La chronique de Jean-Philippe de Garate
07H03 - jeudi 22 octobre 2020

L’œuf de l’autruche. Chronique pour la nouvelle époque de Jean-Philippe de Garate

 

Conflans Sainte-Honorine se trouve de l’autre côté de la Seine, sur une belle colline herbagée qui se détache des forêts royales. Deux protestants de haute tenue, Maurice Couve de Murville et Michel Rocard, s’y affrontèrent avec fair-play, lors d’élections législatives partielles en 1969… il y a … mon Dieu ! … deux trois siècles, semble-t-il ! Car dans la capitale de la batellerie, au bord du fleuve où régnait jusqu’alors -j’en témoigne-  la joie simple des guinguettes, avec lampions, fricassées d’éperlans et vin blanc tenu au frais dans le fil de l’eau, le tout accompagné de musiques enrichies de tant de rires, de plaisanteries, un homme a été égorgé, sa tête a été découpée de son corps à l’arme blanche… et je refuse qu’on appelle cela une décapitation ! Non ! le docteur Guillotin (1738-1814) a inventé une machine pour rendre rapide et sans souffrances interminables une exécution légale. Le « tranchoir » de l’assassin musulman relève des méthodes du lent supplice oriental. Des méthodes qui nous sont étrangères. Cela prend un certain temps pour détacher la tête, la colonne vertébrale s’y oppose. Ce que je détaille déplaît, choque ? Cela n’a plus la moindre importance. C’est le fait. Et mon hommage à ce confrère enseignant demeure celui-ci : cet assassinat orchestré – je dis bien orchestré- est un fait d’Histoire.

Alors, on arrête tout. On suspend tout. Non, pas de décorations pour la victime ! Cérémonies expiatrices… de notre aveuglement ? Une seule mesure pour l’heure : c’est son collège-lycée définitivement, et peut-être pendant un an, tous les établissements scolaires de France qui seront nommés Samuel Paty. Un professeur de notre Histoire. Cela déplaît encore à certains ? La porte est ouverte, direction sortie. Elèves et parents d’élèves : zou ! Pas seulement de l’école ! sortie du pays ! pas droit de douane, rassurez-vous ! Emmenez femmes et faux cousins, cartes sociales diverses – merci Charles Prats (voir sur internet) et schnouf !

La France n’est pas née d’eux – mais du baptême de Clovis (498 après J.C.) – elle ne mourra pas par eux. CQFD : ces gens se constituent en étrangers ? Trente ans d’expérience nous confortent : ceux qui restent seront désormais tolérés.

On arrête tout et on observe.

Le moins qu’on puisse en dire est que la période est bizarre : sur les plateaux de télévision et les ondes, voire sur papier journal, la bêtise de nos bobos les plus crasses le dispute aux sophismes les plus alambiqués de deux trois importants du moment. Avec, entre les deux, nombre de nos contemporains fatigués, désorientés, tentés par l’évasion : partir, oui ! fuir plutôt ! mais se lever de son canapé dernier cri avec télécommande s’avère le plus souvent hors de portée, et nos compatriotes se retrouvent aspirés par le réflexe ancestral : en revenir à la terre, y retrouver une senteur que leur interdit un quotidien aussi putride que le masque anti-Covid…

Car les Français n’y échappent plus, au quotidien ! Puisqu’il n’y a plus de transcendance ! et le jour durant, ils faseillent telle une voile mal réglée –telle celle du gouvernement- se déportant de bâbord à tribord, oscillent de Carybde en Scylla, de l’isolement – plus de sport collectif, plus de danse, plus de poignées de mains, plus de baisers, plus de vie à la française –, et ils plongent… La tête baissée, ils ont recours aux tranquillisants, las de se transporter de l’e-travail à ces cent chaînes de télévision plus émollientes les unes que les autres. Le geste de l’autruche apeurée, et la France de Macron avec eux. ! La tête dans la terre !  Tandis que l’horizon, lui, brille du plus vif écarlate, un horizon que nos « penseurs », pas les moins nombreux désormais, discernent enfin se mirer en rouge sang. Ont-ils tort ? Non. Pour nous en convaincre, voici des sujets, apparemment bien éloignés… en réalité, trois thèmes convergents pour le prix d’une seule chronique. Approchez, patient lecteur !

L’œuf du serpent

A Montpellier nous dit-on, a été accueilli un Français mué en djihadiste le temps de combats perdus au Proche-Orient et rentré on ne sait bien comment, ni pourquoi. Adieu Terre d’Islam, bonjour « terre de guerre » (la France, pays des croisés). Oui, la France est considérée comme « terre de guerre » tant qu’elle ne sera pas islamisée… Prenons un peu de champ… avec quelques épisodes permettant de « replacer les choses en perspective ».

D’abord, la toile de fond. Couleur rouge ? Non ! noire !  Pour se faire comprendre, prenons encore du champ. Travelling arrière. « L’œuf du serpent » se déroule il y a presque un siècle, dans l’Allemagne des années vingt. Film mis en scène en 1977 par Ingmar Bergman, qui se justifierait par cette simple réplique :

– Allez en enfer !

