La chronique de Jean-Philippe de Garate
07H38 - mardi 30 mars 2021

Le temps des assassins. Chronique de la nouvelle époque de Jean-Philippe de Garate

 

Nous sommes si fatigués de la Covid que le reste semble désormais secondaire. Mais derrière le nuage invisible de l’ennemie se murent nombre d’ombres inquiétantes.

2022 aproche et le verdict va tomber :  le drame de Macron aura été de repérer les choses, les phénomènes, les manifestations tel un sonar voyant tout « en même temps » mais sans jamais s’arrêter aux causes profondes. C’est d’ailleurs un travers commun à ces surfeurs de la Hollandie, de Ségolène à son « capitaine de pédalo ». Ce dernier voit les « sans-dents » – dont il recherche maintenant les sourires- mais, encalminé dans ses histoires de scooter pour adolescent prolongé, n’a pas pensé quand il était temps à rembourser les soins dentaires. Ce qui renvoie à la médecine scolaire… l’alimentation des jeunes pauvres, et donc le rôle que tenait le Service National, l’estime de soi, la forme physique et psychique de nos compatriotes, et donc la place de la France, forte d’une armée populaire, d’une Marine planétaire, et non « ventre mou de l’Europe », comme le disent nos doux post-staliniens de Pékin, etc.  Le résultat est simple : deux quinquennats inutiles (2012-2022). Pire, la France a reculé.

Ce personnel politique est insuffisant, tout le monde le sait, tout le monde le sent.  Mais ce n’est pas mieux en face. Avec pour résultat de tout cela : les oppositions se muent en haine. L’Histoire est là pour nous rappeler qu’un gouvernement inutile mène à la haine du Prince. Relire Machiavel ! Et se rappeler Louis-Philippe… Il passe pour le « roi bourgeois », ce qui est un raccourci bête d’une période (1830-48) charnière de notre Histoire. Pour diverses raisons – dont l’épidémie de choléra de 1832 (qui devrait inciter à réfléchir ceux qui survivent à une pandémie heureusement moins mortifère, presque deux siècles plus tard (2021) – Louis-Philippe concentra sur lui une multitude d’oppositions, et de haines. Cette chronique n’est pas une leçon d’histoire. Mais un ami évoquant récemment le procès des gilets jaunes ayant tagué l’Arc de Triomphe, je me suis permis de lui demander qui avait inauguré le monument, tout début août 1836. La réponse est assez parlante : c’est Adolphe Thiers, alors président du Conseil (Premier ministre) et pas Louis-Philippe. Pourquoi ? Parce qu’un nième attentat avait quelques semaines auparavant (25 juin) traumatisé l’entourage royal, qui avait interdit au monarque de sortir. On était moins d’un an après le massacre de Fieschi (28 juillet 1835, 18 morts, une quarantaine de blessés à l’angle de l’actuelle place de la République et du boulevard du Temple, avec pour arme l’ancêtre des orgues de Staline). Et pour illustrer le climat de l’époque, une dernière petite question. À quelle heure a eu lieu l’inauguration d’un des principaux monuments de Paris ? Midi ? 16 heures ? Eh bien non ! Thiers, qui commençait à connaître ses doux contemporains, se fit présenter les armes à sept heures du matin. C’est connu : les assassins dorment bien.

De cette « anecdote », il faut retenir le détail effroyable. Alibaud, le régicide malchanceux, avait attendu le roi comme un gibier qu’on traque, jour après jour. Plaçant calmement sa canne fusil sur la portière dont la glace avait été abaissée, il avait tiré à bout portant sur le roi, dont la houpe -complément capillaire- se trouva blanchie de poudre. Il suffit de se reporter à « attentats contre Louis-Philippe » sur Wikipédia pour constater le fait. Le drame de nos gouvernants, disai-je, est qu’ils constatent en experts plus ou moins convaincants des faits, mais n’en tirent que des conséquences immédiates, pratiques certes, mais radicalement insuffisantes. Couper les orties sans arracher les racines n’est pas très utile. Les conditions de sécurité de nos gouvernants ont changé, pas la détermination des tueurs. Il existe dans ce pays une tension qui monte en puissance, des haines qui s’expriment presque au grand jour. Pour ceux qui, comme le rédacteur de cette chronique, ont baigné dans les « années d’amour » (Peace and Love) après 68, la nouvelle époque est marquée par ce retour de la mort. On avait fini par ne plus la nommer – Marcel est parti, Marie nous a quittés – mais l’infâme chose brille dans les yeux de certains, pas tous islamistes. Les Français, je le dis avec humilité, vont devoir réapprendre à se redresser et se découvrir défenseurs des valeurs qui fondent ce pays. C’est simple : ça ne peut plus durer comme ça. C’est trop dangereux.

 

Jean-Philippe de Garate

 

 

 

 

 

 

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