marie Le Pen sur son sol. Aujourd’hui, une certaine nouvelle génération martiniquaise reprend ses recettes. Les visages ont changé, les cibles aussi, mais l’idée reste la même : désigner une population comme un problème à cause de son origine. C’est précisément contre cela que la Martinique s’était dressée.
Ironie de l’histoire : la Martinique avait empêché Jean-Marie Le Pen d’atterrir. Quarante ans plus tard, ce sont certaines de ses idées qui semblent avoir trouvé une piste d’atterrissage.
Aujourd’hui les élus et l’état français avec le préfet acceptent ce communautarisme dangereux.
Le préfet comme les élus devraient dénoncer et condamner tous ceux qui brisent le respect et les valeurs républicaines avoir le courage de dénoncer ce qui ne devrait jamais devenir normal.
Michel Taube




