– Où pensez-vous que nous sommes ?

Dans le film de Bergman, où la précarité le dispute au chômage, la désespérance à « l’illisibilité » du monde, se profile le coup de force manqué de Ludendorff, assisté d’un certain Hitler… un putsch qui fit pschitt à l’automne 1923 mais permit – on oublie toujours combien la prison demeure un lieu de sanctification- la rédaction de la « bible » du nazisme, « Mein Kampf », par un détenu dont Weimar (si proche quand on y réfléchit de de la République hollando-macronienne)  fit ainsi un martyre, pour ne pas dire plus. Qui a pris la peine de le lire – car l’ouvrage est pour le moins chahuté, ne brille ni par sa logique cartésienne (et pour cause, tant la tournure s’en révèle gothique) ni par sa hauteur de vue,  ne peut y discerner que la profondeur de sa haine de la France. Qui a pris la peine de le lire jusqu’à la dernière page (oui, c’est une vraie épreuve), découvre de bien surprenants cousinages.

Exemple parmi d’autres  : Le grand mufti de Jérusalem sera chaudement reçu par Hitler quelques années plus tard à Berlin. Et Mussolini, le modèle du Bavarois, tout le monde l’a oublié, encourageait – j’ai bien écrit « encourageait » – les musulmans d’Abyssinie et d’Ethiopie pour affaiblir l’assise du roi des rois, l’empereur chrétien d’Ethiopie, Haïlé Sélassié.

Aujourd’hui, un événement mineur – le retour en France d’un djihadiste de « nationalité française » – rappelle, encore et encore, cette aberration hexagonale. Toute l’Europe démocratique – de l’Angleterre, où règne la protectrice de l’Eglise anglicane à l’Italie où l’état-civil « de base » demeure celui de l’Eglise – admet, voire revendique ses racines judéo-chrétiennes. Ce n’est pas seulement un choix, cela s’appelle l’Histoire ! et les gens qui réfléchissent un peu à la notion de laïcité, savent que la laïcité s’est développée comme « le protestantisme du protestantisme », pour faire court. Donc, la laïcité est issue du christianisme.

Pour rendre les choses tangibles, physiques, matérielles, regardons un tribunal français. Il ressemble comme un frère à un temple protestant ou une église, topographiquement parlant, avec cette chaire, cette répartition de la scène, des boxes… Et sa procédure, le temps accordé à l’homélie accusatrice puis la plaidoirie, cet appel au pardon, enfin le retour à l’union, à la communion. Le tout adossé à un droit – égalité et protection des femmes, libertés publiques et surtout, anonymat individuel, « rendre à César ce qui est à César », etc. – provenant en droite ligne de l’enseignement du Christ et de la Bible… ça déplaît ? C’est comme ça que cela s’est passé. Et c’est tout.

Deuxième sujet : l’Asie mineure, celle de Saint Paul. Pour les athées, relisons l’historien Alain Decaux, pas vraiment le réac fasciste mais ministre de Mitterrand et auteur du « Saint Paul » qui fait autorité… Mais allons encore plus loin ! Toute sa vie, Winston S. Churchill (1874-1965), le premier des Résistants, nomma la Cité « Constantinople ». Il n’utilisa jamais l’autre nom. Quel que soit l’appellation officielle, Istanbul – depuis 1930, pas même un siècle ! – infligée à Byzance, la Cité que la mer de Marmara unit, s’avère une Trinité : au Nord-Ouest, le quartier de Galata, à l’Ouest la Corne d’or, à l’est le pays de Saint Paul.

Byzance : Eusèbe de Césarée est excessivement précis. Fondée en 658 avant Jésus-Christ, « la troisième année de la trentième Olympiade », la ville a donc vingt-sept siècles. Istanbul trente ans.

Nous avons le temps. Et Houellebecq se trompe sur la réalité de la soumission du peuple français – et européen. Jamais, jamais, jamais, nous ne nous soumettrons. Nous avons le temps. Un jour, bien plus tard, cette ville et l’Asie mineure redeviendront ce qu’elles sont, des territoires unissant Europe, Russie et Jérusalem. L’Europe judéo-chrétienne passe par elle. Et Constantinople demeure cette clef d’ogive : Jérusalem, Constantinople, Rome, Moscou.

Les Turcs, les musulmans, de la Mauritanie aux Ouïghours, n’ont pas vocation à demeurer en Europe. La latérale verte, ce turban qui naquit à Oulan-Bator autant qu’à Médine, fera long feu. Quiconque a pris la peine de lire les sourates sait que la laïcité n’existe pas, que l’égalité femmes/hommes n’existe pas, qu’un chrétien ou un juif exécuté donne des points pour le paradis des je-ne-sais combien de vierges…Il faut lire le Coran ! Le relire ! c’est un livre définitivement étranger. Surtout, ne me parlez pas des Capitulations de François 1er, qui voulait échapper à l’enfermement de Madrid et à l’empereur  Charles Quint :  Machiavel est le maître de politique, pas des évangiles.

