
Patrick Pilcer Bonjour. Vous êtes conseil et expert sur les marchés financiers et tenez une chronique d’actualité dans Opinion Internationale. Merci de nous répondre sur les enjeux de l’approche des prochaines élections municipales à Paris et en France plus largement.
Vous avez raison, la « Bataille de Paris » est lancée et ce scrutin dans la capitale aura certainement des répercussions nationales.
Que voit-on depuis quelques semaines ? Le retour du traditionnel clivage gauche / droite, avec un duel serré entre la Ministre de la Culture, Maire du 7ème arrondissement, Mme Rachida Dati, et le député socialiste Emmanuel Grégoire. Les autres candidats ont beau essayer, ils ne sont considérés par les Parisiens que comme des candidats de témoignage.
Les électeurs ont bien compris aussi que les divisions sont des « pièges à c… », des machines à perdre, et que le premier tour sera déterminant.
A gauche, si Chikirou dépasse les 10%, elle pourra soit se maintenir soit proposer une fusion des listes. Emmanuel Grégoire rejette, pour le moment, toute idée de fusion avec des candidats islamogauchistes et Hamas compatibles, et le maintien de Chikirou pourrait faire perdre le candidat PS.
A droite, le RN n’est pas en mesure de nuire sur Paris mais Sarah Knafo et Pierre-Yves Bournazel essaient de grignoter des voix à Rachida Dati. La fusion avec l’un comme avec l’autre empêcherait de nombreux électeurs de voter pour Dati, et s’ils sont en mesure et décident de se maintenir, ils la feront perdre.
A droite comme à gauche, finalement, le résultat est le même : les électeurs devront voter utile dès le premier tour.
Plus nous allons nous rapprocher, plus l’affrontement sera le match Dati / Grégoire dès le premier tour. La question est simple : les Parisiens souhaitent-ils prolonger les expériences d’Anne Hidalgo, ou souhaitent-ils une autre gouvernance sur la propreté, la sécurité, le logement, la circulation, nos écoles, l’attractivité économique et culturelle, le financement des politiques de la Ville, son endettement.
A vous entendre, votre choix est clair.
Bien sûr, pour moi,le Paris gagnant, c’est Dati dès le premier tour.
Si nous voulons changer Paris, retrouver la ville que nous aimons tous, la ville capitale, la ville lumière, il faut éviter toute dispersion de voix et voter pour Dati. Tout autre choix, pour moi, serait remettre une pièce dans la machine à perdre.
D’autant que Rachida Dati comprend parfaitement les hésitations des uns et des autres, elle en tiendra compte dans sa façon de gouverner la ville. C’est une femme politique intelligente, dotée d’une remarquable intuition. Elle fera le job. Aucun des autres candidats ne le pourrait.
Sur la plupart des sujets, ils ont chacun des qualités indéniables, mais ils sont soit inaudibles, soit bien trop clivants. Nous n’avons besoin ni d’une incarnation molle ni d’un fouet, mais d’une gouvernance rationnelle, humaniste, et Radicalement Républicaine.
C’est ce que propose Rachida Dati.
Nous devons parler à tous les Parisiens, aux premiers de cordée comme aux travailleurs de la « première ligne », aux gens que nous applaudissions les soirs lors du confinement, aux gens qui habitent notre capitale, qui y naissent, y grandissent, y étudient, s’y marient, s’y installent, y vieillissent, entrent dans le « grand âge », y décèdent.
Le Programme de Rachida Dati parle à tous ceux qui font vivre Paris.
Vous publiez aux éditions Opinion Internationale le livre « Radicalement républicain – le mur n’est pas une fatalité », préfacé par Xavier Bertrand. Ce livre s’annonce comme un manifeste programmatique en vue de l’élection présidentielle de 2027. Paris et les collectivités locales tiennent elles une place centrale dans votre vision de l’avenir de notre pays ?
Bien sûr, je crois en une République des Territoires, et Paris est un magnifique territoire où doivent briller de nouveau les valeurs de la République. Mon livre est un texte éminemment radical car je propose de retrouver les racines de la République pour redonner à notre beau pays force, vigueur et avenir.
Radicalement républicain, parce qu’il assume une exigence : pas de liberté sans sécurité, pas de droits sans devoirs, pas d’aides sans responsabilité.
Radicalement républicain, parce qu’il refuse les compromissions molles, les idéologies paresseuses, les renoncements coupables. Je fais appel à la mémoire de Léon Bourgeois et du solidarisme : une République où chacun compte, parce que chacun contribue. Une République de l’effort et du mérite, où les classes moyennes retrouvent leur place, où les seniors sont valorisés, où les jeunes sont formés pour construire et non pour subir. Une République qui se réarme dans ses fonctions régaliennes, qui assume ses alliances – avec l’Europe, avec les États-Unis, avec Israël –, indépendamment de leurs dirigeants, et qui ose enfin dire ce qu’elle est : une nation héritière d’une civilisation humaniste et laïque, debout face aux obscurantismes.
Mon livre est aussi une boussole économique. Il propose de libérer le travail, de réindustrialiser sans illusions mais avec méthode, de bâtir une fiscalité de justice sociale (moins de charges sur le travail, plus de lutte contre la fraude et les rentes). Il affirme que le progrès – scientifique, technique, social – n’est pas une option mais la condition de notre survie nationale.
Ce que je décris dans mon livre à l’échelon national, c’est aussi ce que Rachida Dati souhaite implémenter à l’échelon local, pour Paris. Si elle gagne cette élection, alors nos idées pourront plus facilement diffuser partout en France, et un candidat Radicalement Républicain, j’espère Xavier Bertrand qui m’a fait l’honneur de préfacer mon livre, pourra gagner la prochaine présidentielle. Pour toutes ces raisons, pour moi c’est clair, pour Paris c’est Dati !
Propos recueillis par Michel Taube

















