La chronique de Jean-Philippe de Garate
16H52 - samedi 10 septembre 2022

La Manche n’existe pas ! Chronique pour une nouvelle époque de Jean-Philippe de Garate

 

Henri VI

En ce jour de deuil, certains commentateurs rappellent des faits.

Et notamment deux données historiques, et non les moindres. D’une part, Charles de Gaulle initia, un certain 18 juin 1940, la France Libre du sol même de Londres, sol des Libertés après, d’autre part, qu’un projet de fusion entre les deux pays France-Angleterre n’ait pas abouti.

La fille du roi George VI, la princesse Elisabeth, ne ménageait pas sa peine, et cette remarquable mécanicienne automobile soulevait le capot des engins en souffrance et participa de bien d’autres manières, non seulement à la résistance de son pays, mais à la libération du nôtre.

Il est pourtant un événement dont personne ne parle, sauf dans le pays basque, parce que la Lorraine en est un peu loin, et que Bayonne fut la dernière ville à reconnaître Charles VII.

Comme chacun sait, une guerre dura cent ans (1337-1453) entre France et Angleterre et l’Aquitaine -qui ne cessera d’être anglomane, anglophile- fut longtemps un duché sous administration anglaise.

Durant cette guerre, un traité de Troyes (1420), honni par notre Histoire officielle, offrit la couronne de France au roi d’Angleterre.

Et c’est ainsi que Notre-Dame de Paris, avant d’accueillir le sacre impérial de 1804, fut le lieu d’un -seul- sacre royal, celui de Henri VI, roi de France et d’Angleterre, le 16 décembre 1431.

Henri VI (1421-71) eut un destin tragique, un peu à l’image des relations compliquées que la France n’aura cessé d’entretenir avec sa voisine, à qui elle proclamera sa flamme et son dépit.

– Je t’aime, ô Britanie !

– Moi non plus.

De Gaulle, le Prince de Londres, prince du peuple des ombres, entretiendra toujours avec Churchill des relations bourrues et acidulées.

Ainsi, tel matin, lorsque le grand Winston – qui se trouvera au balcon de Buckingham aux côtés d’une charmante princesse Elisabeth le jour de la victoire – avait pris son petit déjeuner et donc ses deux premiers verres de whisky.

C’était en outre un jour de « Chien noir », de dépression, et cela se sentait dans la manière disons approximative avec laquelle le Premier ministre s’était vêtu : une veste kaki ayant vécu, un pantalon de golf trop long, le reste du même tonneau.

De Gaulle est annoncé et, toujours aimable, s’interroge à voix haute :

– Ce n’est pourtant pas jour de carnaval ?

Et l’inimitable Winston Spencer de répliquer à cette grande perche toujours en tenue de général de brigade :

– Ce n’est pas non plus le jour du soldat inconnu.

C’est un peu le cas aujourd’hui, car l’homme qui repose sous l’Arc de Triomphe de Paris, par définition, est inconnu.

Il s’agit peut-être d’un Anglais et qui sait ? d’une infirmière anglaise aimant la mécanique automobile. Une sœur de combat.

De celles qu’on n’oublie pas.

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