Edito
19H01 - mercredi 3 juin 2026

Émeutes après le sacre du PSG : « Sans changement radical, la France va vers l’abîme », alerte Radouan Kourak

 

Sacre du PSG : Radouan Kourak réclame une réponse beaucoup plus ferme

Les violences qui ont éclaté après la victoire du PSG en Ligue des champions continuent de susciter de vives réactions. Alors que le gouvernement réfléchit à l’instauration d’un principe de « casseur-payeur » afin de faire supporter aux auteurs des dégradations le coût des dégâts causés, le journaliste et entrepreneur Radouan Kourak, dirigeant du groupe de presse et de communication InterVision, a livré sur CNews une analyse particulièrement sévère de la situation.

Précisant être lui-même parisien et amateur de football, Radouan Kourak s’est dit heureux de voir le PSG remporter deux fois de suite la Ligue des champions, un succès qu’il a qualifié d’historique pour le football français. Il a toutefois regretté que cette victoire et les célébrations qui l’ont accompagnée aient été gâchées par les violences urbaines survenues dans plusieurs villes du pays.

Réagissant notamment au témoignage d’une habitante parisienne traumatisée après l’intrusion d’une cinquantaine d’individus dans son immeuble du 16e arrondissement, il a estimé que les mots employés jusqu’à présent étaient insuffisants. « Cette dame parle de terreur. Ces gens terrorisent la population. Ils brûlent, ils cassent et mettent des vies en danger », a-t-il déclaré. Selon lui, les auteurs de ces violences doivent être considérés comme des terroristes, dans la mesure où ils « terrorisent la population ».

Pour Radouan Kourak, le problème dépasse largement les seuls débordements liés à une célébration sportive. Il appelle à s’interroger sur le profil des émeutiers et affirme qu’une partie importante d’entre eux est issue de l’immigration maghrébine ou africaine. « Il faut s’intéresser à qui sont ces émeutiers, qui sont ces casseurs. Ils sont pour beaucoup, comme moi, issus de l’immigration », a-t-il déclaré. Selon le dirigeant d’InterVision, il s’agit d’un constat qui ne doit pas être occulté, même s’il souligne que la plupart des parents concernés ont transmis de bonnes valeurs à leurs enfants. Il s’interroge néanmoins sur les raisons qui conduisent certains adolescents de 12 ou 13 ans à participer à des actes de destruction.

Le président du groupe InterVision a également comparé la situation française à celle de plusieurs pays du Maghreb et du Moyen-Orient. Citant le Maroc, l’Algérie ou encore les Émirats arabes unis, il estime que de tels comportements y seraient rapidement sanctionnés. Selon lui, certains jeunes Français d’origine étrangère se permettent en France des actes qu’ils n’oseraient pas commettre dans les pays d’origine de leurs familles.

À ses yeux, cette situation est la conséquence directe d’un affaiblissement de l’autorité publique. Il dénonce une police insuffisamment soutenue par le gouvernement, une justice qu’il juge incapable de répondre efficacement à la délinquance juvénile et une « culture de l’excuse » qui aurait longtemps empêché de traiter le problème à sa racine. « Ils n’ont plus peur de la police et la justice est faible », a-t-il affirmé.

Alors que 890 interpellations ont été recensées après le sacre parisien et que 178 policiers et gendarmes ont été blessés, Radouan Kourak estime que les réponses actuellement envisagées ne seront pas suffisantes sans réforme plus profonde. « Sans changement politique radical, on va vers l’abîme », a-t-il averti, allant jusqu’à affirmer que dans certains quartiers, « l’autorité est aujourd’hui davantage du côté des narcotrafiquants que de l’État ».

Ces déclarations interviennent au moment où le gouvernement étudie plusieurs pistes pour renforcer la responsabilité des auteurs de violences urbaines, dans un contexte de débat croissant sur l’autorité de l’État, la sécurité publique et l’intégration.