International
17H52 - mardi 12 octobre 2021

Élections présidentielles en Ouzbékistan : un vent de réformes démocratiques pour un scrutin historique

 


L’Ouzbékistan poursuit à grands pas son train de réformes démocratiques. Il vivra une nouvelle étape historique en 2021, dans son processus de démocratisation entamé depuis de nombreuses années, car le pays élira le 24 octobre prochain son nouveau président de la République. En effet, depuis le 23 juillet dernier, la Commission électorale centrale avait officiellement lancé la campagne qui vit désormais ses derniers jours et la dernière ligne droite. 

Pour Shavkat Mirziyoyev, l’actuel président, c’est l’occasion de présenter son bilan pour les cinq années passées à la tête d’un pays en pleine expansion, mais également d’espérer participer à la destinée de l’Ouzbékistan qui est appelé à prendre une place économique et politique de plus en plus importante dans la région d’Asie centrale. Une région qui avec l’évolution de l’Afghanistan doit tisser des liens de plus en plus importants avec ses partenaires occidentaux pour en assurer la stabilité et la sécurité. Mais il faut aussi pouvoir répondre de plus en plus aux critères internationaux et standards en matière politique pour construire des alliances durables. Cela passe par plus de transparence politique et démocratique. À cet effet, il a été annoncé l’été dernier, la mise en place d’un nouveau code électoral qui vise à accentuer le processus de réforme et d’ouverture politique qui avait été engagé depuis 2016. Une nouvelle législation abolissant la précédente, et qui a été préparée et adoptée avec l’ensemble des forces politiques du pays, des institutions et de la société civile, suite à un grand débat public national. 

Car, depuis la chute du bloc soviétique et l’indépendance de 1991, le pays ne s’est jamais autant ouvert et développé que depuis ces cinq dernières années, sous l’influence de Mirziyoyev. Élu en 2016, il remet en jeu son titre avec un bilan économique et politique reconnu par ses partenaires internationaux, mais aussi les organisations internationales. Économique donc, car le président, pour dynamiser l’économie nationale, s’est tout d’abord appuyé sur ce dont le pays disposait historiquement. Ainsi, il a mis en valeur avant tout ses ressources qui ne sont pas des moindres. Et grâce à un sous-sol riche en hydrocarbures, en minerais, en sources d’énergie et la forte présence historique d’industries, l’Ouzbékistan est devenu en trente ans un espace économique et financier de plus en plus compétitif sur la route des grandes puissances mondiales. Avec une croissance de près de 5,5 % cette année, le pays commence à recueillir les fruits d’une stratégie de développement totalement novatrice et inédite. Il fallait pousser à la diversification de l’économie, à l’ouverture à l’international et à la démocratisation. Bilan politique aussi : une société dynamique économiquement ne peut être totalement réalisée sans une ouverture sociale. Mirziyoyev s’est engagé sur le long chemin de la défense des minorités religieuses et de la liberté de culte et d’expression, la mise en place du multipartisme et le développement d’organisations non gouvernementales, la lutte contre le travail forcé, une politique active de lutte contre la corruption à tous les étages. 

L’adoption il y a cinq ans de la Stratégie d’action pour les cinq domaines prioritaires de développement de la République d’Ouzbékistan en 2017-2021 a déterminé la nouvelle nature de la transformation dans le pays. Et cela passait aussi par la réforme politique du code électoral dont disposait le pays. L’adoption du nouveau code électoral doit, pour le pouvoir, incarner, mais aussi refléter ce nouvel Ouzbékistan qui se présente désormais au monde. Les objectifs sont multiples : démocratiser, ouvrir, et renforcer le pluralisme électoral. À partir de cette année, les membres d’une des deux chambres du Parlement peuvent désormais être élus directement par les électeurs. Désormais, les Ouzbeks peuvent faire face à des propositions politiques émanant de plusieurs partis politiques, reflétant des opinions larges et diverses. Médias et observateurs de la campagne peuvent désormais rendre compte de la bonne tenue du scrutin en toute transparence. Afin de lutter contre l’abstention, l’assiette de votants a aussi été élargie et facilitée pour les ressortissants ouzbeks de l’étranger qui pourront voter de leur pays de résidence. Que ce soit les fonctionnaires, les militaires ou les juges, ils ne peuvent faire campagne afin de lutter contre le clientélisme au service de l’État et la corruption. 

Enfin, des commissions électorales de surveillance sont mises en place pour la bonne tenue du scrutin qui aura lieu le 24 octobre prochain et verra Mirziyoyev confronté à son peuple qui décidera s’il lui accorde la possibilité et le temps de pouvoir poursuivre cette métamorphose unique que vit l’Ouzbékistan depuis cinq ans. La culture démocratique prend du temps et c’est avant tout une éducation au débat et à la citoyenneté. Pour cela, le pays a mis en place enfin une série de chantiers de formation et de professionnalisation du personnel qui organisera le scrutin même. Mais aussi à destination des médias et du large public qui votera.

Henri Fourcadis
Journaliste indépendant

Senghor, l’homme complet

Benjamin Boutin, le président de Francophonie sans frontières (FSF), livre son admiration pour le poète-président et annonce l'Année Senghor qui marquera les vingt ans de sa disparition.