
Le député LFI, soutenu par la secte qui l’entoure, va vouloir rester député et nul ne peut l’en empêcher. Sauf la honte, sauf l’humiliation.
Et si à son entrée dans l’hémicycle, tous les députés lui tournaient le dos ou quittaient littéralement l’arène. Arnault seul face à lui-même !
Il est des moments où la responsabilité politique ne se mesure ni au code pénal ni aux arguties juridiques, mais à cette exigence plus haute, plus rude, plus implacable qu’est la morale publique. L’affaire qui éclabousse aujourd’hui le député LFI Raphaël Arnault appartient à cette catégorie rare et grave où la question n’est plus seulement de savoir ce qui est légal, mais ce que la République peut accepter. La tolérance repose sur la ferme conscience de ce qui est intolérable.
Deux assistants, un ancien stagiaire, tous issus de son cercle immédiat, tous impliqués à des degrés divers dans le drame qui a coûté la vie au jeune Quentin Deranque. La coïncidence, ici, n’est plus un argument. Elle devient un symptôme.
Un parlementaire est-il responsable des agissements de ses collaborateurs ? En droit, la réponse est claire : pas nécessairement. La responsabilité pénale est personnelle, et l’immunité parlementaire protège, à juste titre, la liberté de parole et d’action politique de nos représentants. Cette protection n’est pas un privilège, elle est un pilier de la démocratie représentative. Sans liberté d’expression des élus, sans inviolabilité de leur mandat, il n’est plus de contre-pouvoir face à l’État. Sur ce point, il ne saurait y avoir la moindre ambiguïté.
Mais la politique n’est pas seulement affaire de droit. Elle est aussi affaire de discernement, de choix, de lignes rouges. Or Raphaël Arnault n’est pas un député hors sol. Il est le cofondateur de la Jeune Garde, mouvement dont la doctrine assumée repose sur la confrontation physique avec ses adversaires politiques. Il a recruté, structuré, encadré un environnement militant marqué par une culture de l’affrontement. Lorsque plusieurs membres de son propre entourage professionnel se retrouvent mêlés à une affaire de violence mortelle, la question de la responsabilité politique devient inévitable. Non pas judiciaire, à ce stade. Politique et morale, incontestablement.
Jean-Luc Mélenchon parle depuis des années d’insurrection citoyenne. En fait, avec des sbires comme Raphaël Arnault, LFI prépare une véritable insurrection politique pour amener le pouvoir à vaciller et provoquer un changement de régime. Nous sommes convaincu que LFI veut mettre en œuvre un tel scénario, surtout si Mélenchon perd une quatrième fois l’élection présidentielle en 2027 et que la droite nationaliste se retrouve au pouvoir. Dans ce scénario catastrophe, Mélenchon a besoin du soulèvement des quartiers islamisés et wokisés, et de Raphaël Arnault pour structurer les attaques violentes contre la République !
La seule chose que LFI n’avait pas prévu, c’est qu’il y aurait mort d’homme beaucoup trop tôt par rapport aux échéances politiques.
Revenons sur Arnault. Il faut le dire avec gravité mais sans outrance : la parole d’un parlementaire n’est pas neutre. Elle façonne des climats, elle légitime des comportements, elle peut, parfois, créer les conditions d’un passage à l’acte. La liberté d’opinion est sacrée. Mais lorsque l’engagement militant flirte en permanence avec la glorification de la confrontation physique, lorsque l’on construit sa carrière sur une rhétorique de lutte quasi insurrectionnelle, on ne peut ensuite feindre la surprise lorsque certains disciples franchissent la ligne rouge.
Faut-il, dès lors, lever l’immunité d’un député pour ses prises de position ? Certainement pas. Ce serait ouvrir une brèche dangereuse pour toutes les oppositions présentes et futures. En revanche, la démocratie dispose d’une autre arme, plus noble et plus exigeante : la responsabilité politique volontaire. Celle qui conduit un élu à se retirer non parce qu’un juge l’y contraint, mais parce que la situation l’exige pour préserver la dignité de la fonction.
Raphaël Arnault est aujourd’hui libre juridiquement. Mais politiquement, la question est posée avec une acuité redoutable. Peut-on continuer à incarner la représentation nationale lorsque son entourage immédiat se trouve impliqué dans un crime politique d’une telle gravité ? Peut-on durablement prétendre œuvrer pour une République apaisée tout en restant associé, même indirectement, à une culture de violence militante ?
Arnault est complice de ses collaborateurs ! Il les as formés, façonnés, encouragés, certainement félicités le soir de la rixe mortelle et avant que nous n’apprenions l’issue fatale.
Pour toutes ces raisons, et indépendamment de toute procédure judiciaire, la démission de Raphaël Arnault apparaît aujourd’hui non comme une sanction, mais comme un acte de responsabilité. Un acte nécessaire pour rappeler que la République ne tient pas seulement par le droit, mais par l’exigence morale de ceux qui la servent.
Et sinon qu’il se retrouve seul dans l’hémicycle, seul face à lui-même.
Michel Taube


















