
Une fois de plus la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM) de l’autonomiste Serge Letchimy, – qui se sent pousser des ailes depuis l’adoption en conseil des ministres du projet de loi sur l’autonomie de la CTM en matière d’énergie et de transport -, s’apprête à voter une taxe de plus sur les entreprises. Lesquelles sont pourtant en grande difficulté !
Fuite en avant d’une institution autocratique qui brille par son incompétence gestionnaire ?
La CTM est en train d’effacer en quelques décisions fiscales des années de travail et des mois de concertation entre décideurs martiniquais (on se rappelle les nombreuses réunions à la préfecture de Fort-de-France qui avaient abouti en 2024 et 2025 à un protocole d’accord historique) pour contenir la vie chère.
La CTM aura déjà réussi à faire l’unanimité contre elle dans le monde économique. Lors d’une conférence de presse, toutes les organisations patronales de l’île (l’AMPI, la Chambre d’Agriculture, la CCI, la CMA Martinique, Contact-Entreprises, la CPME, le MEDEF), en présence aussi de Sébastien Daire qui s’est exprimé au nom de la distribution alimentaire, ont tenu ce mercredi à « dénoncer une trajectoire fiscale locale qui met en péril à terme le pouvoir d’achat des Martiniquais. Les acteurs économiques tirent la sonnette d’alarme sur le « Ciseau Fiscal » insoutenable qu’on veut leur imposer. »
En cause, le projet de la CTM de porter le Versement Mobilité de 2% à 3% (+50% de hausse) et l’explosion des tarifs de l’eau (+40%) annoncés par Odyssi et la CACEM pour les professionnels.
La courbe du versement mobilité donne le vertige.
Comme nous l’explique dans une tribune Olivier Huyghues Despointes, chef d’entreprise, « en seulement trois ans, ce versement mobilité est passé de 54 M€ en 2023 à 58 M€ en 2024 puis 67 M€ estimés en 2025. Le passer de 2 % à 3 %, c’est l’augmenter de + 50%, ce sera plus de 30 M€ supplémentaires prélevés chaque année sur les entreprises.
30 M€ en moins pour l’emploi.
30 M€ en moins pour l’investissement.
30 M€ en moins pour la compétitivité. »
Comme ont tenu à le rappeler les entreprises martiniquaises, d’un côté la CTM va donc extraite annuellement 35,3 millions d’€ supplémentaires des bilans des entreprises martiniquaises pour abonder le budget de Martinique Transport.
Alors même que l’année 2025 a été marquée par une dégradation spectaculaire du service de transport public, avec, tenez-vous bien, 134 jours de perturbations dans les bus et 127 jours dans les navettes maritimes ! Record de France pour la CTM. Pardon, peut-être un record mondial !
Si le transport affecte la logistique et le personnel, l’eau touche au cœur du processus industriel. La Martinique, et particulièrement le centre de l’île desservi par la régie Odyssi (CACEM), vit une crise de l’eau qui affecte industriels, hôteliers et autres acteurs du tourisme.
Pour les représentants du monde économique, « la situation est arrivée à un point de rupture. Chaque nouvelle taxe imposée aux entreprises est une entrave directe à la baisse des prix en rayon. »
Et Le monde économique d’appeler « solennellement à un moratoire ou à une révision de ces augmentations de charges. La lutte contre la vie chère ne peut réussir que si la fiscalité locale cesse de peser sur les coûts de revient des produits et services en Martinique. »
Les élus de la CTM oseront-ils voter contre les Martiniquais ? Une goutte d’eau qui fait déborder le vase ou le nœud qui finira par étrangler les entreprises et les consommateurs !
Michel Taube



