A l’Ouest de Constantinople, demeure cette Corne d’Or porteuse d’un écrin, la basilique Sainte Sophie, au cœur de laquelle l’empereur Héraclius fit hisser en septembre 638 la Croix du Christ. Une église consacrée le demeure à jamais. Là encore, nous avons le temps. Atatürk, un homme intelligent, savait cela et préféra la formule neutralisante du musée. Mais pour autant, la France a, je le dis avec une réelle tristesse, failli. Les armées du général britannique Allenby furent six ans à Constantinople (1918-24). Mais les troupes italiennes, grecques et françaises furent défaites dans ces territoires que la SDN leur avait concédés. Pourquoi ne reçurent-elles pas de renforts ? La première armée du monde en 1919, l’armée française, défaite par les hordes d’Atatürk en 1923. Never forget !  J’aime Byzance et maudis la poussière qui s’est abattue sur elle depuis le mardi 29 mai 1453, parce que l’Europe n’a pas su quelle était la priorité. Et aujourd’hui ?

Le plan de reconstitution de l’Empire ottoman ne date pas d’Erdogan… Taksim ! Chypre, vous connaissez ? En 1971, j’étais à Aydin, sud-est de l’Asie mineure. Un « étudiant en architecture » nous entreprit en citant ce plan : Taksim ! Nous, Turcs, nous reprendrons Chypre, martelait-il … En 1974, sans que l’Europe bouge, le Nord de l’île était subverti. Et un candidat des Turcs vient d’y être investi…en 2020.

En oubliant ici Syrie, Kurdistan, Libye, Midnight Express et mille autres affidés sur nos boulevards de Conflans et ailleurs… A la vérité, Erdogan nous rend un grand service. Il dit et fait tout haut ce que ses prédécesseurs faisaient tout bas.

Le 11 (mai 330) est un nombre doté de qualités : ce jour-là, Constantinople fut créé par un Empereur romain, le premier souverain alliant le trône et l’autel. Si je ne t’oublie, Jérusalem… Non ! je ne t’oublie pas… et je passerai par Constantinople. Comme l’écrivait le grand Winston : avec l’aide de nos amis européens, une vraie Europe -sans bureaucrates obtus- et cessant de bouder les Russes, avec nous, nous revisiterons Constantinople.

Troisième sujet, en vérité le premier.

La France est entravée dans son élan vital par mille cordelettes qui l’empêche de se mouvoir. Et jouer l’autruche ne sert de rien.

Pas de prescription pour les crimes de lèse-démocratie du cabinet noir ! Je renvoie à la chronique – du même et immodeste auteur – intitulée « La vérité, un nouveau mot pour certains » (Opinion Internationale)

La commission d’enquête parlementaire, animée par un député de la Nation, a relevé le parjure de plusieurs magistrats, dont numéro 3. Mais on oublie toujours numéro 1.  Hollande place de la République avec Valls pour défendre la France contre l’assassin tchéchène ? Ces gens, qui recrutèrent Taubira Christiane -notre immense patriote ! – sont clairement à l’origine de la soumission de ce pays. La déchéance de nationalité, vous vous rappelez ?

Il faut bannir les ennemis de la France.

La place de la République a été désertée pour une cause simple. C’est parce que la République se résume désormais en des apparences, des acteurs.

Il faut juste la refonder…

Alors, donnons quelques pistes dans cette voie.

La France, je suis désolé pour nos lecteurs conformes, ne se réduit pas au juridisme, à nos braves robins. Qu’un magistrat révoqué par Taubira et autres puisse tenir ce langage ne surprendra personne et vous permettra, aimable lecteur, de placer cette lecture « à distance ».  Vous ne serez pas contaminé…

La première piste est celle-ci : la Loi supplante la loi. Charles de Gaulle, pas vraiment le premier venu, le savait. Condamné à mort très légalement le 2 août 1940 par le tribunal militaire de Clermont-Ferrand, le plus grand homme d’Etat français, celui qui incarna la France, imagina la dissolution du Conseil d’Etat – mais dissout-on finalement ce qui existe si peu ? – et proposa d’autres réformes, telle celle du Sénat endormi. Surtout, comme il « n’est de réalité que celle des hommes », le Prince de Londres recevait tous les jours … le prince de l’ombre…son compagnon de la Libération. Je dis bien : tous les soirs. La tombe de Jacques Foccart à Luzarches peut depuis des lustres s’avérer bien désertée, et les rares fleurs s’y faner. Exceptées celles que d’humbles Français y déposent, sachant ce qui lui revient. Car de cet homme – venant du secteur privé- bien davantage que des figures du régime, le président apprenait la réalité des choses. C’est ça, la différence ! Nos acteurs actuels, pathétiques, nous ennuient à mourir de leurs quotidiennes et vaines blablateries. Ils ne font que surfer, jour après jour. Ils ne servent à rien. Une confidence : je ne regarde plus la télévision depuis des lustres mais je sais l’essentiel : nada.

Non, on ne se bat pas contre les sectes mondiales, contre l’Empire ottoman, contre les forces qui veulent détruire la France, avec Dupont et Moretti, avec des mots. De Gaulle et son visiteur du soir le savaient. Combien de morts faudra-t-il pour que nos autruches relèvent la tête ?

 

Jean-Philippe de Garate

 

 

 

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