Edito
14H02 - lundi 25 mai 2026

Bad-food version LFI : ils tuent l’art de vivre à la française à petit feu ! L’édito de Michel Taube

 

Bad-food version LFI : ils tuent l'art de vivre à la française à petit feu ! L’édito de Michel Taube

Si la guerre entre les bad-foods (les fast-foods) et la cuisine traditionnelle fait rage dans le monde entier, en France, elle prend des allures de bataille politique et culturelle. Les Français n’ont peut-être pas tort. Cette guéguerre n’est pas que politique, elle est aussi économique et civilisationnelle. Des logiques sociologiques et démographiques interagissent de plus en plus pour créer une « nouvelle » France bas de gamme qui, sous prétexte de capter des jeunes de banlieue, clouent au pilori l’art de vivre (et de cuisiner) à la française.

C’est la loi du marché, me direz-vous : bad-foods écrasent les prix. La jeunesse, celles des Flammes de la musique, des quartiers populaires (et bien au-delà…), d’une langue française dépréciée, s’empare des fast-foods, pardon, des bad-foods, et en font leur pain quotidien. Le succès foudroyant des enseignes de restauration rapide dans les centres villes, et partout en France, impose une nouvelle cuisine low-cost, rapide et bas de gamme au niveau diététique. Gustativement, l’uniformité et une qualité médiocre s’imposent comme dans le langage !

Alain Fontaine, président de l’Association française des maîtres restaurateurs (AFMR) et patron de l’excellent Mesturet à Paris, dénonce ce tsunami alimentaire. Dans ce bras de fer à jeu inégal entre les bad foods et la restauration française classique, il demande que l’Etat prenne des mesures fortes pour protéger le patrimoine culinaire français, l’économie et les centaines de milliers d’emplois, bref l’art de vivre à la française. Pourquoi pas une TVA différenciée qui mettrait à 20% tous les bad-foods et à 5,5% toutes les cuisines faites maison ?

Le combat pour l’art de vivre culinaire à la française perd du terrain politiquement. En Seine-Saint-Denis, la querelle entre les maires de Saint-Ouen et Saint-Denis – Pierreffite autour de la terrasse du Master Chicken (enseigne qui paradoxalement, elle, vend des produits moins catastrophiques que les autres marques) a ravivé ce débat. Le comportement du maire fraîchement élu Bally Bagayoko est scandaleux. Son échange avec le serveur de l’enseigne de bad-food dans sa ville voisine où il s’est rendu récemment est pitoyable :

Le serveur du Master Chicken :

« – Y en a qui veulent des restos étoilés.

Réponse du maire Bagayoko :

– Ah non ! Nous on n’a pas besoin de ça ! »

En une phrase, le maire de Saint-Denis et Pierrefitte a comme anéanti symboliquement des siècles de goût de l’excellence qui caractérisent l’art de vivre à la française.  En faisant dans le populeux, il tire des jeunes déjà acculturés vers l’ignorance de la bonne bouffe. Il le fait non à la tronçonneuse mais au pilon de poulet.

Sait-il que des efforts sont pourtant faits pour rendre accessible l’excellence de la gastronomie française ?

Vous connaissez Thierry Marx, monsieur le Maire ? Et Alexandre Mazzia à Marseille, trois étoiles au Guide Michelin, qui a ouvert un food-truck, malheureusement détruit par des idiots ? Faites-les donc venir à Saint-Denis plutôt que d’aller dans des bad-foods.

Ce mélange de mépris de l’excellence française mêlé à une forme de haine de classe annonce des temps difficiles.

Nous ne nous étendrons pas ici sur le fait que l’immense majorité des bad-foods ne servent que du halal, rendant cette nouvelle lutte des classes communautariste. Les couches populaires sont poussées à manger du halal bas de gamme (alors qu’il existe évidemment une grande gastronomie halal) et à nourrir une rupture, une coupure identitaire par l’exclusivité du halal autant que culinaire.

Manger est devenu un acte de résistance politique en France.

La machette remplacera-t-elle bientôt les pilons de poulet ?

 

Michel Taube

Michel Taube

Directeur de la publication