
Le policier qui a tiré sur Nahel sera finalement jugé pour « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner » et non pour meurtre. La cour d’appel de Versailles a pris cette décision qui remet un peu de droit dans une affaire immédiatement transformée, dès les premières heures, en symbole politique et médiatique.
Comme l’écrivait il y a quelques semaines dans nos colonnes Sébastien Leclerc, maire de Lisieux, les policiers devraient bénéficier d’une présomption de légitime défense dans l’exercice de leurs fonctions, au regard des violences auxquelles ils sont aujourd’hui confrontés dans la société française. Ce principe élémentaire semble pourtant de plus en plus contesté par ceux qui, confortablement installés dans les salons médiatiques ou les bancs de certaines formations politiques, jugent l’action des forces de l’ordre sans jamais affronter la réalité du terrain.
La mort de Nahel a été le déclencheur de violences urbaines d’une ampleur inédite. À l’été 2023, plus de 500 communes ont été touchées. Des écoles, des mairies, des commerces, des bibliothèques, des commissariats ont été incendiés ou saccagés. Des centaines de millions d’euros de biens publics ont été détruits, faisant notamment exploser les primes d’assurance pour les collectivités. Dans un premier temps, l’État a tenté d’afficher de la fermeté. Mais au final, combien de véritables condamnations dissusives ou de peines de prison ferme ? Trop peu. Comme trop souvent, le sentiment d’impunité a fini par l’emporter.
Pire encore, c’est la police qui s’est retrouvée sur le banc des accusés d’une société politique manifestement déconnectée des priorités des Français. Nous le répétons inlassablement : chaque refus d’obtempérer est une bombe à retardement. Il porte en lui le risque d’une bavure, d’un drame, d’une issue fatale pour ses auteurs ou pour des innocents qui auraient simplement croisé la route de ces fuyards.
La vérité est simple, même si elle dérange certains discours militants. Si le jeune Nahel n’avait pas refusé d’obtempérer et ne s’était pas lancé dans une fuite insensée, mettant en danger sa propre vie et celle de nombreuses personnes, jamais cette course-poursuite tragique n’aurait conduit à sa mort.
Le véritable procès devrait donc être celui du refus d’obtempérer, devenu dans notre pays un symptôme inquiétant de la perte d’autorité de l’État et du manque de respect des forces de l’ordre. Tant que ce phénomène continuera d’être minimisé, instrumentalisé ou excusé, d’autres drames resteront malheureusement possibles.
Michel Taube




















