Marraines & Parrains d'Opinion Internationale
11H45 - lundi 21 décembre 2020

Claude Solarz ou vivre de coups de cœur en coups de poker

 

S’il a réussi sa vie, et il l’a réussie, cela ne veut pas dire qu’il n’a jamais perdu. « Ça fait partie du jeu. Si tu ne veux pas perdre, pas la peine de jouer. » Or lui adore jouer. Avec l’amour, l’argent. Attention, pas avec les cœurs : Claude Solarz est un tendre. Il fonctionne à l’affect. Il s’emballe en quelques instants pour les gens et leurs projets, et cela lui suffit pour s’engager complètement. Quitte à se tromper parfois. Voire à être trompé. « Le tout, c’est de ne pas se tromper trop souvent. Être cocu, c’est stimulant ! » lance-t-il, en souriant.

Au départ, il voulait devenir comédien. Pas au prix de crever la faim. Il a donc renoncé pour, fort de son bac -2, rejoindre son grand frère qui lui-même avait rejoint leur père, brocanteur à Saint-Ouen. La brocante, c’est offrir une deuxième vie aux objets. Du « recyclage » déjà. Ils sont passés ensuite à celui du papier. Se limitant au début à la récupération. Puis ils ont évolué. Et, peu à peu, grandi, grandi…

On ne compte pas les entreprises que Claude Solarz depuis a créées, dirigées, soutenues, financées. Ces comptes-là, ce n’est pas son genre. Claude Solarz donne. Il ne prête pas. Comme avec la Paprec et Jean-Luc Petithuguenini, son fondateur. L’un a apporté l’idée, l’autre les fonds : ils partaient à égalité. Les quarante employés avec qui ils ont commencé se sont multipliés. Ils sont dix mille aujourd’hui.

Plus récemment – parce que ça l’a fait vibrer ! –, Claude Solarz s’est impliqué dans les Bistrots Pas Parisiens. Une histoire de rencontre encore. Il a aimé le concept, aimé celui qui le portait, Hakim Gaouaoui, lui aussi un battant, un passionné, « qui en voulait ». Aucune raison d’hésiter. Les Bistrots Pas Parisiens, ce sont déjà maintenant, pour l’instant, neuf établissements dans les Hauts-de-Seine, tous différents – c’est un groupe, pas une chaîne. En commun, ils ont leur belle âme, au piano un chef étoilé, une cuisine et des prix « bistrots », dans une ambiance conviviale. Depuis le début de la crise de la Covid-19, ils se déclinent sur le thème de la solidarité. Ils se sont fixé l’objectif de préparer des repas pour les « pompiers, policiers et personnel hospitalier » de leur département. Ils en sont à cinq cents par jour. Ils savent tenir leurs promesses.

À l’instar de Claude Solarz qui prétend, à soixante-quinze ans, « ne plus être opérationnel ». Pourtant, il ne cesse d’investir, de s’investir, même dans des aventures qu’il ne verra pas aboutir. Une manière d’exister au-delà de son existence. De laisser une trace. Le but du jeu ?

Ainsi, comme les matériaux qui ont fait sa fortune, Claude Solarz se transforme. Il s’invente et se réinvente. Et lorsqu’il a dû se résoudre à arrêter le polo, un autre de ses dadas – c’est le cas de le dire –, il a reconverti son terrain en vignoble avec l’aide de Xavier Vignon, « un très grand assembleur de vins et un type formidable », qu’évidemment il adore. Au dos des bouteilles qu’ils produisent, sur l’étiquette, on peut lire, en clin d’œil à Louis Pasteur* : « Ce vin ne peut pas être vendu, il doit être bu avec des amis ».

Amis ! Le mot est lâché. Claude Solarz ne roule jamais seul. Il n’y trouverait aucun goût. En affaire, il s’associe. Et dans la vie privée aussi. En effet, sa femme et lui habitent, depuis de longues années, avec un autre couple, « une seule cuisine, une seule télé… » Leurs enfants ont grandi ensemble. Il les a tous élevés. Tous sont ses héritiers. Sans distinctions. Il a ainsi, à sa manière, réaliser le rêve qu’il nourrissait dans sa jeunesse de s’installer dans un kibboutz.

Claude Solarz ne serait pas lui, et n’aurait sans doute pas parcouru ce chemin, sans la confiance absolue, le crédit qu’il accorde a priori à ceux qu’il croise. Lui dont toute la famille, mis à part son père et sa mère, a péri à Auschwitz. C’est peut-être parce que sa vie il la doit aussi à ces gens qui ont osé risquer la leur pour cacher ses parents, qu’il est l’enfant de cette chance. Et que la chance, comme l’espoir, ne vaut que si on la partage.

 

Catherine Fuhg

 

 

 

 

 

 

 

* Louis Pasteur avait fait inscrire à l’intérieur des étiquettes des bouteilles de son vignoble : « Ce vin ne peut pas être vendu mais il doit être bu seulement avec des scientifiques »

 

 

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