La chronique de Jean-Philippe de Garate
12H11 - mercredi 16 mars 2022

25 avril 2022 : la jurisprudence Jean Lassalle

 

On a beau être à la mi-mars, eh bien non ! On se croirait déjà le 25 avril ! Le lundi 25 avril. La veille au soir, aurait été acquise — du moins, proclamée par les médias — la réélection du candidat sortant. Il n’y aurait pas eu de campagne et nos brillants juristes du Palais Royal, jamais en retard d’un aval, auraient bientôt décrété que tout s’était passé dans le meilleur des mondes et que pour reprendre les mots — à ne pas oublier ! — d’un proche du candidat sortant, le président avait réussi à faire campagne « dans les interstices de son agenda présidentiel ». Ah ! La République démocratique et sociale, l’État de droit, la patrie des droits de l’homme, la Rome des libertés… Ben voyons ! Quatre des douze candidats oubliés d’invitation pour débattre, et le prétexte d’un conflit que nous n’avons pas vu venir, ni anticiper… mais qui autoriserait à peu près tout.

Quand on a grandi sous le principat de Charles de Gaulle, on a eu droit à quelques saccades présidentielles, la principale — mais non la seule — étant le recours à tel article de la constitution pour faire adopter le principe de l’élection du président de la République au suffrage universel. Mais l’homme du 18 juin argumentait, expliquait… Et surtout, ce Prince de Londres, mais aussi de l’ombre, projetait de ses 1 mètre 92 l’ombre portée de tous ses combats, de tous résistants, ces héros qui avaient permis de rendre à la France un rang dans le concert des nations dirigeantes. Le jeune financier n’a pas écrit Vers l’armée de métier, mais un bref opuscule au titre passe-partout en France, « Révolution », dont on ressort comme on y est entré. Un ouvrage inutile.

Ces deux principats, Hollande-Macron, s’inscrivent dans une même logique. On ne l’a pas encore assez dit. Gérard Collomb, ce maire socialiste de Lyon qui accapare deux heures du candidat — par ailleurs indisponible — était le ministre de l’Intérieur de Hollande François, comme le candidat sortant celui de son économie. Cette matrice contient en germe des promesses de nouveaux malheurs.

Finalement, le seul qui ait compris l’abus de droit, c’est Lassalle. La décision de retrait est juridiquement logique. Il n’y a pas de campagne électorale. Il n’y a pas de débat de fond. Il n’y a pas d’échanges. Avec leurs mesures coercitives, leurs lois d’exception, Hollande et Macron — surnommé Hollande au carré : M = H² — ont asphyxié la République.

Nos « brillants juristes » du Palais Royal peuvent couvrir de leurs sourires bien nourris et sardoniques les plus grands dérèglements et les abus de droit les plus criants. En France, ce pays dont Curtius, ministre de Brüning, disait avec justesse qu’il n’était pas fils des Gaulois, mais de Jules César, le droit revient toujours, tel un balancier. Et César n’est pas celui qu’on croit.

 

Jean-Philippe de Garate

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