L'édito de Radouan Kourak
11H26 - mardi 30 janvier 2024

Discours de politique générale : l’aventure commence aujourd’hui pour Attal. L’édito de Radouan Kourak

 

Le discours de politique générale du premier ministre sera prononcé cet après-midi à l’Assemblée nationale. Il ne sera pas suivi d’un vote de confiance, tradition républicaine rompue par sa prédécesseure Élisabeth Borne, qui dans une dizaine de jours, retrouvera son siège de député du Calvados.

Voici donc une Assemblée nationale, dans laquelle le camp présidentiel n’a pas de majorité absolue et dans laquelle il n’existe pas de majorité alternative portée par les oppositions. C’est la limite du en même temps : trop à droite pour la NUPES, trop mondialiste pour le RN et simplement trop pour les Républicains qui font coexister en leur sein autant de sensibilités qu’il y a de députés… Une représentation nationale trop complexe qui conduirait Gabriel Attal au suicide assuré si vote il y avait. L’émotion et les motions de censure de la gauche feront également leurs retours à l’issue du discours. Les socialistes réfléchissent encore, mais insoumis, écologistes et communistes l’ont déjà annoncé : « La motion de censure est prête et sera déposée dans l’après-midi ».

Mieux valoriser le travail et des services publics forts seront les mots d’ordre du nouvel hôte de Matignon. Il n’y a pas de pays sans paysans et en pleine colère agricole, nul doute qu’il aura également des mots pour les agriculteurs. Il devra présenter sa feuille de route et annoncer la direction qu’il prendra avec son gouvernement.

 Souvenons-nous de l’annonce de la composition du gouvernement, une chienlit généralisée dans laquelle les poids lourds comme Gérald Darmanin ou Bruno Le Maire annoncèrent eux-mêmes leur reconduction dans le nouveau gouvernement. Un Alexis Kohler qui présenta le 11 janvier dernier une short list, un XV de France ultra resserré comme l’avait écrit Michel Taube, les noms des secrétaires d’État et ministres délégués qui devaient être connus dans les jours qui allaient suivre. Et puis, depuis, silence radio : une conférence de presse du président de la République, de la communication, des effets d’annonce… mais pas de secrétaires d’État. Il y a certes de grands ministères aux portefeuilles larges et étendus, mais vingt jours que l’industrie, la biodiversité, la mer, les anciens combattants… n’ont plus de divisions ministérielles propres.

En attendant Attal II et un gouvernement au complet, soyons républicains et saluons les quelques jours qui restent à Attal I .

 

Radouan Kourak

Rédacteur en chef d’Opinion Internationale