Edito
08H38 - lundi 26 janvier 2026

Trump : l’illusion dangereuse. Tribune d’Eric Gozlan.

 

Eric Gozlan : le sionisme n’est pas le Netanyahisme

En géopolitique, la confiance n’est pas une opinion. C’est un capital stratégique. Et ce capital, Donald Trump l’a dilapidé.

Les derniers événements ne relèvent pas de l’erreur ou de l’improvisation ponctuelle. Ils confirment une constante : Trump confond puissance et brutalité, leadership et mise en scène, stratégie et coup de communication. Or le monde n’est plus un plateau de télévision. Il est au bord de la rupture.

Trump promet la paix mais sème l’instabilité. Il menace, frappe, recule, négocie, puis dément. Cette diplomatie erratique n’est pas dissuasive : elle est lisible pour les adversaires et anxiogène pour les alliés. Elle encourage les régimes autoritaires à tester les limites, convaincus que la ligne rouge n’existe plus, ou qu’elle changera demain.

Le problème n’est pas qu’il soit dur. Le problème est qu’il est incohérent. La force sans vision n’est pas une stratégie, c’est un risque. Et aujourd’hui, chaque décision prise sans cadre, sans alliés, sans anticipation, augmente la probabilité d’un engrenage incontrôlable.

Trump a transformé la diplomatie américaine en diplomatie transactionnelle brute. Les alliances ne sont plus des piliers, mais des marchandages. Les valeurs démocratiques deviennent négociables. La parole américaine, autrefois structurante, est désormais conditionnelle, réversible, personnelle.

Plus grave encore : Trump personnalise à l’extrême les décisions de sécurité internationale. Tout dépend de lui, de son humeur, de ses intérêts politiques internes, de sa communication du jour. Ce type de gouvernance est dangereux en temps de paix ; il est explosif en temps de guerre.

Faire confiance à Trump, c’est accepter que la stabilité mondiale repose sur l’imprévisibilité d’un homme. C’est croire qu’un dirigeant qui confond en permanence intérêt national et intérêt personnel saura protéger l’ordre international. C’est une illusion.

Le monde actuel n’a pas besoin de coups d’éclat. Il a besoin de boussoles, de lignes claires, de responsabilités assumées. Trump n’offre ni vision, ni constance, ni fiabilité.

En géopolitique, l’absence de stratégie est déjà une stratégie : celle du chaos. Et Trump en est devenu l’un des principaux accélérateurs.

 

Eric Gozlan

Co directeur I-Transform

www.i-transform.net